La Provence, un modèle pour la gestion de l’eau et l’irrigation

La Provence, un modèle pour la gestion de l'eau et l'irrigation

On a plus l’habitude d’associer la Provence au beau temps et à la sécheresse, aux olives et à la lavande plutôt qu’à des techniques d’irrigation. Pourtant, le modèle provençal de gestion des réseaux d’irrigation se distingue par son efficacité. Et par la préservation de la ressource en eau du territoire.

Les réseaux d’irrigation provençaux

Le modèle provençal de gestion des réseaux d’irrigation est un modèle collectif qui repose sur deux structures complémentaires, ASP (Associations syndicales de propriétaires) et SCP (Société du Canal de Provence).

En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, au moins autant qu’ailleurs, la gestion de l’eau va devoir s’adapter au changement climatique. La politique de préservation des ressources en eau devient de plus en plus cruciale mais n’est pas un sujet nouveau pour les Provençaux. En effet le modèle provençal d’’irrigation agricole est une histoire très ancienne : les canaux héritiers des mouliniers irriguent depuis près de 700 ans de vastes territoires.

L’irrigation par les Associations Syndicales de Propriétaires (ASP)

Source Aigo 2012

L’irrigation a toujours été organisée de manière collective. Des propriétaires se regroupaient dans un intérêt commun pour amener et distribuer l’eau sur des périmètres de diverses tailles. Cette organisation se perpétue aujourd’hui, de manière efficace, via des Associations Syndicales de Propriétaires (ASP). Au nombre de 600, elles alimentent environ 180 000 hectares.

La Société du Canal de Provence (SCP)

Cette gestion collective a été renforcée dans la deuxième moitié du XXème siècle par la création de la Société du Canal de Provence (SCP) qui dessert environ 80 000 hectares.

  • Le réseau d’irrigation du canal de Provence comprend 70 km de canal principal, 140 km de galeries souterraines, 600 km de canalisations principales et 4400 km de canalisations.

Cette gestion collective reste adaptée aux enjeux de demain pour trois raisons :

  1. Elle assure un partage équitable de l’eau entre les usagers agricoles et non agricoles. En effet, en cas de sécheresse ou de diminution de la ressource en eau, les règles de fonctionnement des ASP et de la SCP permettent et légitiment ce partage. Si demain, des économies structurelles ou organisationnelles devaient s’opérer, les ASP et la SCP sauraient les réaliser ensemble.
  2. L’existence de ces ouvrages et structures collectifs a évité et évite la multiplication des prélèvements individuels encore aujourd’hui, ce qui permet, à une échelle plus large (bassin versant et nappe), une gestion globale de l’eau.
  3. Ces structures de gestion ont une utilité publique : les pouvoirs juridiques (servitudes) et financiers donnés par leur statut garantissent le bon entretien des ouvrages et le recouvrement des recettes d’investissement et de fonctionnement.

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