Août 2026 : un record de températures sur fond d’El Niño puissant

Août 2026 aura été le mois d’août le plus chaud de l’histoire, nous apprend le service européen d’étude du climat Copernicus. La température moyenne mondiale a atteint 16,96 °C, un niveau jamais vu pour un mois d’août, que seul juillet 2023 avait surpassé.

Rédigé par , le 10 Sep 2026, à 10 h 54 min
Août 2026 : un record de températures sur fond d’El Niño puissant
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L’Europe occidentale sort de son été le plus chaud, tandis que la température des océans hors régions polaires a atteint des valeurs inédites en ce mois d’août 2026.

Août 2026 : des températures mondiales au niveau du record absolu

C’est fait : août 2026 entre officiellement dans l’histoire comme le mois d’août le plus chaud depuis le début des observations en 1940, annonce le service européen d’étude du climat Copernicus. Ce record est d’autant plus remarquable qu’août dépasse habituellement rarement juillet à l’échelle planétaire. Le thermomètre mondial s’est pourtant établi à 16,96 °C, soit 0,06 °C de plus que le mois précédent. La planète se retrouve ainsi de nouveau ponctuellement au-dessus du seuil de 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle, alors même qu’El Niño n’a pas encore atteint son intensité maximale.

Copernicus mesure pour août 2026 une température moyenne mondiale de 16,96 °C, soit 0,85 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020 pour ce mois. La valeur est également supérieure de 1,65 °C à l’estimation de la moyenne préindustrielle de 1850 à 1900. C’est la première fois depuis novembre 2025 qu’un mois repasse au-dessus de 1,5 °C, précise le service climatique européen.

La chronologie elle-même attire l’attention. Août a été 0,06 °C plus chaud que juillet 2026, alors que juillet constitue normalement le pic thermique annuel mondial. Dans la série ERA5, Copernicus n’avait observé pareille inversion qu’à quatre reprises depuis 1940, en 1945, 1951, 1955 et 1985. Sur les douze mois allant de septembre 2025 à août 2026, la planète se situe en moyenne à 1,48 °C au-dessus de la référence préindustrielle. Cela ne signifie pas que l’objectif de 1,5 °C inscrit dans l’accord de Paris est officiellement franchi : cette limite s’apprécie sur une période pluriannuelle et non sur un seul mois.

Climat et températures océaniques : un autre record sous la surface

La chaleur exceptionnelle ne concerne pas seulement l’atmosphère. Sur les océans situés entre 60° de latitude sud et 60° nord, donc hors zones polaires, la température moyenne de surface a atteint 21,07 °C en août 2026. Le précédent record pour un mois d’août, 20,98 °C, datait de 2023. Le niveau de cette année rejoint également le record mensuel absolu enregistré en mars 2024, alors que les températures océaniques mondiales atteignent normalement leur maximum saisonnier en mars.

La séquence quotidienne est plus saisissante encore. Depuis le 19 juin 2026, la température des océans extra-polaires a battu le record correspondant à chaque jour du calendrier. Les 24 et 25 août, elle a culminé à 21,11 °C, dépassant le précédent sommet de 21,09 °C établi en mars 2024. Des températures record pour un mois d’août ont notamment concerné le Pacifique tropical, la façade atlantique de l’Europe et la Méditerranée occidentale, où Copernicus signale des vagues de chaleur marines fortes à sévères.

Cette accumulation de chaleur dans les mers joue un rôle central dans le fonctionnement du climat : les océans échangent en permanence chaleur et humidité avec l’atmosphère et influencent précipitations, tempêtes et températures continentales. Les données d’août 2026 témoignent ainsi d’une anomalie climatique qui ne se limite pas à quelques épisodes de canicule sur les terres émergées.

Au-delà des températures record, l’Europe a connu sécheresses et fleuves bas

Ce record mondial s’est accompagné d’un été particulièrement sévère en Europe occidentale. De juin à août 2026, la température moyenne de la région a atteint 21,69 °C, soit 2,54 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020, indique Copernicus. Le précédent sommet remontait à 2003, année de la canicule meurtrière qui faisait alors figure d’exception. Depuis, la distribution des températures s’est nettement déplacée : tous les étés d’Europe occidentale depuis 2015 ont été plus chauds que la moyenne de référence.

À la chaleur s’est ajoutée la sécheresse. Copernicus relève en août des sols exceptionnellement secs dans de nombreux secteurs d’Europe occidentale. Le Danube, le Rhin, le Boug méridional et le Dniepr ont connu des débits exceptionnellement faibles. À l’échelle de tout l’été, de longues portions de grands cours d’eau européens ont touché des minima saisonniers dans les séries disponibles. La France, le Royaume-Uni, la Hongrie, la Roumanie et la Serbie ont été particulièrement concernés par les conditions sèches et les vagues de chaleur, constate Copernicus.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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