Surprofits pétroliers : 81 millions € par jour en Europe

Comme en 2022, les compagnies pétrolières semblent bien avoir profité de la crise créée par la guerre en Iran pour augmenter leurs bénéfices ?

Rédigé par , le 3 Apr 2026, à 10 h 51 min
Surprofits pétroliers : 81 millions € par jour en Europe
Précédent
Suivant

Faut-il parler de profiteurs de guerre ? En tout cas, chaque jour, les pétroliers encaissent 81 millions d’euros de surprofits en Europe.

Effet d’aubaine ?

Pile ou face ? La guerre en Iran n’est pas perdue pour tout le monde, vu l’augmentation des prix à la pompe. Une hausse que le conflit ne suffit a priori pas à expliquer. En effet, les compagnies pétrolières en profitent pour accroître sensiblement leurs marges, comme le prouve une étude du cabinet Energy Comment pour Greenpeace. On peut ainsi estimer à 2,5 milliards d’euros les bénéfices supplémentaires engrangés rien que pour le mois de mars.

Comme en 2022, les compagnies pétrolières semblent bien avoir profité de la volatilité et de l’anxiété du marché pour tester la résistance des consommateurs, particulièrement en Allemagne et en Europe du Nord. Pour autant, la France est le seul grand marché où les marges sur l’essence ont baissé. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par une pression concurrentielle plus forte entre les grandes surfaces (E.Leclerc, Carrefour, etc.), mais aussi par une surveillance accrue des prix par l’État français depuis le début du conflit.

24 milliards d’euros de profit

Un mois après les premières attaques contre l’Iran, on peut ainsi estimer le profit excédentaire moyen à 81,4 millions d’euros par jour à l’échelle des 27 États membres de l’Union européenne. Avec un prix du litre d’essence en hausse de 27 centimes, et le diesel de 49 centimes par rapport au niveau d’avant-guerre, il faut ainsi compter de 15 à 30 euros de plus par plein.

Déjà, mi-mars, les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie soulignaient que l’écart de prix entre les cours du pétrole brut et le diesel vendu en Europe avait déjà doublé, passant de 25 dollars (22 euros) par baril de pétrole en février à plus de 50 dollars (43 euros) début mars. Dit autrement, l’augmentation des prix à la pompe est largement supérieure à celle des prix sous-jacents du pétrole brut. À ce rythme-là, les compagnies pétrolières devraient avoir engrangé 24 milliards d’euros de profits exceptionnels d’ici à fin 2026, selon le cabinet Energy Comment.

Lire aussi 
Essence à plus de 2€ : le moment de tourner la page du pétrole ?




Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis