Tom Cridland, créateur de mode durable : ‘le Brexit doit être l’occasion de réformer le droit de l’environnement’

Édito – Le créateur de mode Tom Cridland fabrique et commercialise des vêtements de luxe, abordables et garantis 30 ans. Il a livré à consoGlobe.com ses craintes et espoirs concernant le Brexit qui se prépare.

Rédigé par Stephen Boucher, le 7 Feb 2017, à 14 h 00 min

Le créateur de mode Tom Cridland vend des vêtements de luxe durables, à des prix abordables, et garantis 30 ans, à l’instar de son « 30 Year Sweatshirt ». Luttant ainsi contre l’obsolescence programmée, et s’attirant les faveurs de la presse, ce sweatshirt ne doit pas montrer de signe d’usure ni de déchirure d’ici 2045.

Droit dans la lignée de la philosophie de consoGlobe.com – consommer mieux, vivre mieux – Tom Cridland a souhaité s’exprimer dans nos pages pour partager son analyse selon laquelle le Brexit, maintenant qu’il est décidé, doit être vu comme l’opportunité d’aller plus loin en matière environnementale que ce qu’exige le droit européen. Voeux pieux relevant de la méthode Coué, ou effet positif inattendu de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ? De quel poids le Royaume-Uni de nouveau seul pourra-t-il peser sur les normes environnementales au niveau national et international ? L’Histoire en jugera.

Tom Cridland, Brexit, édito

Le Brexit vu par Tom Cridland

Je gère une marque de mode durable, Tom Cridland, qui est connue pour garantir des vêtements 30 ans, dans le but d’encourager les consommateurs à acheter moins et mieux. En ce début d’année 2017, je suis de plus en plus préoccupé par les effets potentiels sur mon secteur d’un Brexit « dur », mais je me réjouis de l’opportunité pour le Royaume-Uni de concevoir un meilleur système d’échange de droits d’émission [pour réduire les émissions de gaz à effet de serre] et de protection de l’environnement.

Nos vêtements Tom Cridland sont fabriqués dans les régions rurales du Portugal, où ma mère est née, et en Italie, d’où viennent mon associé et la mère de ma compagne. Le référendum a déjà eu un impact significatif sur notre production artisanale en Europe.

Un Brexit « dur » entraînerait immédiatement une dévaluation supplémentaire de la livre et une baisse de la confiance des consommateurs nationaux. Bien que cela pourrait être compensé par les étrangers profitant de la dévaluation et se précipitant vers les marques britanniques, il est probable que cela forcera des entreprises comme la mienne à augmenter leurs prix ​​pour compenser la chute de la livre. Cela porterait gravement atteinte au principe fondateur de la marque Tom Cridland. Nous sommes fiers d’être en mesure de faire des vêtements au même standard, voire même meilleur que n’importe quelle maison de mode de luxe, puis de le proposer directement au consommateur, via tomcridland.com, à un prix proche des magasins conventionnels.

Tom Cridland, Brexit, édito

Le ’30 Year Sweatshirt’ © Tom Cridland

À terme, les accords commerciaux pourraient nuire à l’industrie de la mode. Les échanges entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne seraient probablement soumis à des droits de douane sur les importations et les exportations, dans le respect des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, de 12 %  pour les produits textiles.

Bien sûr, beaucoup de gens ont, à juste titre, souligné que Brexit devrait signaler une renaissance de l’industrie britannique, qui a décliné au cours des dernières décennies. Cela dit, fabriquer nos produits en Europe fait partie de l’ADN de notre marque et contribue à la rendre unique. C’est un problème récurrent auquel de nombreuses entreprises britanniques vont faire face. Chez Tom Cridland, nous sommes fiers de concevoir des vêtements au Royaume-Uni et de les fabriquer en Europe. Nous devons donc nous préparer aux difficultés auxquelles nous aurons vraisemblablement à faire face, si nous souhaitons continuer à travailler avec les équipes de production basées dans l’UE.

La Grande-Bretagne a la responsabilité internationale de conduire la transition mondiale vers une économie à faible émission de carbone.

 

C’est toutefois une certaine couverture médiatique récente sur l’impact potentiel du Brexit sur le droit environnemental britannique qui m’a conduit à être beaucoup plus positif sur les énormes opportunités que la sortie de l’UE pourrait représenter pour notre pays.

Beaucoup de députés craignent qu’une loi environnementale soit nécessaire pour empêcher que le Brexit ait des effets négatifs sur l’environnement : en effet, une grande partie de la législation britannique, concernant par exemple la protection des espèces ou le contrôle de la pollution, est enracinée dans les directives européennes. Plutôt que de tenter d’incorporer simplement la législation environnementale européenne existante à notre cadre juridique, le gouvernement britannique doit plutôt utiliser cette opportunité comme une occasion inédite de protéger l’environnement et d’encourager le développement durable en Grande-Bretagne.

Tom Cridland, Brexit, édito

Suite à l’élection de Donald Trump en 2016, beaucoup ont observé avec consternation que le président élu a parlé de revenir sur les engagements des États-Unis dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. En plus d’exprimer son intention pour les États-Unis de se retirer de l’Accord de Paris, il a rejeté le changement climatique comme un canular et a nommé des gens dans son administration à des postes de responsabilité qui partagent le même état d’esprit.

Avec tout ce qui pourrait, par conséquent, saper les progrès réalisés à Paris, la Grande-Bretagne, en tant que nation traditionnellement grande et avant-gardiste, a la responsabilité internationale de conduire la transition mondiale vers une économie à faible émission de carbone, et le Brexit est l’occasion idéale pour enraciner cette priorité dans le droit britannique.

Illustration bannière : Brexit – © rvlsoft Shutterstock
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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

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