Un oiseau menacé d’extinction réapprend à chanter pour survivre
Parfois, les scientifiques doivent faire preuve d’énormément d’imagination pour parvenir à sauver une espèce en voie d’extinction…

Pour empêcher l’extinction définitive du méliphage régent d’Ausralie, des scientifiques ont eu l’idée de lui réapprendre à chanter.
Proche de l’extinction définitive
Il existe bien des chemins, apparemment, pour lutter contre l’extinction potentielle d’une espèce en danger. Dans les forêts d’eucalyptus du sud-est de l’Australie vit un un petit oiseau noir et jaune baptisé le méliphage régent. Ce passereau endémique était relativement courant jadis. Mais depuis les années 1980, sa population est passée d’environ 1500 individus à à peine une centaine à l’état sauvage désormais.
Autant dire, au vu de ces chiffres, que l’espèce est désormais proche de l’extinction définitive, qui plus est dans des forêts d’eucalyptus de pus en plus fragmentées. Conséquence inattendue de cette raréfaction : les jeunes mâles sont si isolés qu’ils ne peuvent plus côtoyer de mâles expérimentés pour leur apprendre le chant d’accouplement…
Le méliphage régent
Le méliphage régent (Anthochaera phrygia) est un petit oiseau nectarivore appartenant à la famille des méliphagidés. Facilement reconnaissable à son plumage noir marqué de taches jaunes vives sur les ailes et la tête, il mesure environ 20 centimètres et possède un bec légèrement recourbé adapté pour butiner le nectar des fleurs d’eucalyptus. Ce passereau joue un rôle important dans la pollinisation de nombreuses plantes australiennes. Autrefois largement répandu dans les forêts ouvertes du sud-est de l’Australie, il dépend fortement des eucalyptus en floraison et des grands arbres pour nicher, ce qui le rend particulièrement vulnérable à la fragmentation et à la destruction de son habitat.

Un chant clé pour se reproduire
À tel point que certains individus se mettent à copier les vocalises… d’autres espèces d’oiseaux ! Un oubli qui a des conséquences directes sur la reproduction de l’espèce, les femelles privilégiant bien sûr les mâles en mesure d’exécuter le chant typique du méliphage régent. Ainsi, selon les scientifiques, environ 12 % des mâles observés ne chantent déjà plus le répertoire propre à leur espèce.
Sans chant, pas de reproduction… Des scientifiques ont donc décidé de combattre l’extinction définitive de cet oiseau… en lui réapprenant à chanter ! En effet, pouvoir séduire et se reproduire suppose avant tout d’être un chanteur de charme et de maîtriser les bonnes vocalises. Première étape : avoir recours à des enregistrements de chants de méliphages régents pour les faire écouter aux plus jeunes oiseaux.
Faire appel à des mâles sauvages
Mais cela ne pouvait a priori pas suffire. Les scientifiques de l’Australian National University ont donc également pris de jeunes oiseaux issus de différents parents, pour les placer avec un mâle sauvage chantant correctement. Ou comment recruter des mâles pour faire office de professeurs de chant naturels…
Les résultats se sont révélés des plus convaincants : selon une étude publiée dans Nature Scientific Reports, « la proportion de jeunes ayant appris le chant sauvage est passée de zéro à 42 % en trois ans ». En apprenant les bonnes vocalises, ces méliphages régents ne disparaîtront peut-être pas.
Lire aussi
A lire absolument































