Kyoto, Bali. USA : 2 / la Terre : 0. Le sabotage
12/2007
Comme le notait, le grand quotidien londonien The Guardian , pourtant peu suspect d'anti-américanisme, après la clôture de la conférence de Bali sur le climat : « En 1997 et en 2007, les Américains ont gagné sur toute la ligne : ils ont saboté le traité avant d'être acclamé pour l'avoir sauvé. » Retour en arrière.
En Chine et en Inde des usines bien polluantes se sont montées afin que leurs propriétaires récupèrent des subventions pour leur mise aux normes anti-pollution sur la bourse mondiale des « droits d'émission de C02 ». Cette politique factice a eu un effet pervers majeur : il a ralenti l'émergence d'un vrai marché des technologies non polluantes.
Grâce à Al Gore, futur chantre du respect de la planète, non seulement les pays industrialisés n'ont pas réduit leurs émissions de gas à effet de serre mais ils se sont décridibilisés aux yeux des pays pauvres auxquels ils demandent des efforts.

> Les Américains ont réussi 2 fois la même pirouette, faire semblant de tout bloquer pour s'entendre sur le plus petit accord possible : contrairement à l'accord de Kyoto, celui de Bali ne comporte aucune date et aucun objectif chiffré. Al Gore, présenté comme un sauveur puisqu'il a entre-temps reçu le prix Nobel (et oui !!), a contribué une série de directives appelées « mécanisme de développement propre ». Saluons les Américains, capables de masquer l'immobilisme derrière l'écran de fumée de fausses mesures qui n'engagent personne, et surtout pas eux.

On peut se demander pourquoi nos amis Américains pourtant si souvent avides de faire le Bien se / nous tirent une balle dans le pied malgré l'évidence ?
Une explication plausible vient de la nature même de la Démocratie américaine et de son inertie. Aujourd'hui, le pouvoir politique aux Etats – Unis provient largement du Sénat et de la Chambre des Représentants dont les élus doivent le financement de leur campagne à l'argent de grandes entreprises. Celles-là même qui n'ont aucune envie de contraintes économiques dues au climat. Ainsi, ce serait l'énorme rôle de l'argent dans les campagnes électorales américaines qui serait une cause de la position anti-climat des USA. Comme les campagnes présidentielles américaines voient leur budget augmenter à chaque fois, il a peu de chance que le départ du décrié W. Bush change les choses. Tant que les démocrates comme les républicains sont aussi dépendants de l'argent des grandes entreprises pour leur élection, il y a de fortes chances que le choix du portefeuille l'emporte sur celui du bon sens climatique.

- Un autre facteur qui joue sans doute est la nature conservatrice des grands médias américains qui ont caricaturé les politiques écologistes et minimisé la réalité du réchauffement climatique et de sa responsabilité humaine. De nombreux lobbies, dont celui d'Exxon, dont nous avons déjà parlé sur consoGlobe, distribuent des millions de dollars pour amoindrir l'importance du réchauffement pour l'avenir de la planète.
Au total, seule l'Europe pendant les années 90 a accompli quelques progrès. Il n'empêche que depuis 15 ans, les preuves de la cause humaine du réchauffement se sont accumulées et le phénomène s'est accéléré. Il y a de fortes probabilités pour que cette attitude irresponsable ne soit pas jugée par nous mais par nos enfants… un peu tard.
Repères
- Le point de vue chinois : les Chinois pensent que les Européens jouent double jeu dans leur politique anti-réchauffement. Ils expliquent qu'en fait les Européens cherchent à promouvoir des industries dans lequelles leurs intérêts sont particulièrement développés. A eux tous, les pays européens détiennent 40% des parts de marché des équipements anti-pollution.
- L'Allemagne : bons élèves, les Allemands ont réussi à créer une véritable industrie des énergies renouvelables et à créer des centaines de milliers d'emploi.
- En 2003, l'Allemagne était le 6ème pollueur mondial avec 865,3 millions de tonnes de C02 émises.
- En 2005, l'Allemagne a exporté pour 6 milliards € d'équipements éoliens et en détient la moitié du marché mondial.
- En 2006, 7,7% de la consommation totale d'énergie du pays étaient fournis par des énergies renouvelables.
- La France : les Français sont également de bons élèves grâce à leur utilisation massive de l'énergie nucléaire pour 80% de ses besoins en électricité.
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Climat Le réchauffement ça va être chaud pour …. nos finances. En effet, après le fameux rapport du britannique Stern qui met en évidence l’impact colossal que va avoir le réchauffement climatique, une étude de l’ONU conclut que 1 petit degré celsius de plus au thermomètre nous coûterons 2.000 milliards de dollars. Aïe !
