Comment influer la gouvernance des entreprises grâce à son épargne ?

Mettre son épargne au service de la transition et de l’économie de demain vous tente ? Pour placer son argent dans des fonds qui, au-delà des critères financiers classiques, prennent aussi en compte la gouvernance et le comportement des entreprises dans les domaines social et environnemental, l’ISR est fait pour vous…

Rédigé par Ecofi, le 12 Nov 2020, à 8 h 00 min

Si, en tant qu’investisseur, vous êtes particulièrement concerné par les engagements des entreprises sur ses enjeux Environnementaux et Sociaux, leurs actes en matière de Gouvernance ne doivent pas être négligés pour autant ! Aujourd’hui confrontées à des amendes de plus en plus lourdes et à des risques de réputations accrus par la diffusion exponentielle de l’information, la pérennité et la crédibilité de l’entreprise, et donc ses performances, sont aussi en lien avec des mauvais comportements en termes de responsabilité fiscale, de rémunération des dirigeants ou d’équilibre des pouvoirs.

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la gouvernance des entreprises

En exigeant davantage de transparence, d’intégrité et de sincérité dans les informations fournies et un meilleur comportement des instances dirigeantes des entreprises, une société de gestion d’actifs ISR contribue en effet non seulement à améliorer la clarté et la rationalité des décisions d’investissement ou de vente de titres par les investisseurs, mais aussi à une meilleure valorisation des sociétés dans une vision de long terme.

Petit rappel : l’ISR c’est quoi ?

En finance, l’Investissement socialement responsable ou ISR désigne une méthode de sélection d’entreprises cotées en Bourse non seulement en fonction de leur performance financière, mais aussi de leurs performances sur les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).
Les placements financiers ISR les plus exigeants excluent également en amont des secteurs – comme le tabac ou l’alcool – et dialoguent avec les entreprises pour les influencer.

L’ISR est donc un levier d’action concret pour les épargnants responsables qui souhaitent contribuer à créer une économie respectueuse des personnes et de l’environnement.

Exiger l’équilibre des pouvoirs, encourager la transparence et l’équité

L’équilibre des pouvoirs est essentiel pour qu’une entreprise marche sur ses deux pieds. En effet, un pouvoir trop centralisé met en risque l’entreprise.

L’indépendance et la diversité du Conseil d’administration sont aussi des critères importants à regarder, car c’est souvent un facteur de performance et d’innovation de l’entreprise.

Il est essentiel pour analyser l’entreprise que la société de gestion scrute les faits plutôt que les discours. De cela dépend la crédibilité de sa démarche pour des placements alliant performance financière et respect de l’Humain et de la planète. Ainsi, des indicateurs comme celui sur la représentativité des femmes aux postes d’encadrement peuvent être disponibles sur les reportings des placements.

La transparence et l’équité des rémunérations des dirigeants et des administrateurs sont aussi des sujets à saisir.

Lors des assemblées générales, chaque société de gestion qui possède une part de l’entreprise en action peut effectuer un vote d’opposition à une résolution. Une société de gestion a donc le pouvoir de s’exprimer en votant « contre ». Toutes ne le font pas, et le niveau d’exigence n’est pas toujours le même.
Ainsi, lorsqu’il existe une distorsion forte de rémunération d’un dirigeant par rapport à leur secteur ou à la moyenne des salaires dans l’entreprise ou qu’ils sont décorrélés de la performance réalisée, il semble importun de s’opposer à la résolution… De même, par exemple, lors du renouvellement des votes des administrateurs, dans des sociétés impliquées dans des controverses très graves (corruption, atteinte aux droits humains, impact environnemental…) pendant leur dernier mandat.

Militer pour la responsabilité fiscale

Une entreprise qui ne s’engage pas pour la responsabilité fiscale prive non seulement son écosystème de sa contribution, mais est également susceptible d’être accusée et sanctionnée. Ce double risque de réputation et de pertes financières est suffisamment important pour regarder attentivement le comportement des entreprises dans lesquelles investir.
De même les entreprises qui font face à de fortes controverses sur l’éthique des affaires, peuvent rentrer dans des zones de turbulences, être possiblement boycottées par les consommateurs et interpelées par la justice… Mieux vaut donc les exclure des portefeuilles !

