Cette plante envahissante émergente doit être arrachée
Le lysichiton blanc, espèce originaire de Russie orientale et du Japon, inquiète fortement l’Office national des forêts (ONF).

Une nouvelle menace écologique pèse sur les zones humides d’Alsace : l’apparition du lysichiton blanc (Lysichiton camtschatcensis), une plante exotique envahissante émergente (EEE).
Une capacité de reproduction exponentielle
Elle a été découverte en 2024 à Reipertswiller dans une aulnaie marécageuse classée Natura 2000. Face au risque de prolifération rapide mettant en danger la biodiversité locale, les autorités ont décidé de lancer une campagne d’arrachage massif et d’éradication totale sur plusieurs années. Très rustique, le lysichiton blanc résiste à des températures descendant jusqu’à -20 °C. Il s’épanouit pleinement dans les tourbières, les marécages et les bords de rivières où l’humidité est constante. Ses feuilles massives, pouvant atteindre un mètre de long, étouffent la flore locale. Quant à sa capacité de reproduction, elle est exponentielle : sans intervention, une colonie peut passer de 200 à 1 000 pieds d’une année sur l’autre.
Pour contrer cette invasion, l’ONF Nord Alsace met en place un véritable protocole d’arrachage avant la montée en graine de la plante. Cinq ouvriers sylviculteurs sont mobilisés pour déterrer non seulement les fleurs et les organes reproducteurs, mais aussi l’intégralité des bulbes et des racines profondes. En effet, le moindre fragment de tubercule laissé dans le sol humide suffit à faire repousser la plante. Les jeunes plants étant plus fragiles, les agents prévoient de renouveler l’opération chaque année pendant trois à cinq ans afin d’épuiser totalement la réserve de graines enfouies.

Lysichiton blanc poussant dans une zone humide, plante invasive menaçant la biodiversité locale
Lire aussi
Pourtant toujours en vente
L’élimination des végétaux extraits va également faire l’objet d’une vigilance absolue pour éviter toute dissémination accidentelle. Ainsi, bulbes, fleurs et racines collectés ne seront pas simplement jetés, mais intégralement détruits par incinération et méthanisation. Compte tenu de la gravité de la menace que constitue cette plante pour les écosystèmes, l’État a d’ailleurs choisi de financer l’intégralité de cette opération d’envergure dans le cadre de sa mission d’Intérêt général « Biodiversité et paysage ».
Pourtant, paradoxalement, contrairement à celle de son cousin le lysichiton jaune qui est interdit, la vente du lysichiton blanc reste légale. Cette plante est disponible sur Internet ou en jardinerie pour une quinzaine d’euros, car sa nocivité n’est pas encore officiellement reconnue par la loi. Face à cette situation, l’ONF, le Conservatoire botanique et le Parc régional des Vosges du Nord unissent leurs forces pour sensibiliser les propriétaires d’étangs privés, souvent à l’origine de l’introduction de la plante, et inciter le grand public à la plus grande prudence lors de ses achats horticoles.
Lire aussi
Le retour d’une plante mortelle dans les potagers français
A lire absolument


























