Devenez consomm’acteur en participant à un projet d’énergie citoyenne

Pour réduire l’utilisation des énergies fossiles et passer à des modes de production d’énergie plus durables, un nombre croissant de citoyens et de communautés locales veulent pouvoir choisir, se réapproprier et gérer les modes de production et de consommation de leur énergie : les projets d’énergie citoyenne gagnent (enfin) du terrain !

Rédigé par Bernard Pierré, le 2 Mar 2020, à 8 h 00 min

Les interrogations profondes qui traversent actuellement la société sur tous les sujets portent largement sur la reconquête par les citoyens d’une forme de contrôle sur les grands enjeux. L’énergie n’échappe pas à ces questionnements. Zoom sur les projets d’énergie citoyenne.

Les projets d’énergie citoyenne – Reprendre en main les enjeux liés à l’énergie

À l’occasion des Assises Nationales des énergies renouvelables citoyennes du 10 décembre 2019, l’association Énergie Partagée a publié, avec le soutien de l’ADEME, une étude sur les retombées économiques locales des projets citoyens de production d’énergie renouvelable.  La principale conclusion est que les projets énergétiques intégrant une large participation citoyenne sont 2 à 3 fois plus bénéfiques pour le territoire que les projets traditionnels(1).

Participer à la transition énergétique, c’est possible individuellement…

Si au niveau individuel, de nombreuses actions sont possibles pour mieux maitriser ses consommations, avoir une réelle influence sur les approvisionnements et les prix de l’énergie nous semble beaucoup plus inaccessible. Dans nos usages quotidiens, la part des énergies fossiles reste prépondérante et la formation des prix est largement tributaire d’enjeux géostratégiques dont le contrôle nous échappe.

Agir sur la consommation mais aussi sur la production d’énergie

Comme l’indique très clairement le scénario Négawatt, un mode de vie plus sobre et une lutte contre le gaspillage sont les 2 premières étapes indispensables. Vient ensuite pour la part d’énergie incompressible dont nous avons besoin, à mettre en oeuvre la transition vers les énergies renouvelables.

Nous pouvons bien sur faire le choix d’installer des panneaux solaires sur notre maison, à condition d’en posséder une et de pouvoir réaliser l’investissement.

… mais aussi collectivement !

Alors pour aller plus loin et pour une participation plus large, nous devons jouer plus collectif ! C’est précisément l’objectif des projets d’énergie citoyenne.

Qu’est-ce qu’un projet d’énergie citoyenne ?

Ce type de projet – le plus souvent organisé en structures locales de type coopérative – réunit toutes les parties prenantes (citoyens, collectivités, associations, entreprises) qui souhaitent développer la production locale d’énergies renouvelables sur un territoire, avec pour objectif d’accélérer la transition énergétique.
Outre l’ancrage local et l’exigence écologique, la gouvernance est totalement ouverte à tous, transparente et démocratique. Les projets d’énergie citoyenne n’ont pas de finalité spéculative mais réinvestissent leurs bénéfices dans de nouveaux projets citoyens et le financement d’actions pédagogiques de sensibilisation à la maîtrise de l’énergie.

Un projet d’énergie citoyenne a en effet plusieurs vertus :

  • Chacun peut investir financièrement des parts du projet selon ses moyens.
  • Chacun peut investir en temps selon ses compétences.
  • Les énergies renouvelables (solaire et éolienne notamment) sont diffuses : il est donc logique de les capter au plus près des besoins pour minimiser les pertes liées au transport.
  • L’acceptabilité du projet sera bien meilleure si la volonté émane de citoyens bien informés ayant voix au chapitre dans la gouvernance du projet.
  • En produisant localement une plus grande part de l’énergie nécessaire, on augmente la résilience du territoire, c’est-à-dire sa capacité à subvenir à ses besoins et à moins dépendre des apports extérieurs.

Lire aussi : Une deuxième centrale photovoltaïque citoyenne inaugurée dans le Nord

Des projets plus profitables aux territoires

Mais surtout, lorsqu’ils sont maîtrisés et financés par les collectivités et les habitants, les projets citoyens d’énergie renouvelable génèrent des revenus locaux bien supérieurs aux projets classiques.

énergie citoyenne

La finance éthique au service des territoires © energie-partagee.org

Dans l’étude publiée, les retombées économiques de 36 installations citoyennes éoliennes et photovoltaïques ont été analysées. Les retombées économiques prises en compte sont les suivantes :

  • les impôts et taxes locales liées à l’occupation des sites et à l’accès aux réseaux
  • les loyers perçus par les propriétaires des sites (terrain, toiture, etc.)
  • les revenus directs générés par les investissements des collectivités et citoyens
  • les revenus liés aux emplois et prestations locales (études, installation, administration, maintenance)

Les retombées économiques d’un projet traditionnel sont souvent limitées aux 2 premiers postes. Dans un projet citoyen, le fait d’être partie prenante des décisions permet d’orienter les choix dans l’intérêt du territoire, avec une vision à plus long terme. Les retombées des 2 autres postes s’ajoutent aux précédentes et permettent de multiplier par 2 ou 3 les revenus bénéficiant au tissu économique local.

