Eel Energy : une hydrolienne ondulante pour produire de l’électricité

Une start-up française, Eel Energy, a imaginé une hydrolienne d’un nouveau genre, fondée sur une membrane ondulante inspirée du mouvement des anguilles dans le courant.

Rédigé par Paul Malo, le 9 Mar 2019, à 10 h 25 min

La force des mers vaut bien celle des vents ! Aux côtés des éoliennes, les hydroliennes, elles aussi, transforment la force des courants en énergie.

Eel Energy – Une anguille en fibre de verre

Une start-up française, Eel Energy, est quasiment prête à produire une hydrolienne d’un tout nouveau type : c’est en ondulant et non en tournant qu’elle génère du courant(1). Son nom anglais, Eel (qui signifie anguille) est en soi assez explicite quant à son fonctionnement : tel le poisson, elle repose sur une membrane innovante qui est fixée à un support en acier immergé et contrainte par deux barres d’acier. Comme l’anguille, cette membrane ondule au gré du courant.

La membrane ondulante d’Eel Energy a été conçue dans les locaux de l’Ifremer de Boulogne-sur-Mer/Capture d’écran Youtube

Initialement réalisée en carbone époxy, la membrane biomimétique inspirée de la nage des poissons est désormais fabriquée en fibre de verre. Cette membrane fait ainsi monter et descendre un axe qui va actionner une génératrice de courant.

Une idée testée… dans la baignoire !

L’inventeur de cet engin, Jean-Baptiste Drevet, s’est inspiré du modèle du drapeau flottant au vent. Il a par ailleurs déjà imaginé la technologie des membranes ondulantes utilisées dans les pompes cardiaques CorWave, qui permettent d’obtenir un flux sanguin naturel. Mais ici, l’idée va à l’inverse : c’est le fluide qui actionne la pompe.

Pendant des mois, l’inventeur a testé son idée… dans sa baignoire ! Avant de trouver les investisseurs pour créer Eel Energy en 2011. Car, au-delà d’une fausse simplicité apparente,  la mise au point de ce prototype a nécessité pas moins de sept ans d’ingénierie.

À quand la production en série de ce nouveau genre d’hydrolienne ? /Capture d’écran Youtube

Cette façon tout à fait originale de produire de l’énergie devait aussi et surtout permettre de le faire à un coût viable. En effet, une telle hydrolienne coûterait 30.000 euros pour une puissance de 2 à 3 kiloWatts, à même d’alimenter une dizaine de foyers. Le coût de l’électricité produite est inférieur à 150 euros le MégaWatts/heure, et ce avant même les gains que l’on serait en droit d’attendre d’une future  production en série.

À titre de comparaison, le coût de l’énergie solaire ou éolienne oscille entre 50 et 70 euros / MWh, tandis que celui du nucléaire produit par un EPR coûte environ 100 euros  / MWh.

Une commercialisation pour fin 2019

Eel Energy teste désormais son nouveau prototype d’hydrolienne à l’Ifremer. Le premier prototype commercial vient d’être testé avec succès à Boulogne-sur-Mer. L’objectif de la start-up  : une arrivée sur le marché de l’électricité renouvelable à la fin 2019.

Une nouvelle hydrolienne devrait être expérimentée en mer, cette fois dans la rade de Brest en mai prochain puis dans le canal du Nord d’ici à fin 2019. Le fait de connaître les horaires des marées présente par ailleurs l’avantage de pouvoir prédire avec exactitude l’énergie produite.

Fait rare :  le développement de cette nouvelle hydrolienne a reposé à 95 % sur des fonds privés. Eel Energy a déjà reçu une aide de 3,7 millions d’euros de la part de BPI France. Pour baisser encore le coût de revient de l’électricité produite, la société va maintenant demander un financement européen de 2 à 3 millions d’euros auprès du fonds Feder, via la région des Hauts-de-France.

Illustration bannière : Hydrolienne à l’essai – © Eel Energy/Capture d’écran Youtube
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. A noter que l’aide de la BPI sont des avances remboursables, aide appréciable car aucune autre banque ne prête de l’argent à cette maturité d’entreprise mais cela reste de la dette à rembourser!

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