Interdiction de 3 pesticides : les abeilles sont-elles gagnantes ?

Rédigé par Jean-Marie, le 30 Apr 2013, à 17 h 27 min

Les agriculteurs et cultivateurs peu enthousiastes

C’est malgré l’absence d’un consensus entre les grands pays européen qu’a été votée l’interdiction par la Commission européenne de l’usage de ces trois néonicotinoïdes

Le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France, qui réunit des producteurs conventionnels et biologiques, cette interdiction est « le résultat d’un lobbying démagogique et effréné d’associations environnementalistes. Celles-ci se sont lancées depuis de nombreuses années dans un combat idéologique au dépend de l’agriculture et de l’environnement« .

L’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) et l’Union des associations des céréaliers (Orama)(1) font part de leurs doutes  et soulignent  « le défaut de preuves irréfutables et le refus de reconnaître des causes multifactorielles à la mortalité des abeilles risquent de se traduire, de fait, par une nouvelle utilisation excessive du principe de précaution ». L’Orama ajoute que la nouvelle interdiction « aggraverait la situation des producteurs de grandes cultures en France, déjà affectés par la suspension du thiametoxam sur colza l’été dernier« , explique Orama.

La lutte contre les nuisibles handicapée

Les cultivateurs rappellent qu’ils  font face depuis  quelques années, les producteurs doivent faire face à une recrudescence de pucerons lanigères. Pour lutter contre ce ravageur, l’administration française avait autorisé l’usage de deux produits à base des néonicotinoïdes la clothianidine et le thiaméthoxame, qui plus est en période post-floral.

Ceux-ci avaient un avantage écologique incomparable : une très faible toxicité vis-à-vis de l’Aphelinus mali, micro-hyménoptère prédateur des pucerons lanigères et donc outil naturel de contrôle. Demain, les producteurs n’auront accès qu’à un seul produit : celui-ci doit être utilisé impérativement très tôt en saison et donc sans une évaluation du développement du prédateur.

Contrairement à la position exprimée par le Ministère de l’agriculture se réjouissant de l’interdiction des trois néonicotinoïdes incriminés (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame), le Collectif Sauvons les fruits et légumes de France s’inquiète fortement des conséquences de leur interdiction sur la compétitivité des arboriculteurs.

Il souligne que des progrès à faire pour la filière apicole européenne : moins de 50 % des ruches françaises ont un traitement homologué contre le varroa (cause de mortalité n°1 des abeilles selon l’ANSES*). En cause également, le manque de ressource florale.

Conclusion  : cette interdiction est un grand progrès, une avancée qui devenait urgente face à l’effondrement des populations d’abeilles. Mais il faut être attentifs à 3 points :

  • Seules 3 substances toxiques sont interdites mais que faire pour les autres toxiques qui sont également co-responsables de la mortalité des abeilles ?
  • L’apiculture européenne manque encore de données précises sur la réalité sanitaire des colonies d’abeilles : on ne connait pas avec certitude la responsabilité des différents facteurs nocifs dans la mortalité des abeilles.
  • L’interdiction de deux ans risque d’être trop courte car ces pesticides sont persistants et il faudrait des années avant qu’ils ne disparaissent tout à fait des sols :  on risque de ne pouvoir tirer de conclusion claire de cette interdiction qu’il eut mieux valu étendre à une plus longue période.

 *

(1) La branche spécialisée de la FNSEA, principal syndicat agricole français.

Je réagis

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

13 commentaires Donnez votre avis
  1. Cette catastrophe écologique devraient alerter encore une fois les autorités internationales mais une interdiction de 2 ans sera trop courte et une fois de plus, c’est l’industriel qui gagne face à la nature jusqu’à ce qu’elle reprenne ses droits, alors surviendra la disparition des abeilles et de l’espèce humaine.

  2. Quels sont ces 3 noms de pecticides?

  3. Qu’on soit obligé de se battre pour avoir le droit de respirer un air non empoisonné, de boire une eau non polluée, de manger une nourriture non contaminée, est déjà fabuleux. Pourquoi hésite-on à envoyer ces assassins au pilori alors qu’on n’a aucun scrupule à punir sévèrement les voleurs de pommes ?
    Je sais, Monsanto est devenu une insulte, mais ça ne suffit pas: au-lieu de poser des bombes pour tuer les honnêtes gens, messieurs les terroristes, allez donc en poser chez les empoisonneurs publics. Mais voilà, ceux-là se défendent bien et vous n’avez pas les c. de vous en prendre aux vrais ennemis de l’humanité. La cupidité et la veulerie nous empêchent de réagir, alors ne pleurons pas sur notre sort.

