Les algues vertes bretonnes transformées en papier

Cet été, tous les regards étaient tournés vers la Bretagne, envahie sur certaines de ses plages d’algues vertes. Ces dernières auraient d’ailleurs provoqué la mort de plusieurs dizaines de sangliers.

Rédigé par Aurore, le 17 Oct 2011, à 17 h 58 min
Les algues vertes bretonnes transformées en papier
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Cet été, les algues vertes connues sous le nom de Ulva Latuca ou laitues de mer s’échouaient par paquets sur les plages où elles entraient en décomposition. Cette décomposition dégageait alors de l’hydrogène sulfuré, un gaz très toxique, mortel pour l’Homme et pour les animaux.

Face à la présence importante de ces algues vertes sur les plages bretonnes, à leur dangerosité et aux difficultés rencontrées pour organiser le nettoyage rapide des algues, la ministre de l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet avait alors choisi de fermer les plages non-nettoyées.

Bref, ces algues vertes ont posé problème cet été, ce qui devrait encore être le cas l’été prochain. Une fois ramassées, les algues sont souvent compostées. Mais une nouvelle utilisation pourrait bien avoir été trouvée.

Des algues vertes pour fabriquer du papier

Les algues vertes sont aujourd’hui compostées pour la plupart, ou encore séchées et brûlées. Chaque année, la Bretagne doit faire face à de plus grosses quantités d’algues vertes qui s’échouent sur la plage, c’est pourquoi le procédé de fabrication mis au point par une société italienne pourrait l’intéresser.

En effet, un papetier italien, du nom de Favini, a expliqué récemment avoir réussi à fabriquer du papier à partir d’algues vertes. Favini aurait ainsi acheté en 2009 et en 2010, près de 130 tonnes d’algues vertes provenant directement de Bretagne pour fabriquer le papier Shiro Alga Carta, explique l’AFP.

Un procédé pas si nouveau que cela

En réalité, la fabrication de papier à partir d’algues vertes n’est pas nouvelle, mais le procédé a été imaginé à partir de 1992, alors que la ville de Venise cherchait quoi faire des algues vertes qui proliféraient dans la ville romantique.

Transformer n’importe quels déchets issus de l’exploitation agricole, agroalimentaire ou industrielles en fibres pour la fabrication du papier ? Favini dit en être capable. Et l’Agence France Presse de préciser que le papier Shiro Alga Carto est certifié FSC et contiendrait de 30 à 80 % d’algues fraiches.

Une bonne idée, à développer

Utiliser des algues vertes au lieu de fibres de bois, cela peut être une bonne nouvelle pour l’environnement, d’autant plus que chaque année, les algues vertes sont plus nombreuses en Bretagne.

Un imprimeur français et breton se serait également lancé dans la production de papier à partir d’algues vertes, un papier un peu plus cher que les autres, mais ô combien symbolique lorsque l’on connait la nuisance et la colère provoquée par ces « marées vertes » en Bretagne.

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Je réagis

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18 commentaires Donnez votre avis
  1. bonne idee

  2. C’est curieux,on a en bretagne un laboratoire de valorisation des algues et ils n’ont rien trouvé!
    Il s’agit de chercheurs, pas de trouveurs !

  3. Comment attirer l’ attention des pouvoirs publiques sur l’ exploitation de ce procédé ?

  4. OK ! c’est très bien de recycler ces saletés d’algues vertes en chose utile. MAIS j’espère qu’en même temps tout est fait pour arrêter leur prolifération… sinon c’est beaucoup de travail qui tourne en rond. Il me semble qu’en France on sait souvent réparer des erreurs plutôt que prévenir. Gardons espoir !!!

  5. STOP aux algues verte en Bretagne, elle n’est pas la seule touchée, la Normandie et les pays de la Loire connaissent le même problème de moindre ampleur.
    Mais quand un gouvernement va prendre le Problème à la source ? Pas en ce moment sachant que les agriculteurs votent beaucoup à droite !!!

  6. D’accord avec plusieurs d’entre vous : il faut s’attaquer au problème à la source et non pas essayer de tirer profit du problème, ce qui risque de l’amplifier.
    Les nitrates sont dangereux. Comment s’attaquera-t-on à la décomposition du papier vert issu de ces algues ? sa fabrication est-elle sécurisée sur le plan des émanations?
    La fin ne justifie pas les moyens. Il faut trouver des solutions qui protègent VRAIMENT l’environnement animal, humain et végétal.

