Plastiques, pétrole : les océans agonisent sous les déchets

De nombreuses sources de pollution contaminent les océans : des plus visibles comme les plastiques aux plus insidieuses : nitrates, hydrocarbures, déchets nucléaires… Les océans sont assaillis par la pollution !

Rédigé par Jean-Marie, le 11 Sep 2018, à 17 h 15 min

On a longtemps cru que les océans pouvaient absorber indéfiniment les rejets humains dans leurs profondeurs. Or la masse et la diversité de pollutions rejetées dans les océans est telle qu’il faut se rendre à l’évidence : on est en train de transformer les océans en une véritable poubelle. Plastiques, déchets toxiques, hydrocarbures : tout y passe.

Les océans meurent de la pollution humaine

Il existe différents types de pollutions déversées dans les océans : celles qui proviennent de l’activité des navires en tant que telle, et celle qui provient de la Terre. On estime que les 2/3 de la pollution marine est terrestre : elle est généralement charriée par les fleuves et proviennent des décharges, des eaux non traitées, des effluents d’usine…

La pollution marine : une goutte d’eau ?

Finalement, les 150.000 tonnes d’hydrocarbures déversées chaque année dans les océans ne représente « que » 2,5 % de la pollution des océans.

Dégazage sauvage ou marée noire ? © Korelidou Mila

On peut ajouter à cela les eaux de ballast souillées déversées tous les ans par les navires de marchandises. En effet, les 400.000 tankers qui sillonnent les océans portent avec eux des eaux qui permettent de lester le navire. De nombreux bateaux procèdent à des dégazages et des déballastages sauvages, ce qui signifie qu’ils nettoient leurs cuves et leurs cargaisons liquides en pleine mer de façon totalement illégale, afin d’éviter des coûts de nettoyage au port.

Ces déballastages rejettent des quantités de résidus d’hydrocarbures ou de matières toxiques dans les océans, qui sont souvent plus importants que les marées noires mais que l’on a beaucoup de mal à réguler ou à sanctionner. Une étude du WWF datant de 2000 estime que pour la seule mer Méditerranée, ce sont 1,5 millions de tonnes de produits pétroliers par an déversées dans la mer, soit l’équivalent de 75 Erika.

À cela s’ajoute la centaine de navires qui, chaque année, font naufrage et sombrent au fond de la mer et dont on ne parle jamais. Leurs cargaisons finissent elles aussi, par s’échapper et polluer l’eau marine.

La pollution des océans par les hydrocarbures vient également du ciel puisque ce sont 200.000 tonnes d’hydrocarbures dispersés dans les airs qui retombent dans l’océan avec la pluie.

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Références :
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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Afin de limiter la présence des déchets plastiques dans la nature et dans les océans, j’ai crée plastiques.eu dans le but de faire prendre conscience qu’il est possible d’agir en participant à un ramassage de bon sens: ramasser les bouteilles plastiques près des poubelles publiques permettrait de limiter la durée de leur présence et de luter contre l’impact de cette présence dans la nature. Je vous invite à visiter mon site pour en savoir plus et pour y passer votre propre témoignage.

  2. Je séjourne temporairement dans un pays  » touristique  » qui, si on sort des usines à touristes, est un dépotoir à ciel ouvert.
    Ce sont bien les habitants eux même qui jettent tout à leur porte, et sont tellement habitués , que ne leur vient pas à l’esprit de nettoyer.
    Avec un peu de chance, le prochain cyclone enverra un max à l’océan.
    Pour moins polluer le lagon, mort déjà à 80%, les « usines à touristes  » chargent leurs eaux usées dans des bateaux-citernes qui vont tout déverser en vrac au large.
    Il y a encore du boulot

  3. Jean-Marie

    Des chercheurs de l’institut océanographique de San Diego américains, ont annoncé avoir trouvé du plastique dans près d’un poisson sur 10 provenant du Pacifique Nord, (2 juillet 11,in Los Angeles Times ).less poissons de moyenne profondeur mangent environ 24.000 tonnes de plastique par an. La plupart du temps il s’agit de morceaux de la taille de confetti, accumulés grâce aux courants marins.

    Ce résultat est le fruit d’une expédition marine menée en 2009 par des étudiants qui souhaitaient étudier le vortex plastique du Pacifique nord,à environ 1.500 kilomètres de la côte californienne Ils ont étudié 141 poissons, la plupart des poissons lanternes de petite taille et les ont ramenés au laboratoire pour les disséquer.

    Il y avait des déchets plastiques dans 9,2% des poissons, la plupart fragmentés en petits morceaux de couleur de la taille inférieure à un ongle. Ils estiment que la proportion de poissons ayant ingurgité du plastique est bien plus élevé.

    Les poissons lanternes servent de nourriture pour de nombreux poissons plus gros. Le plastique ingéré par ces petits poissons pourrait donc remonter la chaine alimentaire jusqu’aux humains.

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