Loi énergie-climat : l’urgence écologique et climatique fait l’unanimité chez les députés

Les députés français ont inscrit à l’unanimité « l’urgence écologique et climatique » dans le texte du projet de loi relatif à l’énergie et au climat. Peut-on parler d’un réel engagement ou d’un acte purement symbolique ?

Rédigé par Paul Malo, le 22 Jun 2019, à 7 h 50 min

C’est à l’unanimité que les députés français ont inscrit  « l’urgence écologique et climatique » dans le projet de loi relatif à l’énergie et au climat, lors de son examen en commission.

Les députés décrètent l’urgence écologique : un signal d’accélération ?

C’est un symbole fort qui marque le début de la deuxième moitié du quinquennat d’Emmanuel Macron. En effet, les députés français ont inscrit, à l’unanimité, l’urgence écologique et climatique dans ce projet de texte(1).

Après le Royaume-Uni, sous la pression de la rue et des blocages du mouvement « Extinction Rebellion » puis l’Irlande, en mai dernier, la France est donc le troisième pays, en Europe, à légiférer sur le sujet, cette notion devant être introduite dès l’article 1 du texte.

La notion d’urgence devrait être désormais au coeur des politiques énergétiques. ©Stockr

« C’est une déclaration politique de considérer qu’on se situe dans une situation d’urgence », a réagi l’actuel ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

Les députés se sont également mis d’accord sur la définition de la neutralité carbone : « Un équilibre entre les émissions anthropiques et les absorptions anthropiques de gaz à effet de serre sur le territoire national, sans utilisation de crédits internationaux de compensation carbone ».

Un sentiment d’urgence à refléter

L’unanimité sur le sujet semble réelle. Quand Célia Delavergne, membre de la majorité LREM, parle logiquement d’un geste « à la fois symbolique et à la fois fort », Dominique Potier (PS) parle aussi de cap, de gouvernail pour les futures actions à mener.

Même Matthieu  Orphelin, proche de Nicolas Hulot et ayant quitté les rangs des « Marcheurs », parle d’un « appel à l’accélération ». Pour lui, « plus qu’un symbole, c’est un appel à renforcer très fortement les actions et à adopter une nouvelle grille de lecture de nos politiques publiques ».

De son côté, Laurence Tubiana, négociatrice pour la France durant la COP21, s’est réjouie de ce vote et a rappelé, dans un communiqué :  « Le pape et le secrétaire général de l’ONU ont tous deux déclaré que nous étions confrontés à une urgence climatique, il est donc bon de voir que le nouveau projet de loi français sur l’énergie et le climat reflète ce nouveau sentiment d’urgence ».

Des paroles et des actes

«  Ce sont des mots et ce qui importe, ce sont des actes », a toutefois tempéré François Ruffin (LFI) qui en a fait la preuve par l’exemple en tentant de faire adopter un amendement mettant  fin aux subventions aux énergies fossiles dès 2020. Pour l’ex-ministre de l’Écologie, Delphine Batho, cette disposition législative d’urgence économique et climatique n’a « aucune portée autre que symbolique ». Pour elle, « depuis des années dans le domaine de l’écologie, les mots sont repris mais pas les actes ».

La déclaration de cet état d’urgence était l’une des trois principales revendications d’Extinction Rebellion, un mouvement né outre-Manche en octobre dernier et qui s’est, depuis, exporté dans une cinquantaine de pays dont la France. Pour se faire entendre, il n’avait pas hésité à bloquer, pendant onze jours, plusieurs lieux clés de la capitale britannique : Marble Arch, Oxford Street, Picadilly Circus…

Illustration bannière : le fronton de l’Assemblée Nationale – © Jacky D / Shutterstock
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