En s’engageant et en conservant le contrôle du projet sur le long terme les bénéfices perdurent pendant toute la durée d’exploitation des installations.

Ce sont également des projets fédérateurs qui renforcent le lien social, répondent aux aspirations des citoyens de participer aux décisions sur les enjeux importants qui les concernent.

Le modèle de projets citoyens dans le domaine de l’énergie est assez courant chez nos voisins allemands et a émergé plus tardivement en France.

énergie citoyenne

L’écoquartier Vauban à Fribourg en Allemagne, fruit d’une forte participation citoyenne © Gyuszko-Photo

Energie Partagée suit plus de 200 projets en France. D’autres groupements comme « Centrales villageoises » oeuvrent pour promouvoir des approches similaires.

Investir dans une coopérative citoyenne permet de faire fructifier ses économies tout en participant à la transition : alors pourquoi ne pas acheter des parts dans une coopérative énergétique ? C’est un placement éthique et rentable. Pensez-y !

Pour en savoir plus et consulter la carte, rendez-vous ici

Illustration bannière : Les projets participatifs et citoyens d’énergies renouvelables sont un levier essentiel pour l’appropriation locale de la transition énergétique – © Rawpixel.com

Références :
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Ingénieur énergéticien de formation, Bernard choisit de réorienter son parcours vers le conseil en développement durable en 2010, après 25 ans dans le...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. Monsieur Pierré, voici la présentation du projet pour votre information :
    Dispositifs aptes à produire de l’énergie électrique avec le passage, à faible allure, des voitures.
    Description technique
    Le système a été étudié pour produire de l’énergie électrique avec le passage, à faible allure, de voitures, camionnettes, camions, etc.
    Chaque dispositif est formé d’un bâti en profils métalliques contenant : 1 levier central basculant et 2 latéraux articulés, en tôle striée qui, au passage des voitures, un côté du levier central se baisse en faisant monter l’autre côté ce qui actionne 8 vérins à la fois, 2 fois à chaque passage d’un essieu, lesquels pompent l’air produit directement dans le réservoir de l’air comprimé placé à proximité du dispositif.
    En effets, chaque action des leviers, effectuée 2 fois à chaque passage d’un essieu, produit de l’air comprimé qui est envoyé directement au réservoir.
    L’air comprimé, ainsi obtenu, peut être utilisé de 2 façons différentes :
    – tel quel, par exemple pour une usine industrielle ou un garage à proximité du dispositif (on sait que pour produire de l’air comprimé il faut de l’énergie électrique)
    – ou il est extrait du(des) réservoir(s) pour actionner un système très innovant à haute force centrifuge qui fait tourner une génératrice de courant électrique, (inclus dans le projet et monté dans un local séparé).
    L’énergie électrique produite avec 1 génératrice = 10 Kw/h peut être utilisée :
    1 – soit directement par des utilisateurs, industriels ou privés, dans un réseau privé,
    2 – soit en la vendant directement à EDF dans le réseau existant de distribution électrique au moyen de l’armoire de distribution situé dans le local séparé, .
    Si le passage des voitures est très important on peut augmenter cette énergie en installant 2 (ou plus) réservoirs et faire tourner 2 (ou plus) génératrices, simultanément.
    Le principe est de pouvoir emmagasiner l’énergie obtenue, dans notre cas « l’air comprimé » (car emmagasiner l’énergie électrique est beaucoup plus coûteux et plus complexe) et de pouvoir l’utiliser quand l’énergie électrique devient nécessaire, c’est-à-dire :
    – au passage des véhicules on accumule l’air comprimé en remplissant les réservoirs prévus à cet effet. Lorsque les réservoirs sont à la pression voulue, manuellement ou automatiquement, selon le choix de l’opérateur,
    on met en marche la(es) génératrice(s) qui fournit(ssent) l’énergie électrique. Si la pression de l’air redescend au minimum (moins de 3 bar) elle s’arrête automatiquement.
    L’énergie obtenue est absolument propre car le système ne produit aucun dérangement à l’environnement (naturel ou visuel) étant un système enterré, il ne produit ou ne dégage aucun gaz toxique ou nocif,
    et, de plus, le bruit produit pendant son fonctionnement est insignifiant.
    Toutes les unités sont identiques et modulaires, ce qui permet de les monter seules ou en nombre selon la nécessités de chaque client, pour des projets personnalisés.
    L’énergie électrique obtenue, 100 % PROPRE, contrairement à toutes les inventions présentées jusqu’à ce jour, peut être utilisée à n’importe quel moment du jour ou de la nuit par simple commande manuelle ou par commande automatique
    Nous avons calculé que, pour que la génératrice tourne en continu 24h./24h., sur UNE unité doit passer en moyenne, en 24 heures, 1,4 voiture/minute.
    Le courant généré, « par une seule unité », produit par le génératrice de 10 Kw.(cette puissance peut être multipliée en montant plusieurs unités en série.) est de 220-380 V. – 50 Hz.,
    La manutention du système est extrêmement simple, il suffit tous les 3/4 mois, de contrôler les 2 supports à roulements de l’arbre central et de contrôler l’état des vérins.

