Peluches Labubu : des conditions de fabrication scandaleuses

Produites en Chine, les petites poupées de sacs à main à la mode sont, comme souvent, produites dans des conditions affligeantes.

Rédigé par , le 15 Jan 2026, à 10 h 18 min
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Un rapport publié le 13 janvier dernier dévoile les coulisses de la fabrication de la poupée Labubu dans le sud-est de la Chine.

Une enquête dans les usines chinoises

Bienvenue dans la province du Jiangxi, dans le sud-est de la Chine, au sein de l’usine de jouets Shunjia Toys. C’est là que 4 500 personnes travaillent, notamment à produire les poupées à la mode du moment, à fixer au sac à main des élégantes : Labubu. L’ONG China Labor Watch (CLW) y a envoyé des enquêteurs pendant trois mois afin de connaître les coulisses de leur fabrication.

Comme souvent en Chine, les résultats se sont révélés accablants : les enquêteurs ont pu rencontrer une cinquantaine d’employés, dans et en dehors de l’usine. Ici, les adultes côtoient des jeunes de 16 à 18 ans, ce que la loi chinoise autorise, et avec la même charge de travail que les adultes. D’emblée, les candidats signent des contrats de travail vierges ou incomplets en cinq minutes, ne précisant ni durée du contrat, ni nature du poste, salaire ou conditions de travail.

Un coût de main d’oeuvre par jouet inférieur à  0,70 dollar

Quid des cadences de production ? Le rapport dénonce « un travail à la chaîne très intense », où l’on travaille « régulièrement onze heures par jour, sept jours sur sept ». Quant aux heures supplémentaires, pas toujours payées, elles dépassent largement les limites légales. Preuve en est le côté irréaliste des objectifs de production : Shunjia Toys, qui produit officiellement 12 millions de jouets par an, souhaite quasi tripler sa production. Un souhait logique, au vu des bénéfices fous de l’entreprise : 600 millions d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre 2025, avec un bénéfice net en hausse de 400 %. Il faut dire que le coût de la main d’oeuvre par jouet est inférieur à 0,70 dollar….

Équipements de protection largement insuffisants, absence de sécurité incendie, harcèlement sexuel verbal par la direction… Pour l’ONG China Labor Watch, les conditions de travail sur ce site sont hélas représentatives de la production en Chine. « Les ouvriers ont décrit une exposition sévère à la poussière et une mauvaise ventilation. Beaucoup ont signalé des nausées et des vomissements, et exprimé des inquiétudes quant à des lésions pulmonaires à long terme ».

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