L’Outre-mer : laboratoire de la transition énergétique 

L'Outre-mer : laboratoire de la transition énergétique 

Le 30 août 2014, Ségolène Royal se rendait en Martinique dans l’idée d’intégrer l’île au projet de territoire à énergie positive pour valoriser les outre-mer insulaires. Systèmes énergétiques isolés, ces territoires d’Outre-mer ont vocation à devenir des lieux d’expérimentation des solutions énergétiques les plus innovantes.

Les solutions d’énergies pour l’avenir en Outre-mer

Invitée à une conférence régionale par le Président de la région Martinique, la ministre de l’Écologie a fait part des enjeux de la transition énergétique et de l’état d’avancement du Schéma Régional Climat Air Énergie (SRCAE) engagé en 2010. Elle en a également profité pour signer une convention d’engagement « Martinique Île Durable ».

Cette visite fut aussi l’occasion pour la ministre de se faire présenter  deux projets consacrés aux énergies renouvelables :

  • le premier concerne une plate-forme flottante de production d’électricité utilisant l’Énergie Thermique des Mers (ETM).
  • Le second a trait à un projet de Biomasse (Albioma) consacré à la production d’électricité et de chaleur à partir de bagasse, un résidu de canne à sucre et la principale source d’énergie renouvelable de l’île.

Nemo,centrale flottante chauffe la Martinique avec de l'eau froide

Nemo,centrale flottante chauffe la Martinique avec de l’eau froide

En 2012, les énergies renouvelables représentaient 6 % de l’énergie produite en Martinique, dont 5 % de photovoltaïque.

Le territoire dispose d‘un seul parc éolien dans le parc de Morne Carrière au Vauclin ainsi que de la centrale thermique de Bellefontaine lancée par EDF, via sa filiale EDF Production Electrique Insulaire (EDF PEI), pour remplacer une centrale vieillissante. Si la politique d’efficacité énergétique a permis de stabiliser la croissance de la consommation d’électricité de l’île, elle n’en est encore qu’au début de sa transition énergétique. Son approvisionnement, et celui de tous les outre-mer français, constituent pourtant un véritable enjeu.

Les territoires d’outre-mer : le défi énergétique de « petits systèmes isolés »

En l’absence de réacteurs nucléaires, les territoires ultramarins sont en effet dépendants des énergies fossiles et sont contraints d’importer la totalité du pétrole, du gaz et du charbon consommés. Ceci induit évidemment des coûts de production bien plus élevés que sur le continent, mais aussi des dommages environnementaux significatifs, ces territoires étant davantage exposés aux aléas et mêmes catastrophes provoqués par le réchauffement climatique.

Énergie éolienne offshore  outre-mer

Et la situation n’est pas vouée à s’améliorer si rien n’est fait pour changer les modes de production. La demande en énergie augmente constamment en raison d’une démographie particulièrement dynamique, d’une amélioration des conditions de vie et du développement du tourisme dans certains de ces territoires.

Les départements et régions français d’outre-mer (la Corse, l’archipel de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, l’île de La Réunion, ou encore l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon) sont donc contraints par la nécessité de se tourner vers des énergies non carbonées, et plus particulièrement vers les énergies renouvelables puisque le nucléaire ne fait pas partie de l’équation.

Car pour espérer alimenter durablement ces millions d’habitants, il n’y a pas vraiment d’autres solutions.