Une dizaine de milliers de calamars géants s’échouent sur une plage du Chili

Une dizaine de milliers de calamars géants (Dosidicus giga) se sont échoués au cours de la semaine dernière sur une plage de l’île Santa Maria, au sud du Chili.

Une dizaine de milliers de calamars géants s'échouent sur une plage du Chili

Chaque année, les courants chauds du Pacifique causent la mort de dizaines de mollusques qui viennent s’échouer sur les plages chiliennes. Mais cette fois-ci les autorités avouent que la quantité de calamars morts dépasse très largement le niveau habituel, surtout sur une période aussi courte. Pour l’instant les experts n’ont pas pu identifier la cause de ce décès de masse, mais certaines hypothèses circulent déjà.

Hécatombe de calamars : l’hypothèse d’une remontée d’eau

Selon Rodrigo Valencia directeur régional du Service national de pêche et d’agriculture : « la première piste est une remontée d’eau, couplée à une baisse du niveau d’oxygène en surface, qui a entraîné la mort de cette espèce ».

Une remontée d’eau se produit lorsque de forts vents marins poussent l’eau en surface et laissent un vide où remontent des eaux de profondeurs. Ces eaux sont généralement froides, peu oxygénées, et remontent à la surface une très grande quantité de nutriments.

Ce changement soudain de leur environnement pourrait donc être à l’origine de ce drame marin. Avec la multiplication des ouragans au cours de ces dix dernières années, Rodrigo Valencia estime qu’il est probable qu’un phénomène de ce type, plus violent que d’habitude, puisse être à l’origine de cette remontée d’eau.

Les calamars, victimes collatérales d’El Niño

Beaucoup d’experts estiment que cet événement pourrait avoir un lien avec le phénomène climatique El Niño. Courant côtier chaud qui apparaît généralement autour du mois de décembre, El Niño entraîne des épisodes climatiques beaucoup plus violents en 2016 que les années précédentes.

En réchauffant anormalement les eaux de surface de l’océan Pacifique, il est à l’origine de sécheresses en Asie et en Afrique, mais aussi des pluies torrentielles et des inondations en Amérique du Sud.

Extrêmement inquiétés par ces manifestations, les climatologues chiliens estiment que cette échouage massif pourrait être l’une des conséquences de ce trop grand réchauffement. Si ce n’est pas en réchauffant les eaux qu’il aurait tués les mollusques, El Niño pourrait être à l’origine d’un ouragan qui viendrait valider la première hypothèse.

En décembre dernier, 337 baleines avaient été découvertes mortes dans la baie d’un fjord du sud du Chili, à quelques centaines de kilomètres de l’Isla Santa Maria. Les scientifiques à l’origine de cette macabre découverte estimaient déjà qu’El Niño pouvait être à l’origine du désastre. Une enquête pour National Geographic est d’ailleurs en cours pour expliquer la multiplication de ce genre d’échouages depuis quelques mois au Chili.

Un risque sanitaire

En attendant de connaître plus en détail des raisons de cet inquiétant phénomène, les autorités locales doivent prévenir l’île du risque de maladies induites par la décomposition des corps. Face à la quantité de cadavres et à l’inquiétude des familles qui vivent à proximité, des bateaux ont été affrétés depuis la côte pour tenter d’empêcher l’île de sombrer dans un état d’urgence sanitaire.