  4. je suis stupéfait par la totale desinformation dont temoignent les « savants » commentaires émis ,,
    pas un mot sur les pertes de cultures non protégées , sur les usages très bien connus des utilisateurs ,
    ni sur les nombreuses causes de mortalité des abeilles ,,,,dont les importations hasardeuses ,
    Il y a de l’ avenir pour des leçons de morale ,,,de bon sens et de veritable information , mais , hélas ,
    il y a une surdité grave envers la Science , la Recherche ,et la realité des productions alimentaires ,!!!!

  5. Trop facile de dire « on ne leur apprend pas que c’est toxique » ! Si les agriculteurs savent lire et s’ils ont une cervelle, ils n’ont qu’à se documenter sur le problème et actuellement, c’est beaucoup plus facile car on trouve des renseignements et des analyses à peu près partout. Il y a 40 ans, j’avais été capable à 17 ans de me documenter sur la pollution alimentaire, sur les pluies acides en Forêt Noire, etc. Alors tant pis pour eux, ils n’ont qu’à faire le bon choix !

  6. seulement 2 ans et 4 cultures ??? et le reste ? les vignes, les arbres fruitiers, les autres céréales je ne suis pas convaincue qu’au bout du compte ce soit suffisant mais c’est peut être un début et je confirme je suis dans le Vaucluse et tres peu de paysans se protègent lorsqu’ils sulfatent ou traitent ^-^

  7. Pourquoi cette retenue pour l’interdiction de ces pesticides ?uniquement parce que c’est une question de gros sous !!tant pis pour les abeilles et pour les humains seul compte le sacro-saint « POGNON »

    • Eh oui, nous vivons dans une société monothéiste dont le seul dieu est l’ARGENT !

  8. les pesticides tuent les abeilles ect…
    mais les gros céréaliers viticulteurs arboriculteurs passent pour certain l’arme a gauche et j’espère qu’ils continueront a engraisser les POMPES FUNèbres qu’ils traitent quèils traitent…puisque pour eux ils n’y a pas d’autres alternatives!

  9. C’est un bon début vers une économie durable !

  10. Etrang article que celui-ci qui, jusqu’au début de la conclusion semble faire l’apologie de la chimie, répétant l’avis d’union qui n’ont que le nom pour prétendre protéger les plantes!

  11. Le chemin du  » tout poisons » ( car rappelons-le, un agriculteur qui répand un produit, protégé comme un astronaute, et qui meurt à 45 ans d’un cancer, utilise du poison ,toutes marques confondues), vers le  » sans poisons, sera long et difficile.
    Mais c’est la seule voie possible.
    Cela laisse un potentiel d’avenir et d’emplois immense.

    • Je ne connais aucun agriculteur qui répande ses produits protégé comme un astronaute, mais peut-être est-ce le cas des vignerons ?
      Ils répandent la plupart du temps leurs produits « à l’abri » dans leur cabine de tracteur (pour peu que les vitres soient fermées…), mais le nombre d’agriculteurs qui prennent des précautions particulières doit être proche de zéro (je n’en ai en tout cas jamais vu).
      On ne leur apprend pas que c’est toxique, ce n’est pas le rôle des lycées ni des publications agricoles, leur but est au contraire de leur faire acheter un maximum de saloperies, afin qu’un maximum de gens soient malades, dépendants.
      Comme l’avait compris un jeune agriculteur qui se mourait du cancer, les produits l’avaient rendu malade, maintenant les mêmes produits (les mêmes labos) prétendaient le guérir, ils étaient gagnants sur toute la ligne et, lui, était victime sur toute la ligne.
      Un autre gros intérêt des pesticides est qu’ils affaiblissent aussi sur le plan intellectuel, les enfants d’agriculteurs souffrent plus que la moyenne de retard mental (études du professeur Sultan), et il est des plus intéressant pour un État d’avoir une population vulnérable et malléable sur tous les plans (physique, intellectuel, moral, spirituel…).

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