Le garage où c’est toi qui répares ta voiture

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Les difficultés économiques frappent toutes les facettes de la consommation et notamment le budget voiture, l’un des plus importants des ménages français. D’où l’intérêt de ces garages d’un nouveau genre : solidaires, coopératifs, low cost… Dans certains, pour payer moins cher, il suffit de mettre la main à la pâte. Et si vous répariez votre voiture vous-même ?

Le garage moderne de Bordeaux

garage-moderne-collaboratif« Ici, c’est un petit village gaulois qui résiste à la mode du neuf et des quartiers bobos », lance Bruno, le visage souriant et le bleu de travail entrouvert.

Les bras chargés de matériel, il sort d’un hangar « vieux de 120 ans, seul souvenir qu’on a pu sauver de ce bassin ouvrier ». Il est vrai que dans ce quartier du nord de Bordeaux où les buildings rutilants poussent comme des mauvaises herbes, cette « cathédrale industrielle » faite de pierres et de briques supportées par une charpente en bois d’origine fait tâche. Son activité débordante également.

En ce lundi, au milieu d’un bric-à-brac de pièces détachées, d’outils, de bus aménagés en bureaux et de véhicules de toutes sortes s’affairent une vingtaine de personnes.

Elles sont salariées, adhérentes ou bénévoles du Garage moderne, un garage associatif qui permet au membres de mettre les mains dans le cambouis.

« Les gens peuvent laisser leur voiture comme dans un garage classique, mais on les encourage à rester pour la réparer avec nos mécanos », explique Dominique, la chef d’atelier. En étant acteur de la remise en état ou de l’entretien de leur véhicule, les 4 000 membres s’en tirent pour un tarif deux à trois fois inférieur à ceux des garages traditionnels.

Réparer soi même pour gagner en autonomie

 garage-moderne-deco

La mécanique  est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls mécaniciens. Tel pourrait être le slogan de l’association le Garage moderne à Bordeaux.

marseille collectif « 70% des gens qui viennent ici n’auraient pas les moyens de réparer leur voiture ailleurs », assure Bruno, un des bénévoles, qui loue l’utilité sociale de l’association dans une France en « pleine paupérisation ». Mais les adhérents ne viennent pas faire leur vidange ou changer un joint de culasse dans le hangar que pour des raisons économiques.En plus d’économiser de l’argent, ils développent leur savoir-faire.

Philippe, la quarantaine, s’est pointé au hangar il y a quelques semaines pour changer son liquide de freins. Aujourd’hui, c’est la troisième fois qu’il enfile le costume de mécano pour travailler sur son utilitaire qu’il veut entretenir « sans dépenser des centaines d’euros. Je l’aurais bien fait chez moi mais je n’ai ni la place, ni la connaissance, ni les outils », explique-t-il. Grâce à l’aide des techniciens chargés de le guider dans ces réparations, il compte gagner en autonomie : « je ne suis pas plus con qu’un autre. Je me suis dit que je peux devenir un peu moins nul niveau dépannage », argue-t-il.

garage-moderne-de-Bordeaux

Désacraliser le bricolage

L’accompagnement des membres par des professionnels permet de désacraliser le bricolage et de le rendre plus accessible. « En venant ici, les femmes se rendent compte qu’elles aussi sont capables et ensuite, c’est elle qui vont expliquer à leur famille comment changer une roue », s’amuse Dominique. Certains bénévoles en recherche d’emploi viennent même chercher ici de l’expérience à faire valoir auprès de leurs futurs employeurs.

Mais le but du garage n’est pas que tout le monde devienne professionnel.

« Quand les personnes participent à la réparation, elles apprennent, elles voient que le mécano ne fait pas n’importe quoi et ne lui invente pas des pannes qui n’existent pas », précise Kelly. Cette jeune femme qui a appris la mécanique au Garage moderne en est désormais salariée et elle compte bien « partager sa passion avec les adhérents ».

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6 commentaires Donnez votre avis
  1. Je souhaite connaître également les réseaux de distribution d’huiles usagées (huile de friture filtrée) comme carburant. En précisant que je ne cautionne pas du tout l’agriculture pour biocarburant.

  2. Ce qui serait bien aussi c’est de recenser tous les garages du même type en France sur une cartographie par ex.
    Merci consoGlobe !

    • Ouai, je suis du même avis que Rahlf, ça serai vraiment intéressant de savoir si y’en a près de chez nous !

  3. Superbes idées et bravo pour l’évolution.
    On est quatre à esasayer de monter ce type de structure mais on bute sur quelques difficultés.
    Peut-on avoir des renseignements et des « aides » de votre part pour débuter ?
    Merci et bravo

  4. SUPER, GéANT,GéNIAL maisou trouve t’on cegenre de garage je sui a 40km de MONTPELLIER..a ST PRIVAT 34700…

  5. Ferrero a besoin de redorer son blason, car son chocolat et autres ingrédients à base de sur-exploitations(ou d’esclavages…) des populations indigènes commence à faire frémir, n’est-ce pas ?
    Ce système de garage associatif existe déjà dans les milieux alternatifs depuis 1 bail. Comme pour le vélo, les initiatives de Vélorution ont permis l’essor du Véli’b, grosse industrie. L’association, par contre, continue à ramer (ou plutôt à pédaler…) pour perdurer la réelle économie sociale et solidaire. Si vous souhaitez savoir de quelle stratégie économique je parle, je vous invite à lire terraeco.net/Pourquoi-la-fondation-Gates,52399.html#forum38083, ainsi que mon commentaire qui s’y trouve.

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