Les poissons de Méditerranée toujours plus petits

Les poissons de Méditerranée toujours plus petits

Le nombre d’individus n’est pas le seul critère à prendre en compte pour une population de poissons. La taille compte, et la diminution de ce paramètre inquiète pêcheurs comme scientifiques en Méditerranée.

85 % d’espèces surexploitées : la Méditerranée mauvais élève de la pêche

Les derniers rapports scientifiques des experts de l’Union Européenne ne sont pas spécifiquement rassurants : plusieurs espèces se raréfient. Sur 34 poissons particulièrement surveillés par la Commission générale des pêches en Méditerranée (CGPM), 85,3 % sont surexploités.

La plupart sont des espèce démersales, c’est-à-dire que leur habitat est situé entre le fond et la pleine eau : le rouget barbet, ou le merlu par exemple. C’est le cas aussi de plusieurs petits pélagiques.

Le cas des poissons pélagiques est particulier : leur taille et leur poids diminue considérablement, et notamment pour l’anchois et la sardine.

sardines-peche-poissons-petits-pelagiques-01Une grande dépendance vis à vis de l’environnement

Les biologistes marins ont essayé de déterminer les causes de ce problème et soupçonnent un “déséquilibre écologique“. Les petits poissons pélagiques ont une vie courte, et dépendent des phénomènes cycliques, de plus en plus perturbés par la pêche. La présence plus importante de prédateurs, comme le thon rouge, n’est pas forcément étrangère à la situation.

L’environnement a aussi un rôle essentiel sur la production de plancton, moins disponible, ce qui aurait amené une adaptation des petits pélagiques. Différentes études ont montré que le réchauffement diminue la taille des poissons : l’un des facteurs cruciaux qui joue sur la taille des poissons est leur plus ou moins grand leurs besoin énergétique. C’est simple, si l’ecosystème ne peut plus satisfaire ces besoins, les poissons ne grandissent plus. 

Perte de poids

Les variations de taille qu’on enregistre dans le monde depuis un siècle sont considérables. En termes de poids corporel maximal, les impacts sont majeurs : dans l’ensemble, le poids maximal moyen des poissons devrait diminuer de 14 % à 24 % entre 2001 et 2050. C’est comme si un homme de 77 kg perdait l’équivalent de 10 à 18kg !

Sur le plan mondial, c’est l’océan Indien qui serait le plus touché (24 %), suivi de l’Atlantique (20 %) et du Pacifique (14 %). Pour la méditerranée, depuis 2009, les poissons sont plus petits et plus maigre. Or la taille marchande est de 9 cm pour l’anchois et de 11 cm pour la sardine, des tailles difficiles à atteindre à l’heure actuelle.

anchois-peche-poissons-petits-pelagiques-01

La taille de 600 espèces de poissons baisse à cause du réchauffement

En quelques années, la masse de sardines (mais pas le nombre) a ainsi été divisée par six en quelques années dans le Golfe du Lion. Moins de sardine au poids a amené les pêcheurs à se reporter sur le merlu, déjà en mauvaise passe.

Trouver des solutions de toute urgence

La Commissaire européenne à la pêche a ainsi fait réunir les ministres concernés des pays de l’Union afin de trouver une manière d’inverser la courbe. Jusque là seuls des sorties de flotte et des arrêts temporaires de pêche étaient programmés de temps en temps.

sardines-peche-poissons-petits-pelagiques-02

Il s’agirait maintenant de planifier des périodes de repos et de mettre en place des quotas, tout en tenant compte de la taille minimale, une situation mal vécue par les professionnels de la pêche, souvent de petits artisans en Méditerranée. D’autres souhaitent créer des aires marines protégées.

Une autre piste consisterait également à orienter les consommateurs vers des espèces moins prisées car mois connues à l’heure actuelle, comme la saupe, les maquereaux espagnols, les chinchards, les bogues, la bonite, ou les oblades.

*

Je réagis

Lisez également sur la pêche et les poissons :