RSE : ces multinationales qui veulent sauver le monde

Rédigé par Jean-Marie, le 11 Oct 2014, à 11 h 19 min

Il n’y a pas que les consommateurs qui se mettent à la consommation responsable. Les entreprises suivent le mouvement et parfois, le devancent. Même s’il reste bien des choses à redire, dans certaines entreprises de nouvelles valeurs viennent se substituer à la simple culture du profit. Cette nouvelle culture qui est en train d’inventer un horizon post-capitaliste mobilise des entreprises tout comme des initiatives d’innovation sociale mobilisent les citoyens. Après notre découverte de l’inclusive business, voici la nouvelle mouture de la RSE telle que la voient les grands groupes.

La valeur partagée, au-delà de la RSE

Les trois groupes d’entreprises sur l’échelle de l’éthique

Chez consoGlobe, par simplification, on classe les entreprises en trois groupes : les entreprises proches de nos valeurs fondatrices, des sociétés à l’ADN vert qui sont également nées sur des projets porteurs de valeur. Parmi ce groupe “éthique” on trouve par exemple le Crédit Coopératif, Biocoop, L’Arbre Vert pour ne citer que ces trois là. Nous reviendrons régulièrement avec des portraits de ces marques éthiques

Il y a, un peu à l’opposé de ce premier groupe, des sociétés en délicatesse avec certaines valeurs. Ce n’est pas qu’il s’agisse d’entreprises qui renient forcément les valeurs éthiques du premier groupe mais ce sont des sociétés qui par la nature même de leur activité sont en porte-à-faux avec certaines valeurs et rejetées par certains consommateurs.

Dans ce groupe, on trouve des sociétés comme Mc Donald’s, BP, Ferrero, Reckitt Benkiser qui n’ont pas bonne réputation respectivement auprès des amateurs de nourriture et de régimes sains, d’énergies renouvelables, de diététique ou de produits d’entretien non toxiques. Sans parler de “vrais méchants” comme Exxon, Monsanto, Malboro (et toute l’industrie du tabac, ou de l’armement) qui sont carrément honnies par certains consommateurs.

Et puis, il y a toutes les autres qui ne sont ni des Body Shop, ni des Philip Morris. Parmi ces entreprises à l’image relativement neutre, les plus nombreuses n’ont pas un ADN éthique ni vert mais ne sont pas non plus particulièrement en porte-à-faux vis-à-vis de ces valeurs. Mais elles suivent le mouvement général de la société, poussées soit par la conviction personnelle de leurs dirigeants, par leurs investisseurs (comme on va le voir pour les groupes cotés et les fleurons du CAC40) et bien sûr par le cadre réglementaire et les normes. Mais bien sûr, c’est le consommateur – citoyen qui est la force la plus puissante de cette évolution : si les entreprises veulent sauver le monde, c’est bien au final parce que c’est ce que veulent les citoyens.

L’évolution progressive de la RSE

La RSE a commencé par se focaliser sur les préoccupations environnementales puis a progressivement élargi son domaine d’intervention, pour s’occuper de questions de plus en plus proches du quotidien des entreprises.

Ainsi l’examen des rapports Développement durable des grandes entreprises montrent années après années une palette de plus en plus large d’actions de type RSE parmi lesquelles l’environnement n’est qu’un sujet parmi bien d’autres. On y trouve une multitude de projets qui montrent que les entreprises ne considèrent plus que ces « bonnes actions » sont déconnectées des affaires.

Elles considèrent de plus en plus que la RSE, et ses différentes formes (inclusive business, valeur partagée, etc) peuvent réellement devenir des leviers de « progrès ET de business ». Le quotidien Les Echos a choisi dans une de ses éditions 5 exemples qui illustrent cette approche :  Airbus, Carrefour, Lafarge, Pernod-Ricard et Solvay.[1]. Mais il y en a bien d’autres.

Lire page suivante – Le consommateur prend le pouvoir ; le crépuscule de l’école de Chicago ; l’impact des multinationales ; des exemples

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

8 commentaires Donnez votre avis
  1. Pour les industriels,il faut produire ensuite commercialiser sans tenir compte du reste.Pour des industries agro alimentaire qui opèrent dans le domaine du cacao par exemple en Côte d’Ivoire, ils veulent uniquement les fèves de cacao qui sont fruit du travail des enfants et le reste, ce sont des conférences et des séminaires sans suivi sur le terrain. C’est la course aux frics point barre.

  2. Je suis atterrée de voir de telles commentaires sur les entreprises, comme si elles étaient toutes la pour faire du profit a tout prix. Je travaille depuis plusieurs années pour les aider a un développement plus respectueux des hommes et de l’environnement. Il ne faut pas les mettre toutes dans le même panier. Il s’y trouvent de nombreuses personnes qui essaient de les faire évoluer et plusieurs entreprises ont des engagements sincères. Faire du profit n’est pas un gros mot lorsque c’est entre autres pour financer des œuvres caritatives. On critique beaucoup les entreprises qui donnent, on dit sur c’est pour s’acheter une bonne conscience, mais, comment vivraient les associations sans les entreprises? Les États sont exsangues, les menages français aussi. Par exemple en matière de lutte contre l’obésité si les entreprises ne donnaient pas les associations ne pourraient simplement pas vivre. Arrêtons de croire que les entreprises sont sans valeurs. Plutôt que de quitter le navire, agissons pour le faire changer.

  3. Qui peux croire à de telles affirmations? L’exemple de l’Indonésie, dans lequel j’habite une grande partie de l’année, prouve le contraire: le salaire moyen est de 113 euros, avec atteinte aux libertés syndicales régulières, des grandes multinationales pour la plupart étrangères, qui exploitent horriblement les travailleurs, pillent l’économie et détruisent l’environnement du pays.

  4. Ça fait du bien de voir que les cchoses bougent

  5. Total 10ème du classement avec un 12/12 en environnement!!??

    Une étude scientifique publiée dans la très sérieuse revue Climatic Change a placé Total en 13ème position des entreprises les plus polluantes au monde.

    C’est à se demander comment sont définis les critères de notation de ces sociétés soit disant “engagées”… Les rapports RSE restent avant tout un outil de communication pour la plupart de ces grands groupes.

  6. Je ne crois pas aux états d’âme de ces entreprises, elles sont là pour faire du fric, elle donnent, c’est pour mieux vendre aux pays pauvres, les habituer à consommer plus, se donner une image positive, de ce fait elles gagneront plus de fric en leur vendant leurs marchandises.

  7. Superbe article instructif et qui change un peu ma vision des grandes entreprises

    • tout cela n’est que de pieux discours, de pieux écrits qui dans les faits ne sont pas respectés. C’est de la communication car leur consomm-acteurs se sont détournés d’eux depuis des années et entraînent chaque jour leur famille, amis, collègues et contacts sur réseaux sociaux. On n’a plus 4 ans pour croire aux contes et merveilles. J’ai travaillé dans le domaine de la qualité, sécurité et environnement avant de fuir pour garder mon âme. Le développement durable, la RSE, tout ça n’est que fumisterie ! du marketing

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