Pesticides toxiques pour les abeilles : l’ANSES préconise des restrictions élargies et durables

La semaine prochaine, le Sénat étudiera le projet de loi « biodiversité ». Les parlementaires devront entre autres donner leur avis sur les restrictions de certains pesticides. Le dernier rapport de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) atteste de leurs effets négatifs sur les pollinisateurs.

Rédigé par Elise Racque, le 14 Jan 2016, à 6 h 29 min

Quels sont les pesticides toxiques mis en cause ? On en dénombre sept, et ils portent un nom un peu barbare pour les non-initiés : les néonicotinoïdes. Plébiscités pour leur effet longue durée, ces insecticides sont parmi les plus utilisés au monde. Souci : ils agissent sur le système nerveux des insectes et sont toxiques pour leurs neurones. Les pollinisateurs comme les abeilles et les bourdons voient leur comportement et leur résistance perturbés : leur population diminue.

Pesticides toxiques : une suspension européenne qui arrive à son terme

En 2013, la Commission européenne a suspendu pour deux ans trois de ces pesticides particulièrement néfastes. Aujourd’hui, la question est posée : faut-il rendre cette suspension permanente ou lever les restrictions ? Le rapport de l’ANSES paru mardi est clair. Malgré des incertitudes, les scientifiques considèrent que des conditions restrictives d’utilisation sont nécessaires.

Deux préconisations

L’interdiction de ces pesticides faisait débat en ce qui concerne les semences d’hiver. Semées dans un contexte saisonnier où les pollinisateurs sont naturellement moins présents, ces cultures semblaient pouvoir être traitées sans trop de danger.

L’ANSES préconise d’étendre l’interdiction des néonicotinoïdes aux semences hivernales par précaution, en attendant des études complémentaires levant les incertitudes.

De plus, les scientifiques conseillent de ne pas implanter « des cultures attractives pour les pollinisateurs à la suite d’une culture traitée par des néonicotinoïdes ». En effet, l’une des particularités de ces substances est de rester durablement présentes et actives dans le sol et l’eau.(1)

Selon un communiqué de presse du ministère de l’Ecologie, la France demande à l’Union européenne de maintenir les restrictions prises en 2013, et d’examiner au plus vite la dangerosité des quatre autres pesticides neurotoxiques non-suspendus.

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Journaliste en formation, j’ai le sentiment de vivre une période charnière où l’information sur les modes de vie alternatifs et l’environnement prend...

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