Les éoliennes peuvent-elles changer le temps qu’il fait autour d’elles ?
Les éoliennes sont au coeur de la transition énergétique. Pourtant, ces installations peuvent-elles modifier la météo locale ? Pour y répondre, Météo-France et l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (Ifpen) viennent de lancer un vaste programme de recherche de cinq ans. Une initiative qui pourrait apporter des réponses sur les interactions entre les éoliennes et l’atmosphère.

Météo-France et l’Ifpen ont annoncé, le 11 juin 2026, la signature d’un accord-cadre de cinq ans consacré à l’étude des interactions entre les éoliennes et les conditions météorologiques locales. Cette nouvelle étape marque le prolongement d’une collaboration scientifique engagée dès 2015. Alors que le développement des éoliennes s’accélère en France et en Europe, les chercheurs souhaitent désormais mieux comprendre comment ces infrastructures influencent leur environnement immédiat.
Les éoliennes et la météo locale au coeur d’un programme inédit
Depuis plusieurs années, les scientifiques observent que les éoliennes ne se contentent pas de produire de l’électricité. En effet, leurs pales modifient les mouvements de l’air et génèrent des turbulences. Toutefois, l’ampleur réelle de ces phénomènes reste encore mal connue. C’est pourquoi le nouveau partenariat entre Météo-France et l’Ifpen prévoit d’étudier « l’interaction entre la couche limite atmosphérique et les éoliennes », selon le communiqué commun relayé par l’AFP.
Concrètement, les chercheurs chercheront à déterminer dans quelle mesure les éoliennes peuvent modifier localement le vent, la température, l’humidité ou encore la formation des nuages. Selon les informations publiées par l’Ifpen le 5 juin 2026, les travaux porteront notamment sur les effets dynamiques, comme la vitesse du vent et la turbulence, mais également sur les effets thermodynamiques, tels que la température et l’humidité près de la surface. Ces observations doivent permettre de mieux comprendre les interactions entre les parcs éoliens et leur environnement météorologique.
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Comment les éoliennes influencent déjà l’atmosphère
La question n’est pas totalement nouvelle. Plusieurs études scientifiques avaient déjà mis en évidence des effets mesurables autour des grandes fermes éoliennes. Ainsi, une recherche française publiée dans la revue Nature Communications montrait que les grandes installations pouvaient modifier localement la température et les précipitations. Selon le CNRS, cité à l’époque par l’AFP, « une augmentation significative des températures, en particulier la nuit » avait été observée à proximité de certains parcs éoliens.

Ces phénomènes s’expliquent notamment par le brassage de l’air provoqué par les pales. La nuit, les éoliennes mélangent davantage les différentes couches de l’atmosphère, ce qui limite le refroidissement naturel près du sol. Toutefois, les chercheurs soulignaient déjà que ces effets restaient essentiellement locaux et n’avaient pas d’influence significative sur le climat européen à grande échelle. Néanmoins, avec l’augmentation du nombre d’éoliennes terrestres et maritimes, les scientifiques jugent désormais nécessaire d’affiner ces connaissances grâce à des modèles plus précis et à des observations de terrain.
Les éoliennes face aux défis du changement climatique
Le programme de recherche ne se limitera pas aux effets des éoliennes sur la météo. Les chercheurs analyseront également l’impact du changement climatique sur la production d’énergie éolienne. Ce troisième axe de travail figure parmi les priorités définies par les deux établissements publics. Selon le communiqué relayé par l’AFP le 11 juin 2026, les équipes étudieront notamment l’évolution future de la ressource en vent.
Cette problématique devient essentielle pour le secteur énergétique. D’après l’Ifpen, les travaux devront permettre de mieux prévoir le potentiel de production des parcs éoliens dans un contexte climatique en mutation. Les chercheurs examineront également les effets de sillages entre éoliennes d’un même parc ou entre plusieurs installations voisines. Par ailleurs, les deux organismes disposent déjà d’outils avancés. L’Ifpen rappelle notamment que trois thèses ont été co-encadrées depuis le début de la collaboration et qu’un modèle atmosphérique baptisé Meso-NH/EOL reproduit désormais les interactions entre les parcs éoliens, la température et l’humidité dans diverses situations météorologiques.
Les recherches pourraient également bénéficier du projet OWWAAW, lancé officiellement le 26 janvier 2026 avec un financement de l’Agence nationale de la recherche. Ce programme de quatre ans vise à étudier les effets des parcs éoliens offshore sur la météo locale, l’acoustique et la biodiversité aérienne grâce à des mesures sur le terrain et à des simulations numériques de haute résolution. Les scientifiques disposent désormais d’un ensemble d’outils qui pourrait permettre d’apporter des réponses plus précises à une question longtemps débattue : jusqu’où les éoliennes influencent-elles réellement la météo qui les entoure ?
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