Pêche illégale : des albatros espions pour surveiller les bateaux

Pour lutter contre la pêche illégale, des scientifiques ont équipé des albatros de balises. Des espions aux pattes palmées.

Rédigé par Audrey Lallement, le 2 Feb 2020, à 8 h 00 min

De nombreux navires de pêche pillent les océans en toute impunité. Pour repérer les bateaux qui naviguent sans système d’identification, des scientifiques ont fait appel à un allié peu commun : l’albatros.

Des albatros équipés de balises

Décrit par Baudelaire comme un oiseau « gauche et veule » et « comique et laid », l’albatros n’a pas que des défauts. « Ce voyageur ailé » est capable de parcourir de très longues distances et a un tempérament curieux qui le pousse à se diriger vers les bateaux. Des qualités qui intéressent beaucoup les chercheurs.

Destiné à surveiller la mer, notamment la pêche illégale, le programme Ocean Sentinel a trouvé, avec les albatros, de parfaits alliés. Des scientifiques du Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS/La Rochelle Université) ont, en effet, équipé 169 oiseaux de balises capables de détecter les radars des bateaux de pêche. Ces balises comprennent une antenne Argos, un GPS et un détecteur de radar miniaturisé.

La pêche illégale, une activité très lucrative

L’expérience a montré que, sur les 47 millions de km2 de l’océan Austral surveillés, plus d’un tiers des navires approchés par les albatros avaient désactivé leur système d’identification automatique. Un procédé qui empêche leur identification et leur laisse le champ libre pour pêcher en toute illégalité.

Mieux qu’un drone, l’albatros est l’espion idéal pour repérer les bateaux braconniers. Leur activité représente, selon l’association de protection de la Nature WWF, entre 8 et 19 milliards d’euros.

bateaux pêche iillegal

Les albatros sont attirés par les bateaux de pêche © Alessandro De Maddalena

Une mission d’Ocean Sentinel

Ce projet a été développé dans le cadre d’un programme européen ERC Proof of Concept, avec le soutien de l’Institut polaire français Paul-Emile Victor, Ocean Sentinel encourage le développement d’innovations rendant possible la récolte de données de conservation indépendantes grâce aux animaux.
explique le CNRS

La méthode Ocean Sentinel est en phase de test en Nouvelle-Zélande et à Hawaï. Dans un avenir plus ou moins proche, il se pourrait que d’autres espèces marines soient sollicitées pour effectuer le même type de mission de surveillance. Il s’agirait de requins et de tortues de mer.

Illustration bannière : Les albatros patrouillent en haute mer pour traquer les pêcheurs illégaux © Agami Photo Agency

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