Réseaux intelligents : « Il faut maintenant une politique industrielle européenne »

Rédigé par Jack, le 3 May 2015, à 18 h 22 min

Début 2014, le président François Hollande affirmait son intention d’avancer sur la question de la politique énergétique européenne. Certains, comme Noël Mamère, s’impatientaient ; dans une chronique publiée au quotidien Reporterre le 24 avril 2014, l’élu écologiste s’interrogeait : où est donc passé « l’Airbus de l’énergie » promis par M. Hollande ? Le sujet est pourtant loin d’être enterré. Preuve en est rapport rendu par Michel Derdevet (le secrétaire générale d’ERDF), qui réaffirme le besoin d’une politique industrielle européenne des réseaux intelligents.

Réseaux intelligents : ERDF et l’Iddri soulignent les défaillances de la politique énergétique européenne

Réseaux intelligents : les pays européens ne travaillent pas ensemble

Après les 41 propositions publiées par la Commission de Régulation de l’Energie le 25 juin 2014, M. Hollande a reçu le rapport commandé au secrétaire général d’ERDF, Michel Derdevet, intitulé « L’Europe, l’énergie en réseaux ». Dans celui-ci, l’énergéticien affirme que « l’absence de pilotage européen du modus operandi produit une désoptimisation industrielle, [qui] affaiblit les leaders énergétiques continentaux ».

Dit plus simplement : les États membres font leur cuisine énergétique chacun dans leur coin, ce qui empêche l’émergence de champions industriels européens dans le secteur énergétique et ne permet pas d’optimiser les ressources énergétiques renouvelables – et pour certaines intermittentes – des différents pays de l’UE.

Les trois recommandations du rapport Derdevet

Travailler avec les collectivités locales

Il faut concevoir la rénovation de la sécurité d’approvisionnement et la coopération entre États de l’UE « non seulement entre les entreprises de réseaux, mais aussi avec les collectivités locales porteuses de la transition énergétique ».

Mieux réguler et mieux financer

Il faut « renforcer les coordinations des régulations et les leviers de financement pour optimiser les coûts des infrastructures, tout en investissant sur les territoires traversés par ces infrastructures stratégiques ».

Faire passer la R&D à l’étape supérieure

« Il convient enfin de promouvoir l’Europe comme leader de l’innovation énergétique, en donnant un nouvel élan et une nouvelle dimension à sa R&D, notamment à travers la normalisation, la création d’une plateforme des données énergétiques, la mise en place de corridors des mobilités innovantes ou encore la fondation d’un Collège d’Europe de l’énergie. »

L’Union Européenne est consciente du travail qui reste à faire

L’Union européenne estime à 1.000 milliards d’euros les besoins en investissements dans les infrastructures énergétiques au cours des dix prochaines années. Pour aider à surmonter la charge financière importante que cela représente (à titre de comparaison, le PIB espagnol était de 1.245 milliards d’euros en 2013), la Commission Européenne de Jean-Claude Juncker a annoncé en juillet dernier, alors que la guerre en Ukraine battait son plein, que l’UE de l’énergie était l’une de ses priorités. Un fonds d’investissement stratégique doté de 315 milliards d’euros a depuis été créé, en novembre 2014.

La Commission se concentre sur certains points clefs pour être plus efficace. Le chercheur de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), Damien Demailly, note concernant le plan de la commission Juncker que les missions d’étude se concentrent « sur de grands projets d’infrastructures intra-européens tels que les interconnexions des réseaux électriques nationaux », tout en invitant à ne pas négliger les « programmes » d’investissements locaux et diffus.

Les bénéfices que l’on peut attendre des réseaux intelligents

lumiere-ampoule-electricite-banDans le communiqué publié par le Ministère de l’Energie le 14 avril dernier, Ségolène Royal rappelle que cet appel à projet vient notamment compléter les 85 millions du programme d’investissement d’avenir dédiés aux réseaux intelligents, dans le but « de couvrir plus de consommateurs, plus de moyens de production ainsi qu’une plus large diversité de territoires et de fonctionnalités ».

Enfin, si des association de consommateurs, comme l’UFC Que Choisir, demandent aux autorités de « prendre les dispositions qui s’imposent pour limiter la surtension tarifaire qui guette », la directrice de la conférence « des smart grids à la smart énergie », qui a eu lieu du 27 au 29 Mai à l’Espace de la Grande Arche de Paris, est persuadée, à l’instar de Ségolène Royal, que « la transition énergétique [et les smart grids], ça [peut] rapporter » ! Une nouvelle porteuse d’espoir alors que de plus en plus de ménages souffrent du phénomène de précarité énergétique…

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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour,
    Surtout ne rien attendre de l’Europe, ce sera la seule et unique façon de ne pas être déçu…! L’Europe n’a pas été faite pour les citoyens lambda, elle a été faite pour que les gens riches soient beaucoup beaucoup plus riches, un point c’est tout !
    Ceux qui ne l’ont pas encore compris, finiront tôt ou tard par le comprendre, mais ce sera aussi TROP TARD !

  2. Et bien il va falloir ferrailler pour faire bouger le mammouth européen, l’Europe à part nous pondre des normes qui ne tiennent pas debout pour le reste il faudra attendre.

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