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Protection animale : vers moins de tests sur les animaux en Chine

  • Alan Van Brackel
  • 24 mars 2015

Un projet de loi est à l’étude en Chine pour protéger le bien-être animal. Une petite avancée dans un pays où on respecte en général bien peu les espèces rares et où les tests sur les animaux ont souvent été la norme.

La protection animale fait de petits pas en Chine

Côté chinois, le bien-être animal n’est pas forcément la priorité, au point que de nombreuses espèces rares soient mangées par tradition ou par superstition. Au-delà de ces habitudes culinaires, il y a surtout une longue tradition de tests sur les animaux.

Y compris pour les cosmétiques : des produits destinés à la peau humaine et leurs ingrédients sont d’abord testés sur les animaux, une aberration quand on sait que les organismes réagissent différemment, selon plusieurs organisations qui remettent même en cause les tests sur les animaux dans le cadre de la santé pour cette raison.

Cela n’a pas toujours été le cas en Chine, puisque le pays a instauré l’exigence des tests en 1990, surtout pour vérifier les produits en contact avec les yeux ou la peau avant d’étendre à tous les produits du quotidien en février 2012. Cela a compliqué le marché et des enseignes comme The Body Shop ou Lush, engagés contre la cruauté animale , ont perdu cette part de marché.

A l’inverse, d’autres entreprises ont abandonné leurs bonnes intentions (c’est le cas d’Avon pour ne citer qu’eux) pour continuer de vendre en Chine. Cela a créé des polémiques, notamment autour de marques comme Estée Lauder qui ont communiqué pendant des années autour de la question des tests sur les animaux pour finalement « oublier » de signaler qu’ils n’agissaient pas de la même manière partout.

L’UE a pris des premières mesures contre les tests sur les animaux, dans le cadre des cosmétiques © CC, Novartis AG

Parallèlement, l’Union Européenne a fait un pas en 2013 en interdisant les tests sur les animaux en ce qui concerne les cosmétiques et leurs ingrédients. Cela prenait en compte les ingrédients et produits importés. Difficile néanmoins de contrôler rigoureusement ce marché et certaines marques se voient dans l’obligation de tester les ingrédients pour le marché chinois et de ne pas le faire pour le marché européen. Donc au final de le faire quand même, à moins d’avoir écarté le marché chinois où les tests sont obligatoires. Cette situation a changé en 2014.

Les tests sur les animaux plus exigés obligatoirement en Chine

…pour certains cosmétiques. L’administration chinoise a fait un premier pas, peut-être du fait des changements plus globaux sur le marché, en cessant d’exiger les tests sur les animaux dans le cadre de cosmétiques du quotidien. Cela comprend certains shampoings, gels douches et certains cosmétiques pour la peau.

Il est possible depuis de procéder autrement par la toxicologie classique ou par d’autres méthodes d’évaluation des risques.

Gros bémol d’emblée : il n’était alors pas question de bien-être animal

Ni d’interdire les tests, seulement de permettre ou pas d’autres méthodes. Cela ne constitue d’ailleurs qu’une exception, qui ne touche pas les colorations pour cheveux, les crèmes solaires, les cosmétiques plus particuliers. En somme, une bonne nouvelle toute relative, accueillie de manière plutôt positive quand même vu d’où on revient. Cela permet quand même de sauver plus de 300.000 cobayes, lapins, souris et autres animaux utilisés pour tester des cosmétiques chaque année.

Les associations de défense des animaux existent bel et bien en Chine et des campagnes, comme Be Cruelty-Free (soyez sans cruauté), atteignent le pays,

© Humane Society International

  • En violet, les zones où les tests sur les animaux ont été interdits, y compris la vente de produits issus des tests, soit l’Europe, l’Inde et Israël.
  • En gris, les zones où la campagne a été lancée avec en rouge le taux de support du public.

La Chine a-t-elle les moyens d’arrêter les tests sur les animaux ?

Un autre problème se pose, celui des technologies : si certaines marques peuvent effectivement avoir accès à des technologies alternatives, cela ne sera pas forcément le cas, donc l’administration chinoise va pousser aux mêmes conditions de sécurité sanitaire que précédemment.

Enfin et cela n’est pas anodin, l’arrêt des tests sur les animaux concernait uniquement les produits fabriqués dans le pays et non pas les produits étrangers, considérés avec méfiance : les produits européens, australiens ou américains sont de toute façon testés et, si les marques ne décident pas d’ignorer ce marché par éthique, les tests continueront de toute façon.

La protection animale entre (un peu) dans le champ de la loi

En parallèle, le comité environnemental de l’Assemblée populaire nationale (APN) a rédigé un projet d’amendement de la loi concernant la protection de la faune et, surprise, elle prend en compte le bien-être animal. Il s’agit même d’un point important du projet, même si pour l’instant il ne concerne que la faune et les animaux sauvages captifs.

Le Collège des ressources de la faune de l’Université forestière du Nord-Est dénonce un « manque de sensibilisation aux droits des animaux » et une « augmentation des décès et des mauvais traitements subis par les animaux sauvages« . L’amendement sera examiné en fin d’année 2015 par le Comité permanent de l’APN.

L’amendement ne concerne pas que les animaux sauvages : il évoque aussi l’élevage et la vente d’espèces en danger. L’avancée a son importance : il s’agit d’une première étape mais les lois pourraient concerner plus tard l’agriculture, par exemple, pour empêcher les maltraitances d’animaux et leur garantir certaines conditions de vie décentes.

*

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