Le thorium, 1000 ans de ressource énergétique  ?

Qu’est ce que le thorium ? Dans quelle mesure le thorium et les réacteurs à sels fondus peuvent-ils constituer une filière énergétique d’avenir ? Dans le cadre de la série d’articles de consoGlobe.com sur les ressources naturelles, découvrez ce minerai qui pourrait être le futur de l’énergie nucléaire.

Rédigé par Jean-Marie, le 7 Mar 2014, à 14 h 17 min

 Les réacteurs au thorium ne sont pas pour demain

La production d’énergie à grande échelle avec du thorium est compliquée car il possède un inconvénient majeur : il n’est pas naturellement fissile contrairement à l’uranium 235.

Il faut qu’il absorbe d’abord un neutron afin de produire la matière fissible, l’uranium 233, nécessaire pour enclencher une réaction en chaîne dans un réacteur. Pour amorcer un cycle thorium, il faut donc de l’uranium ou du plutonium, ce dernier, rare dans la nature, étant presque exclusivement produit par l’activité des centrales nucléaires actuelles.

Un cycle nucléaire moins polluant avec du thorium

Ce qui fait l’intérêt de son utilisation, c’est que le  cycle du combustible nucléaire fondé sur le thorium minimise les déchets. La plupart des déchets radioactifs produits ainsi ont une demi-vie de moins de 50 ans, ce qui est fort attractif !

réacteur sels fondus thorium

Un réacteur à sels fondus qui fonctionne au thorium © Oak Ridge National Laboratory – flickr

L’autre avantage déterminant réside dans la température de fonctionnement du réacteur au thorium à environ 650°C. À cette température, on obtient tout de même un bon rendement thermique des systèmes de conversion / production d’énergie comme, par exemple, des turbines à gaz.

Plus sûr, très compétitif sur le papier, assuré d’un carburant quasi illimité, ce type de réacteur n’est pourtant financé pour l’instant que par la Chine et l’Inde.

En France, pas grand chose. Il y a bien un programme européen qui associe EDF et le CNRS, en vue de tester un démonstrateur de réacteur au thorium d’ici quinze ans. Bref, aucun déploiement industriel n’est sérieusement envisagé avant 2040. Pourtant, il se pourrait que les choses accélèrent car de plus en plus d’industriels remettent les recherches sur le thorium à l’ordre du jour.

Areva et Solvay misent sur le thorium

Le groupe français et le groupe belge viennent en effet de passer un accord pour mener ensemble un programme de recherche et développement qui étudie l’exploitation du thorium, notamment comme combustible dans les centrales nucléaires, en complément de l’uranium et du plutonium.

Inde, Chine, Norvège, Japon, dans la course au thorium

En 2013, le gouvernement chinois a annoncé vouloir investir 350 millions de dollars et embaucher 140 ingénieurs pour développer la filière thorium à fluorures fondus. 600 autres ingénieurs vont également travailler sur le sujet à l’Institut de Physique Nucléaire Appliquée de Shanghaï. L’Inde mise à fond sur la filière, et la Norvège ainsi que le Japon se sont lancés dans la course.

Le thorium, s’il ne va pas bouleverser une industrie qui a misé sur l’uranium, peut pourtant aider à mener la filière vers un atome plus vert ; ce qui serait un atout bienvenu alors que les pressions des écologistes se font plus fortes en défaveur du nucléaire.

Références :
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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

8 commentaires Donnez votre avis
  1. Le réacteur au thorium c’est possible, mais on l’a ignorer au profit des réacteurs à eau pressurisée pour pouvoir fabriquer les plutoniums des bombes atomiques

  2. c dla merde votre thorium

  3. Simple profane, je pense néanmoins que le Thorium sera à moyen terme l’énergie du futur ! Mais, « comme toujours » les intérêts financiers veillent au grain, car l’orientation vers cette filière thorium risque de remettre en cause toute une organisation qui tire d’énormes profits pétrolier ! Il s’agirait donc d’une véritable révolution technologique qui, comparativement à notre environnement actuel( production d’énergie à partir des centrales atomiques à l’uranium) présenterait une sécurité absolue de fonctionnement ! De plus, les réacteurs au thorium peuvent être miniaturisés à la grosseur d’un conteneur , chaque ville et bourgade auraient la possibilité de produire l’électricité de son secteur ! donc en multipliant les sources de production d’énergie notre pays serait moins vulnérable en cas de conflit ! Notre pays a été en quelque sorte précurseur dans la production d’énergie par le nucléaire , il serait dramatique d’être à présent bon dernier en refusant de prendre  » le train Thorium  » ! D’où la nécessité absolue d’avoir à la tête du pays des élites politiques capables de relever le défit !!

  4. On trouve le thorium dans différents minéraux, mais le plus simple à exploiter est la monazite (phosphate de terres rares et de thorium). Cette monazite est exploitable à partir de concentrations naturelles dans des placers (sables de plages ou autres). Par simple gravité on peut donc extraire la monazite le plus souvent associée à l’ilménite, le rutile et le zircon.

  5. Bonjour,

    Malheuresement ce n’est pas aussi simple.
    Le thorium nécessite d’etre extrait de la terre, ce qui consomme beaucoup d’énergie, essentiellement sous forme de pétrole dans les tracteurs et machines qui reclent la Terre. Or, si il n’existe plus de pétrole alors ce Thorium ne pourra jamais etre extrait de la terre et donc ne pourra jamais finir dans une centrale électrique.

    • @E , relisez l’article :
      « 8 500 tonnes sont de thorium ont été répertoriées en France, de quoi alimenter le pays en électricité pendant 190 ans(3)
      (3) AREVA, le CEA et Rhodia sont propriétaires d’environ 8 500 tonnes de thorium, sous forme de nitrate et d’hydroxyde. Ces matières sont entreposées sur les sites de La Rochelle (environ 6 200 tonnes) et de Cadarache (environ 2 300 tonnes). Source : //energieduthorium.fr/2013/06/08/la-reserve-francaise-de-thorium/.
      Donc aucune exploitation minière, au moins pendant 190 ans !

    • et l’uranium il est extrait comment ? Que deviennent les mineurs qui travaillent sans protection, en Afrique ?

  6. c’était possible déjà avant 1970 – selon le professeur Edgard Nazare – trois savants dans le monde avaient travaillé sur le thorium, un américain, un japonais et un français, le professeur Edgard Nazare lui-même – pourquoi ne les a-t-on pas écoutés ? Facile à deviner

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