Des rejets radioactifs détectés dans l’eau du robinet de certaines communes françaises

La présence de tritium, un déchet issu de la fission nucléaire, a été constatée dans le réseau d’eau potable servant à l’alimentation de 268 communes situées dans les bassins de la Loire, la Vienne et la Seine.

Rédigé par Anton Kunin, le 18 Jul 2019, à 11 h 40 min

En s’appuyant sur les données fournies par le ministère de la Santé, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) vient de publier une carte interactive de la pollution de l’eau du robinet au tritium.

Trois grands cours d’eau français pollués au tritium

L’eau du robinet est-elle contaminée par des déchets nucléaires ? Dans 268 communes de France (6,4 millions d’habitants), la réponse est oui. Bien que dans des proportions inférieures aux seuils réglementaires, l’eau du robinet y contient du tritium(1).

La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine © Fabianodp

Le tritium est un isotope de l’hydrogène, que rejettent les installations nucléaires sous forme liquide ou gazeuse. Très difficilement confinable, il traverse les métaux et le béton et s’écoule dans les cours d’eau. Et le traitement de l’eau dans les usines de potabilisation n’aide pas : le tritium intègre malgré tout le circuit d’eau potable, et donc sort de nos robinets.

Selon les mesures de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), trois cours d’eau français majeurs (la Seine, la Loire et la Vienne) sont tous les trois pollués au tritium. Dans la Seine, le tritium provient de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, tandis que le long de la Vienne et de la Loire sont en cause les rejets radioactifs des installations nucléaires d’EDF (Belleville, Dampierre, St-Laurent, Chinon et Civaux).

Lire aussi : La canicule menace-t-elle la sécurité des centrales nucléaires

Tritium : la concentration est très élevée à Châtellerault

Chacun des cours d’eau pollués se distingue par une particularité. La Vienne contient une concentration très élevée du tritium. À Châtellerault, par exemple, les 18 prélèvements effectués sur la période 2016-2017 ont donné une moyenne de 31 Bq/litre (alors même que le seuil maximum autorisé est de 100 Bq/litre).

Le long de la Loire, du tritium a été détecté dans l’eau potable de toutes les communes s’alimentant dans ce fleuve ou ses nappes sédimentaires. De grandes agglomérations sont concernées : Orléans, Blois, Tours, Angers et Nantes.

Les mesures effectuées par l’ARCO ont donné une moyenne de 31 Bq/litre dans le bassin de la Vienne © Egoreichenkov Evgenii

Quant à la Seine, ce bassin se distingue par un nombre très élevé de consommateurs concernés. La seule usine de potabilisation de Choisy-le-Roi, qui alimente en eau potable 56 communes de la banlieue Sud et Ouest de Paris, fournit de l’eau potable à 1,9 million d’habitants.

Elle produit environ 128.400.000 m3 par an d’eau potable, avec une concentration moyenne de 10 Bq/litre. Il n’est pas difficile de faire la multiplication pour arriver au chiffre de 1,3 TBq de tritium, distribués chaque année par cette seule usine. Cela représente tout de même 2,5 % des rejets de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.

Illustration bannière : Une main remplissant un bouteille d’eau potable -© Mark Halding
Références :
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. En France tous les médias montrent du doigt les pollueurs Allemands, Chinois et autres qui polluent avec leurs centrales au charbon mais aucune ne dénonce nos centrales Nucléaires qui polluent 1000 fois plus avec leurs déchets radioactifs qui mettent des siècles (pour ne pas dire des millénaires) avant de devenir inoffensifs……..

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