Inquiets de la guerre au Moyen-Orient, les Français se font un stock de nourriture
Alors que la guerre au Moyen-Orient ravive les craintes d’une nouvelle flambée des prix, les achats de précaution s’intensifient en France. Pâtes, riz, conserves : les produits de base connaissent un regain de demande, révélateur d’un climat d’inquiétude au sein de la société.

Ce phénomène, observé dès les premiers jours du conflit, s’inscrit dans une dynamique bien connue des distributeurs : face à l’incertitude, les consommateurs privilégient l’anticipation. Une stratégie qui, si elle reste ponctuelle, peut néanmoins perturber les chaînes d’approvisionnement et accentuer certaines tensions sur les prix.
Achats de précaution : pâtes, riz et conserves en première ligne
Depuis fin février 2026, date du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les comportements de consommation évoluent rapidement en France. Dans un contexte déjà marqué par l’inflation, les achats de précaution se multiplient, notamment sur les produits alimentaires non périssables. Dans les rayons des supermarchés, les produits de base comme les pâtes, le riz ou les conserves figurent parmi les plus sollicités. Ce réflexe n’est pas nouveau. Il avait déjà été observé lors de la crise sanitaire ou au début de la guerre en Ukraine. Toutefois, le contexte actuel lui donne une nouvelle ampleur.
En effet, la guerre au Moyen-Orient alimente des craintes multiples. D’une part, les perturbations logistiques pourraient impacter l’approvisionnement de certains produits. D’autre part, la hausse des coûts énergétiques se répercute directement sur les prix alimentaires. Dans ce climat, les ménages adoptent une stratégie de stockage préventif. Le phénomène reste pour l’instant modéré, mais il est suffisamment marqué pour être identifié, comme l’a fait le cabinet Circana. Sur la semaine du 9 au 15 mars, les achats de conserves de maquereaux ont ainsi bondi de 15,9 %, ceux des plats cuisinés appertisés micro-onde de 15,6 %, ceux de conserves de sardines de 12,1 % et ceux de riz de 10,2 %, révèle Emily Mayer, directrice Business Insights chez Circana, dans une publication LinkedIn.
Ce que disent les autorités
Le gouvernement se veut rassurant : aucune pénurie nationale n’est à prévoir.
Mais l’histoire récente montre que ce sont souvent les comportements des consommateurs eux-mêmes qui peuvent créer des tensions localisées.
Des achats de précaution nourris par une flambée des prix… beaucoup plus hypothérique que réelle
Au-delà de la peur de pénuries, c’est surtout l’anticipation d’une hausse des prix qui motive ces achats. Le prix du gaz a ainsi augmenté de 5,3 % au 1er mars 2026, soit un surcoût moyen de 59 euros par an pour un ménage chauffé au gaz. Le carburant n’échappe pas à cette tendance. Entre le 27 février et le 6 mars, les prix ont augmenté d’environ 10 centimes par litre. Le SP95-E10 atteint désormais en moyenne 1,77 euro par litre. Une progression rapide qui alimente les inquiétudes des consommateurs. La demande de carburant a parfois été multipliée par deux dans certaines stations, signe d’un réflexe d’anticipation généralisé. Cette tendance, bien que ponctuelle, illustre l’impact psychologique du conflit sur les consommateurs. Pour autant, les autorités se veulent rassurantes. « Il n’y aura pas de pénurie nationale », a assuré Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie, le 4 mars 2026. Un message destiné à éviter tout emballement et à contenir les effets de panique.
Si les achats de précaution peuvent sembler rationnels à l’échelle individuelle, leur généralisation pose question. En effet, une augmentation soudaine de la demande peut déséquilibrer les chaînes d’approvisionnement, même en l’absence de pénurie réelle. Ce mécanisme est bien connu, il repose sur un effet d’anticipation collective. Plus les consommateurs craignent une hausse des prix ou une rupture de stock, plus ils achètent. Ce qui peut, paradoxalement, créer les ruptures de stock et des hausses de prix qu’ils redoutent.
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