Une amap de Brest veut relocaliser l’économie

Rédigé par Emmanuel Daniel, le 22 Jul 2014, à 16 h 06 min

Une association propose aux Brestois d’acheter chaque semaine toute une gamme de produits (légumes, pains, laitages, herbes, jus…) locaux, bios et de saison. En plus de leur offrir une alternative aux supermarchés et changer les habitudes alimentaires des membres, l’association veut diversifier ses activités pour aller plus loin dans la relocalisation de l’économie. Emmanuel Daniel nous fait découvrir cette expérience de style de vie engagé.

Brest : une AMAP et plus encore pour l’économie locale

Dans un lavoir désaffecté de la rive droite de Brest se déroule chaque jeudi une scène atypique. Une vingtaine de personnes se succèdent pour remplir leurs cabas de carottes, navets, poisson, oeufs, lait, fromage…

amap-court-circuit-en-pays-de-brest-00-banPendant plus de deux heures, ce bâtiment d’habitude inutilisé prend des airs de petit marché dans lequel on croise aussi bien des étudiants, des jeunes parents sortant du boulot que des retraités.

Tous sont adhérents de l’association « Court circuit en pays de Brest » qui distribue chaque semaine plus de 200 paniers bios, locaux et de saison dans 7 points différents de la ville. Comme dans les AMAP (Association pour le maintien d’un agriculture paysanne) classiques, ces consomm’acteurs choisissent à l’avance la quantité hebdomadaire de légumes (entre 7 et 18 euros) qu’ils désirent.

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Des oeufs, du pain et d’autres produits agricoles

Ils ont également la possibilité de commander des oeufs, du pain, des herbes aromatiques ou encore des yaourts qu’ils recevront chaque semaine pendant 6 mois au point de distribution de leur choix. Une fois leur contrat d’abonnement rempli, ils n’ont plus qu’à se rendre chaque jeudi après-midi au lavoir afin de retirer leur commande. Pour enrichir le panier, de la viande, du poisson et d’autres denrées leur sont également proposés en commande ponctuelle.

A la genèse du projet, une volonté de rompre avec le mode de distribution classique. « J’en avais marre de consommer des produits transformés, chers et dégueulasses », explique Céline cofondatrice de l’association. Pour y remédier, elle a d’abord créé une Amap avec Guillaume, l’autre pilier du projet.

amap-court-circuit-en-pays-de-brest-03« Mais on s’est rendus compte qu’on touchait les revenus élevés, des gens déjà convaincus et qu’on ne répondait pas à la demande (une quarantaine de personnes sur liste d’attente). On voulait soutenir davantage les producteurs et offrir plus de souplesse et de choix », précise la jeune femme. Ils ont donc décidé de salarier 2 personnes (plus un service civique) afin de créer des emplois qui ont du sens et faire que tout le poids de la logistique ne soit pas assuré par les seuls bénévoles.

Court-Circuit Pays de Brest : objectif panier diversifié

Pour réussir leur pari, la variété de l’offre a été déterminante. « Nous voulions qu’il y ait un max de produits dans le panier » afin de proposer « une alternative aux supermarchés » et ainsi permettre de faire la plupart de ses courses en un seul lieu, précise Céline. La formule propose également plus de souplesse qu’une Amap. Les adhérents disposent d’une période d’essai d’un mois pour tester le service et adapter leur commande à leurs besoins réels.

En outre, grâce au « panier d’échange », ils peuvent troquer leur surplus de navets ou de topinambours contre du persil ou des carottes. Et lorsque les membres ne sont pas en mesure de venir retirer leur commande hebdomadaire, celle-ci est proposée à des « intérimaires » qui se sont inscrits à l’avance pour acheter un panier à l’occasion.

© CC, Emmanuel Daniel © CC, Emmanuel Daniel[/caption]

« C’est très bien fait, du coup ce n’est pas contraignant, se réjouit Gaëlle, une trentenaire inscrite depuis quelques mois. Mais vu que nous n’avons que des produits de saison, on risque d’en avoir marre de manger des patates à la fin de l’hiver ! ». Mais la convivialité des rencontres lui fait vite oublier cet inconvénient.

En effet, chaque semaine, deux adhérents aident les salariés de l’association à assurer la distribution. « Ça me plait de donner un coup de main, c’est participatif et ça permet de rencontrer les autres adhérents, poursuit-elle. On discute, on échange des points de vue et des recettes ».

Deux adhérentes viennent aider à la distribution © CC, Emmanuel Daniel

Deux adhérentes viennent aider à la distribution © CC, Emmanuel Daniel

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Emmanuel Daniel est un journaliste indépendant de 25 ans qui s’intéresse particulièrement aux alternatives politiques et économiques au système actuel....

3 commentaires Donnez votre avis
  1. ENFIN !! qu’est ce que j’aimerai payer moins cher et donner mon argent au producteur directement plutôt qu’aux intermédiaires !!!