Encore trop peu de sociétés de gestion écartent en amont de leur processus les entreprises dont le siège social est enregistré dans un paradis fiscal. Et quand c’est le cas, le périmètre de ce que l’on nomme « paradis fiscal » n’est pas toujours très large. Or cette pratique est très vivement critiquée et source de risques accrus.

Un autre point à prendre en compte dans l’analyse de l’entreprise pour comprendre sa démarche et s’assurer de sa transparence en matière de responsabilité fiscale, c’est de vérifier qu’elle publie un reporting pays par pays.

Le vote et le dialogue, un acte engagé pour agir ?

L’engagement actionnarial auprès des émetteurs – que ce soit à travers le vote aux assemblées générales ou le dialogue engagé avec ces entreprises – constitue un moyen essentiel de défense de l’intérêt à long terme des clients et de responsabilisation des entreprises.

Voter de manière systématique est le devoir de tout investisseur responsable © koonsiri boonnak

Voter de manière systématique est le devoir de tout investisseur responsable. En effet, en tant que copropriétaire d’une partie de l’entreprise à travers les actions, nous devons avoir une démarche active aux assemblées générales, en faisant valoir notre vote d’opposition sur les résolutions à l’ordre du jour.
Les résolutions d’actionnaires minoritaires permettent également de mettre à l’agenda d’autres sujets. Il est ainsi parfois intéressant de rester actionnaire d’une entreprise – même de manière minoritaire – pour l’interpeller et l’influencer pour améliorer ses pratiques.

Certaines entreprises pétrolières peuvent par exemple être sur le chemin de la transition énergétique – en faisant passer leur business model de l’industrie pétrolière aux énergies renouvelables – avec des moyens colossaux pour y arriver, mais sur une trajectoire beaucoup trop lente. Être actionnaire peut permettre de les « challenger » sur ce sujet.

Qu’il soit individuel ou collectif, le dialogue est lui aussi indissociable de l’investissement socialement responsable.

Il a pour volonté de faire bouger les entreprises sur leur responsabilité, en augmentant la transparence et en les incitant à adopter les meilleures pratiques.
La démarche d’une société de gestion doit privilégier le dialogue constructif avec les dirigeants et les experts des sociétés cotées françaises et étrangères dans lesquelles elle s’investit. Ainsi, au-delà des discours et des grandes déclarations, il s’agit d’interpeller les entreprises sur la manière dont elles s’impliquent auprès de toutes leurs parties prenantes – collaborateurs, fournisseurs, clients…

Les gérants doivent être impliqués dans ce dialogue, souvent nécessaire pour affiner leur connaissance à 360 degrés de l’entreprise. Ce qui compte, c’est la capacité de l’entreprise à s’approprier les sujets, et à mettre en place des actions concrètes pour progresser sur ces enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance.

Société de gestion, Ecofi considère que les 3 piliers de l’ISR – l’environnement, le social et la gouvernance – doivent être considérés à égalité pour sélectionner de manière rigoureuse les entreprises de croissance durable et proposer aux épargnants des placements qui allient performance financière et respect de l’Humain et de la Planète.
Concernant l’analyse de la gouvernance, Ecofi fait partie des sociétés de gestion qui excluent en amont de tout investissement les entreprises qui ont leur siège social dans un paradis fiscal, avec une vision large de ce qu’est un paradis fiscal puisque cela concerne plus de 60 pays.

Ecofi est aussi très actif dans son engagement actionnarial, indissociable pour elle de l’analyse ISR, avec 43 % de vote d’opposition, un pourcentage bien supérieur à la moyenne des sociétés de gestion (20 % – source AFG, rapport 2018)

>>> Découvrez tous les engagements d’Ecofi

Ecofi - Expert finance durableIllustration bannière : L’épargne en toute confiance avec l’ISR : la finance devient un levier pour agir © loreanto
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