Jeux olympiques et environnement : Rio ne répond plus

Rio de Janeiro prépare activement l’arrivée de ses premiers Jeux Olympiques, dans moins d’un mois. Si la ville est presque prête pour le début de la compétition, elle a largement laissé de côté son aspect environnemental.

Rédigé par Pauline Petit, le 9 Jul 2016, à 20 h 00 min

La frénésie de la ville de Rio de Janeiro a augmenté en 2016 avec la préparation des travaux pour les Jeux olympiques. À moins d’un mois de l’ouverture, la ville semble presque prête à accueillir la compétition internationale.

Un aspect semble toutefois avoir été mis entre parenthèses dans la préparation de la compétition : l’environnement. Les nombreuses promesses formulées par le comité d’organisation sont restées lettre morte. Revue des engagements et de leurs (non)-réalisations.

Aucun des engagements environnementaux n’a été tenu pour les jeux de Rio

Le Comité olympique organisant les Jeux Olympiques de Rio s’était engagé sur plusieurs objectifs environnementaux, parfois nécessaires pour le déroulement des compétitions : la dépollution de la baie de Guanabara, celle des lacs de Jacarepagua et de Rodrigo de Freitas  ainsi que la replantation d’arbres pour permettre une compensation carbone de l’événement. Aucune de ces promesses n’a été tenue.

À l’inverse, au lieu d’améliorer la ville d’un point de vue environnemental, certaines infrastructures ont même contribué à détruire certaines zones protégées.

Des compétitions de voile au milieu des déchets dans la baie de Guanabara

La baie de Guanabara borde la ville de Rio de Janeiro. Loin des cartes postales, cette baie est un égout à ciel ouvert pour les 9 millions de personnes qui habitent en amont de la baie. L’organisation des Jeux Olympiques était un argument pour améliorer le traitement des eaux usées, en débat depuis le milieu des années 1990. Or les travaux d’amélioration n’ont pas avancé de moitié et la baie se trouve toujours dans un état de pollution inquiétant.

baie guanabara polluée

La pollution dans la baie de Guanabara ©Agência Brasil / CC 3.0

Les compétitions de voile sont prévues dans la baie de Guanabara. Or les athlètes sont préoccupés par l’état de l’eau. Lors des tests de navigation les mois précédents, les navigateurs ont trouvé de nombreux débris flottants et des cadavres d’animaux. « Nous avons effectué deux séances d’entraînement jusqu’ici, et rencontré beaucoup de bouteilles et de sacs plastique. Hier, nous avons vu un cadavre de chien », a indiqué Mathew Belcher, champion olympique australien à RTL.

La situation reste préoccupante, et ces derniers jours, on a même vu apparaître sur la baie, une épaisse nappe d’huile qui colle à la coque des bateaux. Pourtant, les autorités affirment que les eaux sont propres à la navigation.

Des poissons morts dans le lac baignant le village olympique

Deux promesses avaient été faites concernant les lacs de Rio. En 2009, lors de l’attribution des Jeux à la ville, l’organisation avait souhaité rendre les eaux de la mythique Lagoa Rodrigo de Freitas, qui borde les quartiers chics de la ville, propres à la baignade. Aujourd’hui, il n’en est rien et son eau est toujours aussi polluée.

Même si la qualité des eaux s’est un peu améliorée, l’eau est toujours impropre à la baignade et les objectifs du comité olympique ont été revus à la baisse : il s’agit à présent d’atteindre un niveau de pollution assez bas pour autoriser les compétitions d’aviron et de canoë qui auront lieu dans ce cadre.

lac rodrigo de freitas

Le lac Rodrigo de Freitas accueillera des compétitions d’aviron ©Halleypo – Wikimedia Commons

De même, le lac de Jacarepagua, qui borde le village olympique, est lui aussi dans un état de pollution inquiétant. En septembre dernier, plus d’une tonne de poissons avaient été retirés morts du lac, asphyxiés à cause d’un manque d’assainissement des eaux.  « Le lac n’est même plus un égout à ciel ouvert, c’est un tombeau. Il faut prier pour qu’il ne pleuve pas, qu’il n’y ait pas de vent, pour que les gaz toxiques soient éliminés de l’intérieur du lac et qu’ils ne génèrent pas une surmortalité des poissons », dit le biologiste Mario Moscateli au journal Folha de São Paulo. 

Le drainage et l’assainissement du lac, ainsi que l’installation de stations de traitement des eaux, n’ont pas été réalisés à cause d’un manque de budget. Pire, jusqu’à aujourd’hui, les installations du parc olympique qui jouxtent le lac n’ont pas prévu de système de récupération des eaux usées. Le comité s’engage toutefois à remédier à cette situation d’ici au début de la compétition.

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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. en tous cas, il ne faut absolument pas “boire la tasse” car même s’ils avaient réalisé les stations d’épuration des eaux usées classiques (qui auraient pourtant grevé leur budget de plusieurs milliards d’€uros …sans compter, par après, les frais annuels exorbitants de “gestion’ des boues !) Celles-ci laisseraient quand même filer des nitrates, des phosphates, et pire encore, tous les résidus de pesticides, médicaments, perturbateurs endocriniens, conservateurs, ….contenus dans les eaux fécales. Un sacré cocktail …comment des “responsables” peuvent-ils exiger et cautionner une telle initiative…..???

    Puisqu’il s’avère que ces problèmes majeurs de salubrité publique et de protection de l’environnement sont “insolubles” avec le “système en vigueur” actuellement, ne pensez-vous pas qu’il est plus que temps d’en changer ? Si vous voulez vraiment y remédier, je vous invite à prendre le temps de visionner cette vidéo jusqu’au bout http://bonne-eau-bonne-terre.over-blog.com/article-la-fin… Je reste à disposition pour tout renseignement complémentaire par courriel francis.busigny@laposte.net…À bientôt ?

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