Surfons sur l’énergie marine

La filière des énergies marines comprend le développement des technologies et la maîtrise et l’exploitation des flux d’énergies naturelles fournies par les mers et les océans. Parmi ceux-ci il y a : la houle, l’énergie des vagues, l’énergie des courants, l’énergie des marées ou  encore l’énergie thermique des mers (ETM)…Zoom sur (peut-être) l’avenir de la production d’électricité !

L’énergie marémotrice

Les marées sont issues de l’effet conjugué des forces gravitationnelles de la Lune et du Soleil. Elles créent un mouvement de l’eau qui peut être capté sous deux formes : énergie dite « potentielle » en utilisant les variations du niveau de la mer ou énergie cinétique en utilisant les courants de marée qui vont actionner des turbines sous-marines.

Energie marémotrice Parmi les sites équipés de centrales de production marémotrices, on peut citer en France l’usine de la Rance installée en baie du Mont Saint-Michel.

La technologie développée dans l’usine marémotrice de La Rance (Ille-et-Vilaine) repose sur l’exploitation industrielle de l’énergie des marées ; elle produit chaque année, depuis près de 40 ans, l’équivalent de la consommation en électricité de la ville de Rennes.

Cependant, les installations d’exploitation de l’énergie potentielle nécessitent des aménagements importants coûteux et qui perturbent les équilibres écologiques des sites d’implantation. Les recherches se concentrent donc vers l’énergie marémotrice cinétique et les turbines marémotrices qui se développent depuis 2002, date de la première installation dans les Shetland, au Royaume-Uni.

Les hydroliennes

L’énergie hydrolienne fonctionne grâce à une turbine sous-marine actionnée par l’énergie des courants marins (énergie cinétique). En faisant tourner les turbines, la force des courants produit de l’électricité grâce à un alternateur.

Le principe en est très simple, et sa faisabilité a été largement prouvée. Cependant, cette technologie inquiète beaucoup les pêcheurs, car les turbines auraient tendance à créer des zones de turbulences qui empêcheraient le dépôt naturel des sédiments et le développement de la flore.

En réalité seuls les gros chalutiers se verraient interdire l’approche des hydroliennes, les petits bateaux de pêche disposant de ligne et de casier pourront accéder à ces zones.

> Encyclo ecolo : les hydroliennes

L’énergie thermique des mers (E.T.M.)

L’énergie thermique des mers exploite la différence de température entre les eaux superficielles des océans, chauffées par les rayons du soleil, et les eaux profondes, beaucoup plus froides. L’idée n’est pas récente, puisque le premier prototype d’usine productrice d’énergie maréthermique remonte à 1930. Aujourd’hui, ce sont surtout les Etats-Unis et le Japon qui développent des programmes de recherche dans ce domaine.

Energie thermique des mers à la RéunionDans leur conception actuelle, les techniques ne sont exploitables qu’en zones intertropicales, car la différence de température entre le fond et la surface n’est pas suffisante ailleurs. La différence thermique entre les différents niveaux des océans représente une source d’énergie renouvelable stable et surtout disponible en permanence.

Mais on remet actuellement en question son faible rendement, notamment à cause de la grande quantité d’énergie qu’il faut utiliser pour pomper les eaux froides et chaudes et les amener jusqu’à l’installation.

Cependant, le projet d’installation d’un démonstrateur d’énergie thermique des mers à la Réunion avance à grands pas. La mise à l’eau est prévue en 2013 au large de la Pointe-des-Galets pour une mise en service en 2014, si tous les risques sont levés.

L’éolien off-shore

L’énergie fournie par les éoliennes off shore constitue la plus grosse part de l’énergie tirée des océans. Extrêmement prometteuse, l’exploitation de la ressource éolienne en mer convient particulièrement dans les pays à forte densité de population ayant des difficultés à trouver des sites appropriés sur terre.

Bien que les coûts de construction soit plus élevés en mer que sur terre, l’éolien offshore permet d’obtenir une production plus régulière et plus importante.

En Loire-Atlantique, au Carnet (près de Nantes), il y a la première éolienne marine expérimentale d’Alstom, l’Haliade. Cette éolienne, la plus puissante sur le marché (6 MW)/ Le gouvernement français a lancé un 1er appel d’offres lancé début juillet 2011 pour installer quelque 600 éoliennes sur 5 sites  afin de produire 3 000 mégawatts d’électricité d’ici 2018, puis 3 000 autres d’ici 2020  (Soit 6000 mégawatts au total d’ici 2020). Ces 5 sites sont propices à l’éolien off-shore et situés dans la Manche et l’Atlantique. Le choix des sites a tenu compte du vent et de sa vitesse,  des courants et de la profondeur des fonds marins, des activités de la mer (pêche, navigation de plaisance…) et des possibilités d’intégration au réseau électrique

Selon l’association européenne (EWEA), on comptera  en 2020, 40 000 mégawatts (MW) éoliens installés au large des côtes européennes.

L’énergie houlomotrice

es Ecossais ont été les premiers à commander à Ocean Power Delivery (OPD), un dispositif « houlomoteur », le Pelamis

centrale hydrolienneLe Pelamis 750, un prototype grandeur nature, est de mensurations impressionnantes :  il pèse 750 tonnes pour 20 mètres de long. Chacun de ses tronçons aussi long qu’un paquebot, soit 24 mètres de long x 3 mètres et demi de diamètre.

Au centre, les cylindres contenant les 3 modules de conversion d’énergie. Ce sont ces appareils, à l’intérieur des caissons étanches, qui convertissent la force de la houle courant électrique. Le rendement énergétique du Pelamis est en permanence compris entre 70 % et 80 %.  > Des bouées génératrices d’électricité

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