Après le naufrage du Sanchi, une marée noire menace le Japon

Des boulettes d’hydrocarbures s’échouent sur les côtes japonaises, depuis quelques semaines. Viennent-elles du Sanchi qui a coulé en mer de Chine ? Si c’est le cas, il pourrait s’agir de la plus grave marée noire dans le monde depuis 1991.

Rédigé par MEWJ79, le 10 Feb 2018, à 10 h 20 min

Des traces d’hydrocarbures, ont été retrouvées sous forme de petites boulettes sur les côtes japonaises et semblent provenir du Sanchi. Ce pétrolier iranien s’est échoué en mer de Chine après une collision avec un autre navire.

Le Sanchi fait des boulettes au Japon

Depuis début février, des boulettes d’hydrocarbures viennent envahir les plages du sud du Japon. Cette pollution proviendrait du pétrolier iranien Sanchi qui, le 6 janvier, a percuté un navire de fret chinois au large de Shanghaï, dans l’une des plus grandes zone de pêche chinoise.

Le tanker qui contenait 136.000 tonnes d’hydrocarbures, a dérivé pendant huit jours vers le Japon, avant de sombrer à environ 300 km à l’ouest d’Amami Oshima, dans l’archipel des Ryukyu, dont la principale île est Okinawa Honto.

Malgré la présence de ces traces d’hydrocarbures, l’origine de la pollution n’est pas certifiée. Le gouvernement nippon a tout de même mis en place, le 2 février (près d’un mois plus tard), une équipe chargée du suivi de la situation. « Nous n’avons aucune confirmation officielle disant que le pétrole vient du navire coulé », ont fait savoir les gardes-côtes du département de Kagoshima, dont dépendent les îles.

Une marée noire qui pourrait être la pire depuis 1991

Si le gouvernement prend des gants, les signalements se multiplient quant à la présence de ces boulettes. Les touristes ont commencé à avoir des doutes sur ce qu’ils voyaient flotter. Ainsi, le 3 février, une Française installée au Japon, décrivait sur Twitter : « Aujourd’hui on visite les îles d’Hirado et d’Ikitsuki tout à l’Ouest de Kyushu. Je ne veux pas m’avancer parce que je ne suis pas spécialiste mais on a vu des plaques noires partout et je crains que le naufrage du Sanchi nous apporte un début de marée noire… »

Le risque de marée noire est réel au vu de la quantité d’hydrocarbures transportés par le tanker iranien. Il pourrait s’agir de la plus grave marée noire dans le monde depuis 1991, qui a même mis la surface de la mer en feu et a atteint la taille de Paris en quelques jours ! Pour rappel, le Sanchi transportait près de 2.000 tonnes de fuel et 136.000 tonnes de condensat, un produit issu des gaz contenus dans les puits de pétrole, qui se liquéfient au moment de l’extraction. Il s’agit même du « plus gros rejet de condensats dans la nature de toute l’histoire du pétrole », selon Richard Steiner, spécialiste des marées noires.

Un riche écosystème menacé

Le 22 janvier, l’administration chinoise des océans estimait à 332 km² la surface de la nappe de condensat échappé du navire. Le navire gît par 115 mètres de fond et Pékin s’interrogeait, le 1er février, sur l’opportunité de le renflouer. Une opération risquée, l’épave renfermant toujours, d’après le ministère chinois des transports, du fuel et du condensat. Très peu d’informations sont disponibles et cela fait craindre le pire.

En effet, cette zone du monde accueille de nombreuses espèces d’animaux. Ce riche écosystème de la mer de Chine orientale, déjà très polluée, est connu pour ses baleines, ses tortues de mer et ses oiseaux marins. Ainsi, selon Paul Johnston du laboratoire de recherche de Greenpeace de l’université d’Exeter (Royaume-Uni) « Les cétacés et les oiseaux sont fortement menacés. Les poissons pourraient aussi être contaminés ». Le scientifique appelle les autorités japonaises à renforcer la surveillance des eaux et à accélérer les opérations de nettoyage.

Illustration bannière : Le Sanchi en feu à la dérive – Capture d’écran
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis