La liquidation de 60 Millions de consommateurs actée

L’État met fin à l’Institut national de la consommation. Il ouvre une possibilité de vente pour 60 Millions de consommateurs.

Rédigé par , le 30 Mar 2026, à 10 h 20 min
La liquidation de 60 Millions de consommateurs actée
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La liquidation de l’Institut national de la consommation n’est plus une hypothèse. Elle est actée. Et avec elle, l’avenir de 60 Millions de consommateurs bascule dans une phase critique : celle d’une vente sous contrainte, organisée par l’État.

Institut national de la consommation : une décision politique assumée

Tout commence avec la loi de finances pour 2026. C’est elle qui tranche. Elle prévoit explicitement la dissolution et la mise en liquidation de l’Institut national de la consommation, selon Légifrance. Quelques semaines plus tard, le gouvernement met cette décision en application. Le décret publié le 29 mars 2026 au Journal officiel en précise les modalités. Son entrée en vigueur est fixée au 31 mars. À cette date, l’INC entre officiellement en liquidation.

La liquidation ne se traduit pas par une fermeture immédiate du magazine. C’est toute la subtilité du dispositif. Le décret prévoit la nomination d’un liquidateur, chargé de piloter l’ensemble des opérations. Il dispose d’un mandat de neuf mois à compter du 31 mars 2026, selon Légifrance.

Un délai de trois mois lui est accordé pour trouver un repreneur pour l’activité de presse. Pendant cette période, l’activité doit continuer. Le magazine n’est donc pas immédiatement arrêté. Il entre dans une zone intermédiaire : ni sauvé, ni condamné.

En revanche, le texte est explicite sur l’issue possible. Si aucune offre n’est jugée satisfaisante, le liquidateur pourra « mettre fin à cette activité », selon le décret publié sur Légifrance le 29 mars 2026. En clair, la disparition du magazine est une option pleinement prévue par le dispositif.

Pourquoi cette liquidation ?

Officiellement, la décision repose sur des arguments économiques. L’État met en avant la situation financière de l’INC. Selon Bourse Direct, l’établissement a enregistré un déficit de 719 000 euros en 2024 pour un chiffre d’affaires de 11,6 millions d’euros.

Mais la réalité est plus nuancée. L’INC serait revenu à l’équilibre en 2025, avec un bénéfice de 236 000 euros pour 11,9 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette amélioration alimente une critique directe de la décision : pourquoi liquider une structure qui venait de redresser sa situation ? Le coût même de l’opération renforce les interrogations. Le gouvernement estime la liquidation à environ 8 millions d’euros, selon La Gazette France. Les syndicats avancent une facture plus élevée, autour de 11 millions d’euros. À cela s’ajoute l’impact humain. Environ 60 salariés sont concernés par la procédure, selon La Tribune.

60 Millions de consommateurs trouvera-t-il un sauveur ?

Le gouvernement ne cherche pas à sauver l’INC. En revanche, il tente de préserver 60 Millions de consommateurs en organisant sa vente. Le message de l’exécutif est clair. Le ministère du Commerce affirme que le décret « acte la fermeture de l’INC » tout en promettant une « extrême attention » à la reprise du magazine, selon Bourse Direct. Il ajoute que « le choix du repreneur se fera dans l’intérêt du titre ». En théorie, les candidats peuvent être multiples : groupes de presse, associations, structures hybrides ou même reprise par les salariés. Mais en pratique, plusieurs obstacles se dressent.

D’abord, le temps. Trois mois pour structurer une offre solide, c’est très peu. Ensuite, la nature du titre. 60 Millions de consommateurs repose sur une crédibilité éditoriale forte, construite sur l’indépendance et l’expertise. Toute reprise devra préserver cet ADN. Enfin, le contrôle de l’État. Le futur repreneur devra convaincre non seulement sur le plan financier, mais aussi sur le plan éditorial et institutionnel.

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