  2. Le fonctionnement de cette “AMAP” m’interesse beaucoup. Ayant créé une AMAP Bio à Grasse elle fonctionne depuis 6 ans avec seulement des bénévoles !
    C’est l’élargissement de votre fonctionnement qui m’interesse surtout car sinon notre éthique est la même : fournir en direct tous les produits nécessaires afin que nos adhérents n’aient plus BEOIN d’aller au super marché, et qu’ils se nourissent sainement tout en apportant un soutien à nos maraichers et à tous nos producteurs Bio ce dont ils ont bien besoin, surtout dans notre région où la disparition des terres agricoles au profit du foncier est dramatique.
    Je suis pour la mutualistion des idées et des pratiques qui pourront (peut-être) changer les choses.
    Je vous félicite.
    Ivane, Présidente de l’AMAP “lA MANNE bIO”

  3. Bonjour,
    Ça y est, je suis levé, et donc disponible pour “ferrailler”, avec les gens de Consoglobe !
    Eh bien, pour une fois, je serai bref : tt ce qui est proposé, ds cet article, est déjà, mis en pratique, depuis qq années, à Boulogne/Mer, où je demeure, et où nous avons comme maire le gd écolo qu’est Frédéric Cuviliers ! On a, aussi, entre autre, le magnifique aquarium, qu’est Nausicaa, qui mérite le détour, la mer et ses plages, la Côte d’Opale, et ses 2 caps ; Gris-Nez et Blanc-Nez, tt à fait différents l’un de l’autre, puisque le Gris, est argileux, et le Blanc, calcaire ! Nous avons aussi une magnifique vieille ville moyenâgeuse, que les bombardements anglais, ont laissée intacte, durant la dernière guerre, avec son château-musée qui recèle des trésors comme une momie (eh, oui Mariette, pas Mariotte, le curé-physicien, l’égyptologue, bandes de c…, était de Boulogne, et j’ai passé + de 35 ans de ma vie à enseigner, au Lycée Mariette de Boulogne, l’un des + gros lycée de l’Académie de Lille (il y eu ds les années fastes, jusque 2500 élèves !)), une magnifique collection de vases grecs, et le clou : tj, une magnifique et collection de masques d’Indiens de l’Alaska, par un certain Mr Pinard (encore un, qui avait sûrement trop bu ! Au fait, je suis d’origine bretonne, et qd j’étais jeune, le 1er département pour l’alcoolisme, était, le Morbihan (la petite mer, en français !), mais de puis que je suis arrivé à Boulogne, en 1971, pour 1 an, et j’y suis encore ! Comme quoi, la ville de Boulogne, est charmante, et les gens, très accueillants, et je préfère, de très loin habiter Boulogne, que Brest, qui est, le bout du monde (Pen ar Bed !), alors que Boulogne, possède une position centrale, en …, Europe ! Londres, Paris, Bruxelles, Amsterdam, Dusseldorf, etc, etc, …, ne snt pas loin !, le 1er département pour l’alcoolisme en France, est maintenant : le Pas-de-Calais ! A moi tt seul, j’ai fait pencher la balance ! C’est dingue, non ? Mais il y a aussi 15% de chômage à Boulogne, et encore davantage, à Calais ! Que font les édiles de Boulogne, Mr Cuviliers, vous qui êtes maintenant, bien placé au gouvernement ? Il y a de magnifiques plates-formes de débarquement, pour ferries, mais pas un seul frry pour l’Angleterre, qui est juste en face ! Il y a un port de commerce en eau profonde, mais jamais plus un bateau à quai, comme lorsque je suis arrivé à Boulogne ! Que fait la CCI de Boulogne ! Excusez-moi, de la Côte d’Opale, puisque les 3, celles de Boulogne, Calais et Dunkerque, ont maintenant fusionné, avec la présidence, à Calais ! Le gâteau a été partagé, depuis longtemps, en 3 : la pêche (je dirai plutôt le poisson, ce qui n’est pas la même chose !) à Boulogne, les voyageurs à Calais et le commerce à Dunkerque ! Rationnellement économique, ss doute, mais, le résultat réel est une catastrophe locale, en particulier, pour Boulogne ! Des quais de commerce VIDES (qd je suis arrivé à Boulogne, il y avait même des bateaux de commerce qui attendaient leur tour, à l’ancre, ds la rade !), des plates-formes de débarquement ttes neuves (quelle somme a été investie, ds la nouvelle plate-forme sur le site des anciens hauts-fourneaux, et tout ça, pour les beaux yeux de l’armement Dreyfus, qui ne l’a utilisée que, même pas 1 an ! Avec quel argent ? Une fois de +, avec celui des contribuables, bien sûr ! C’est un gâchis, ss bornes, et ss limites, au profit de qui ? De Eiffage, DSK, et ses femmes ! Vive les socialistes du Nord de la France, et de leur politique paternaliste, complètement dépassée !
    Marine le Pen (tiens, une bretonne !) a encore de beaux jours devant elle, et, qd ns l’aurons comme présidente de la République, c’est là, qu’on va rigoler !
    N’oublions pas que HITLER, est venu, LEGALEMENT, au pouvoir !
    On va me dire que je dépasse, le sujet initial, mais il y a des circonstances, où on a du mal, à se retenir !
    A très bientôt, sauf, si je me fais censurer ! T
    A bientôt !

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