  2. Bonjour
    Merci d’avoir réagi et apporté votre contribution à cet article. Le fait de capter un peu d’énergie du passage des voitures sur un ralentisseur de ce type est intéressant dans le sens où elle est bien préférable sous forme d’électricité utile sur place plutôt qu’absorbée par les amortisseurs en accélérant leur vieillissement. Concernant l’aspect énergétique, il me parait difficile d’apparenter cela à une « production » et, comparativement au solaire, éolien ou biomasse à une énergie « renouvelable » ou « propre ». L’énergie électrique de votre système provient d’un recyclage très partiel d’une chaine de transformation d’énergie. Au départ, il y a l’énergie fossile introduite dans le réservoir des véhicules. Sur 1 litre d’essence (soit 10kWh, voir mon article sur les unités), un moteur thermique ordinaire n’en transforme guère que 35 à 40% en énergie mécanique pour mouvoir le véhicule, le reste étant perdu en chaleur, bruit, frottements internes, etc. Et le passage sur le ralentisseur transformera une infime partie de cette énergie mécanique en électricité avec là aussi des pertes de transformation. Cela n’enlève rien au coté ingénieux ou utile de ce système pour le dos des conducteurs, l’usure des amortisseurs et les applications locales que permet cette énergie mais très faiblement en termes d’impact sur le bilan énergétique global.
    Cordialement

    • Monsieur Pierré, merci pour votre message et je vois que vous donnez vos impressions sans savoir comment mon système produit de l’énergie électrique…. Pour vous rendre l’idée principale :
      – pour que 1 de mes unités placée, par exemple, dans un péage autoroutier produise 10 Kwh en continu 24/24 heures et 7/7 il faut qu’au minimum, en 24 heures, en moyenne, passe sur le dispositif env. 82 voitures/heure = 1.4 voiture/minute. Salutations
      jours avec le passage MINI de Résumé : pour que la génératrice tourne en continu 24h/24h

    • Je vous informe également que ce projet a déjà été présenté par une équipe d’étudiants ingénieurs d’AMIEN, que j’ai aidés, dans un concours et qu’il est arrivé 5ème, preuve en est que votre phrase : « Et le passage sur le ralentisseur transformera une infime partie de cette énergie mécanique en électricité avec là aussi des pertes de transformation. » n’a pas raison d’être….. l’énergie utilisé n’est pas la « mécanique » mais la conjugaison de 2 forces : gravité+cinétique du véhicule. Cordialement

  3. Je suis ingénieur à la retraite et je continue à voir des articles sur les énergies alternatives qui ne parlent que de photovoltaïque, d’éoliennes, de gaz métane, etc. mais il n’y a pas que ce type d’énergie alternative, j’ai étudié, calculé et inventé un nouveau système qui produit de l’énergie électrique en utilisant des simples mouvements répétitifs créés par le passage, à faible allure, des voitures et des camions sur mes unités !
    Cette énergie électrique produite, (contrairement à tous les autres projets similaires présentés jusqu’à ce jour ne produisant que de l’énergie électrique INSTANTANÉE, avec lesquels on voit des lampes s’allumer au passage du véhicule et s’éteindre quand le véhicule a passé, voir la vidéo suivante youtube.com/watch?v=kv6ZEFsq25s ) peut être utilisée, en continu, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit par commande manuelle ou par commande automatique 24/24h. – 7/7jours selon le choix de l’opérateur.
    La création d’électricité, qui rentre totalement dans les énergies 100 % propres, est une solution qui me paraît évidente pour notre génération future, d’une économie incomparable et créatrice d’emplois !
    De plus les applications à développer sont nombreuses telles que la production d’éclairage pour les moyennes et grandes villes, la production de courant pour les industriels ainsi que celui utilisé dans les foyers et autres commerciaux : Sociétés Autoroutières, Hyper marchés, tous les parkings sont concernés, etc.
    Cela pourrait s’appliquer aussi au remplacement des ralentisseurs fixes, lequel ne produisent que des nuisances à la santé des conducteurs de bus publics, vois l’article suivant : lci.fr/population/troyes-les-ralentisseurs-utiles-mais-pas-sans-consequences-pour-le-dos-des-conducteurs-de-bus-2129681.html – je suis disponible pour d’éventuelles discussions……. cordialement

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