Microplastiques : un aliment fermenté limite leur accumulation selon une étude

Les microplastiques sont désormais présents partout : dans l’eau, dans l’air, dans certains aliments et même dans plusieurs organes humains. Pourtant, une étude scientifique récente ouvre une piste inattendue. Selon des chercheurs sud-coréens, le kimchi, célèbre spécialité fermentée de Corée, pourrait contribuer à limiter l’accumulation de ces particules indésirables dans l’organisme.

Rédigé par , le 22 Aug 2026, à 10 h 00 min
Microplastiques : un aliment fermenté limite leur accumulation selon une étude
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Une étude publiée dans la revue scientifique Bioresource Technology, est consacrée aux microplastiques et à leur élimination potentielle par certaines bactéries issues d’aliments fermentés. Les microplastiques préoccupent de plus en plus la communauté scientifique, car ils sont détectés dans le sang, les poumons, le cerveau ou encore les reins. Dans ce contexte, toute solution susceptible de réduire leur présence dans l’organisme attire naturellement l’attention des chercheurs.

Pourquoi le kimchi intrigue les chercheurs

Depuis plusieurs années, les spécialistes s’intéressent aux aliments fermentés pour leurs effets sur le microbiote intestinal. Le kimchi, élaboré à partir de légumes fermentés et riche en bactéries lactiques, fait partie des produits les plus étudiés. Or, selon l’étude publiée en 2026 dans Bioresource Technology, certaines de ces bactéries pourraient interagir directement avec les microplastiques présents dans le tube digestif.

Les chercheurs du World Institute of Kimchi ont notamment étudié une souche baptisée Leuconostoc mesenteroides CBA3656. D’après les résultats publiés dans Bioresource Technology en 2026, cette bactérie a démontré une capacité d’absorption des nanoplastiques atteignant 87 % dans des conditions de laboratoire. Même dans un environnement simulant l’intestin humain, elle conservait une efficacité notable. Selon les auteurs de l’étude, relayés par ScienceDaily le 18 mai 2026, cette propriété pourrait permettre de retenir une partie des microplastiques avant leur diffusion dans l’organisme.

Pot et bol de kimchi

Une bactérie issue du kimchi pourrait contribuer à piéger certains nanoplastiques.

Des résultats encourageants chez l’animal

Les chercheurs ne se sont pas limités aux expériences en laboratoire. Afin de mesurer l’impact réel de cette bactérie sur les microplastiques, ils ont également réalisé des essais sur des souris. Les résultats ont retenu l’attention de plusieurs médias scientifiques internationaux. Selon le World Institute of Kimchi, cité par Phys.org le 21 mars 2026, les souris ayant reçu la souche CBA3656 présentaient plus de deux fois plus de nanoplastiques dans leurs excréments que les animaux du groupe témoin. La bactérie favoriserait l’évacuation des particules plastiques via les selles plutôt que leur accumulation dans les tissus. Phys.org rapporte ainsi que « Une bactérie lactique isolée du kimchi pourrait favoriser l’élimination des nanoplastiques de l’organisme en s’y liant dans l’intestin. ».

Ces résultats rejoignent d’autres travaux publiés en 2025 dans la revue scientifique Nature Communications. Cette étude avait évalué 784 souches bactériennes différentes afin d’identifier celles capables d’agir sur les microplastiques. Les chercheurs avaient observé une augmentation de 34 % de l’excrétion des particules plastiques chez les animaux traités avec certaines souches probiotiques, ainsi qu’une diminution de 67 % des résidus présents dans l’intestin. Selon les auteurs, cette stratégie pourrait constituer une approche innovante face à la contamination croissante par les microplastiques.

Microplastiques : une découverte prometteuse mais encore incomplète

Malgré l’enthousiasme suscité par ces travaux, les scientifiques appellent à la prudence. Les données actuellement disponibles reposent essentiellement sur des expériences en laboratoire et sur des modèles animaux. Aucune étude clinique d’envergure n’a encore démontré que la consommation régulière de kimchi permet effectivement d’éliminer davantage de microplastiques chez l’être humain.

Cette réserve apparaît clairement dans plusieurs analyses publiées ces dernières semaines. Selon ScienceDaily le 18 mai 2026, les chercheurs considèrent que les résultats sont suffisamment solides pour justifier des essais chez l’homme, mais insuffisants pour formuler des recommandations médicales. De son côté, Bloomberg Opinion, relayé par Channel News Asia le 1er juin 2026, souligne que le kimchi ne constitue pas une solution miracle face à la pollution plastique mondiale. Le média rappelle que la réduction des microplastiques passe avant tout par la diminution de leur production et de leur dispersion dans l’environnement.

Le chercheur Se Hee Lee a néanmoins souligné l’intérêt potentiel de cette approche. « La pollution plastique est de plus en plus reconnue non seulement comme un problème environnemental mais aussi comme un enjeu de santé publique. », a déclaré le scientifique dans des propos rapportés par Delish le 24 mars 2026. Il a ajouté : « Nos résultats suggèrent que les micro-organismes issus d’aliments fermentés traditionnels pourraient représenter une nouvelle approche biologique pour répondre à ce défi émergent ».

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Rédactrice dans la finance, l'économie depuis 2010 et l'environnement. Après un Master en Journalisme, Stéphanie écrit pour plusieurs sites dont Economie...

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