Une gigantesque réserve marine aurait pu voir le jour en Antarctique !

Nos mers et nos océans sont surexploités depuis trop longtemps maintenant. La protection des espèces marines devient un enjeu majeur du maintien de la biodiversité planétaire, et pourtant…

Rédigé par Julien Hoffmann, le 19 Nov 2018, à 14 h 20 min

Plus de 10 % des habitants du globe vivent directement de l’exploitation des ressources marines et l’apport en protéines de près de 3 milliards d’êtres humains dépendent de la pêche. Voilà une excellente raison de protéger nos mers et nos océans !

La mer de Weddell restera sans protection : les discussions pour la création d’une réserve marine ont échoué

Projet porté principalement par l’Allemagne, cette réserve aurait été située en plein coeur de la mer de Weddell entre l’Antarctique et le sud de l’océan Atlantique. Avec une surface totale de 1.8 million de kilomètres carrés, elle aurait dépassé les 1,51 million de kilomètres carrés de la réserve américaine de Papahanaumokuakea, qui reste de fait la plus grande réserve marine du monde.

Le saviez-vous ?

Sur Terre, c’est en Afrique que se situe l’actuelle plus grande réserve au monde qui compte 520.000 kilomètres carrés et se réparti entre 5 pays : l’Angola, la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie. On y trouve 3.000 variétés de plantes, 600 espèces d’oiseaux et pas moins de 45 % de tous les éléphants d’Afrique.

Sur cette surface de près de 3 fois la France en Antarctique, des milliers d’espèces marines auraient pu être protégées, sans même compter toutes celles que l’on n’a pas encore découvertes !

Y auraient ainsi été « épargnés » de l’activité humaine, 12 espèces de baleines, le krill, des éponges, 6 espèces de phoques, le manchot Adélie, une colonie de manchots empereurs et bien d’autres pour un total approximatif de 10.000 espèces.

Colonie de Manchots Adélie © robert mcgillivray

3 pays sur 25 ont fait échouer la création de cette réserve

La Norvège, la Chine et la Russie ont fait blocus sur la décision de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) de créer cette réserve. Les 22 autres pays, dont la France, étaient pourtant favorables.

Pêche ou encore exploitation des ressources ont été les causes d’un tel échec car des enjeux économiques importants pèsent dans la balance de ces pays. À noter tout de même que ces trois pays ont tout fait – et ont réussi – pour ne pas débattre des arguments scientifiques pour la création de cette réserve.

En France, 275.000 personnes avaient signé la pétition pour la création de cette réserve, et 2,7 millions à travers le monde en ont fait autant !

Vers une réserve Antarctique globale ?

En réalité, ce projet de réserve faisait (fera à nouveau ?) écho à une autre réserve déjà en place celle-ci. En effet une autre gigantesque réserve de faune sauvage a déjà été créée en 2016 dans la mer de Ross couvrant la modique surface de 1.5 million de kilomètres carrés. La mer de Ross étant située… de l’autre côté, à l’est, de l’Antarctique.

Lire aussi : Le plus grand sanctuaire marin du monde est créé en Antarctique

Grâce au protocole de Madrid, signé par la communauté internationale en 1991, le continent Antarctique est désigné « réserve consacrée à la paix et à la science ». Ce protocole a été augmenté de tout un volet environnemental qui en a également fait une réserve naturelle à peu de chose près.

Avec la multiplication de la création de réserves naturelles marines tout autour du continent, peut-être arriverons-nous bientôt à en faire un gigantesque lieu de préservation des espèces. On espère  en tout cas sincèrement que ce projet-ci sera à nouveau proposé !

Illustration bannière : Baleine en Antarctique – © MZPHOTO.CZ
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