  7. Une bonne nouvelle pour se débarasser de ces algues mais il faudrait d’abord agir à la base du problème.

  8. pas trop tôt !!!!

  9. C’ est une bonne chose, mais cela ne risque-t-il pas de freiner la lutte contre la prolifération? Voir même d’ entretenir une vocation de production de ces algues vertes!!Je me pose la question.

  10. Bin, oui, cela pourrait être une solution… provisoire, parce que ça ne règle absolument pas le problème à la source!!!!

  11. Une bonne nouvelle! Mais ce n’est pour autant qu’il faille polluer nos rivières et nos côtes de Bretagne avec l’épandage des élevages porcins. Bretagne et élévages porcins ne sont pas les seuls à être concernés. Il suffit de se promener dans nos campagnes françaises pour s’en rendre compte.

  12. il faudrait utiliser le lisier en le stockant dans des cuves pour fabriquer du méthane et le problème de nitrate serait réglé. on parle de la Bretagne mais en Charente maritime nous avons le même problème dans les marais. il faut transformer les matières à la base sans attendre qu’elles fassent des dégâts irréversibles. nous avons la possibilité de fabriquer du gaz pas cher mais nous l’importons de l’étranger. il faudrait de la cohérence en politique énergétique.

  13. Excellente idée permettant de valoriser ces algues dont personne ne veut… Une remarque cependant : l’acheminement des algues vers l’unité de fabrication laissera immanqablement une grosse empreinte carbone…
    Autre piste à étudier : un bioréacteur permettant d’obtenir en accèléré une fermetation des algues afin d’en retirer un hydrocarbure…

  14. Nous faudra-t-il toujours faire la balance entre ce coûte plus cher, mais finalement permet d’apporter une solution à un problème, et c’est cher donc on ne fait pas tant pis pour le conséquences.Bien su^r qu’il faut remédier au problème de départ et revoir l’utilisation de l’agriculture et élevage intensif. Mais les bouteilles plastiques elles sont bien recyclées, autrefois nous utilisions le verre, les litres de vin, d’eau, et autres pots de yaourth étaient consignées, lavées elles reprenaient le cycle. Il a été choisit la facilité des plastiques, plus de nettoyage et de collecte à faire… Est-ce le bon choix?

  15. Oui, pourquoi pas.
    Mais effectivement, d’abord s’occuper de l’origine de ces algues (élevage intensif nourri avec du maïs et du soja transgénique venu des States), ensuite penser à utiliser le papier de façon raisonnée (style copies recto/verso), car sa fabrication requiert beaucoup d’eau potable.
    Le prix est un problème de vue à court terme.
    Bonne journée à tous.

  16. Très bien, mais ne faudrait-il pas au préalable s’attaquer au problème de départ ? Pourquoi tant d’algues vertes sur les plages ?
    Cela ne proviendrait-il pas de l’eutrophisation des eaux… de l’arrivée massives de nitrates dans l’eau ?
    Ne devrions nous pas réduire les intrants dans les cultures ?
    Le problème ne sera pas résolu en 1 an, mais ne devons-nous pas réagir au plus vite ?

    • Aurore

      Paul,

      Le problème des algues vertes n’est pas nouveau. Ce qui l’est par contre, c’est qu’il prend de plus en plus d’ampleur.

      Ce phénomène peut s’expliquer en partie par la forte teneur en nitrates des eaux qui entourent la Bretagne et la faible profondeur des fonds (Les excréments issus des volailles et cochons élevés en Bretagne sont utilisés comme lisier et sont riches en azote. L’azote se transforme en nitrates et rejoint la mer). Or les algues vertes sont dites nitrophile, ce qui signifie qu’elles se développent grâce aux nitrates. Ajouté à cela le réchauffement des eaux au printemps et en été et on obtient le phénomène des marées vertes.

      Mais attention, dans l’eau, les algues vertes n’ont rien de dangereux pour l’homme, c’est quand elles se retrouvent en train de se décomposer sur le littoral que cela devient dangereux.

      Comment régler le problème ? Cela ne parait pas être chose facile. Bien sur, il faudrait diminuer la teneur en nitrate des eaux, mais cela parait aujourd’hui difficile. L’urgence est d’abord de gérer le ramassage des algues.

  17. Intéressant, mais pour pousser jusqu’au bout la réflexion quelle est la différence de prix entre le papier normal et le papier « vert » si on industrialise le procédé.

Moi aussi je donne mon avis