L’EFSA confirme la sécurité de l’aspartame aux doses actuelles

Le 10 septembre 2026, l’EFSA a confirmé la sécurité du sel d’aspartame-acésulfame aux doses actuelles, rassurant les fabricants alimentaires européens.

Rédigé par , le 12 Sep 2026, à 8 h 00 min
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Le 10 septembre 2026, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé la sécurité du sel d’aspartame-acésulfame (E 962) aux niveaux d’exposition actuels. Cette annonce rassure les fabricants alimentaires européens mais complexifie le paysage réglementaire international en raison des divergences avec l’OMS.

Aspartame : une décision clé pour le secteur des édulcorants

L’avis de l’EFSA, adopté en juillet 2026 lors d’une réunion du Panel sur les Additifs Alimentaires et les Aromatisants (FAF), marque un tournant pour l’industrie européenne des édulcorants. Le marché mondial des édulcorants artificiels, évalué à plusieurs milliards de dollars, dépend largement de l’aspartame, présent dans de nombreux produits comme les sodas light et les desserts hypocaloriques. La validation européenne stabilise les chaînes d’approvisionnement et évite aux fabricants des reformulations coûteuses.

L’EFSA a confirmé que la dose journalière admissible (DJA) pour l’aspartame reste à 40 mg par kilogramme de poids corporel par jour. Ainsi, un adulte de 70 kg peut consommer jusqu’à 2 800 mg d’aspartame quotidiennement sans risque, selon l’agence. Pour l’acésulfame K, la DJA est fixée à 15 mg/kg. Selon le communiqué de l’EFSA, ces seuils offrent une marge de sécurité confortable pour les consommateurs européens. Laurent Oger de l’International Sweeteners Association souligne qu’une DJA est « une estimation de la quantité qui peut être consommée quotidiennement sans risque appréciable pour la santé ».

La confirmation de l’EFSA intervient trois ans après que l’OMS a classé l’aspartame comme « potentiellement cancérigène pour l’homme » en 2023. Ce décalage complique la stratégie des multinationales alimentaires actives en Europe, Amérique du Nord et Asie. Les fabricants doivent gérer des approches réglementaires divergentes : l’Europe et les États-Unis maintiennent leurs autorisations tandis que d’autres marchés envisagent des restrictions. Pour les producteurs, cela génère des surcoûts logistiques et de production estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros annuels.

L’aspartame-acésulfame (E 962) : 350 fois plus sucrant que le sucre

Le sel d’aspartame-acésulfame (E 962), composé à 64 % d’aspartame et 36 % d’acésulfame K, se décompose en ses composants métabolisés séparément après ingestion. Son pouvoir sucrant équivaut à 350 fois celui du sucre, réduisant les quantités nécessaires pour les industriels. Un gramme d’E 962 remplace 350 grammes de saccharose, générant des économies sur les coûts matières et logistiques. Par exemple, les boissons gazeuses light utilisent quelques milligrammes d’aspartame par canette, contre 35 à 40 grammes de sucre dans les versions ordinaires.

Face aux controverses sur l’aspartame, les industriels recherchent activement des alternatives. Le sucralose (E 955), 600 fois plus sucrant que le sucre, est plus stable thermiquement mais coûte environ 20 % de plus. La stévia (E 960), édulcorant naturel, séduit pour son « clean label » mais son arrière-goût amer peut poser problème. L’érythritol (E 968), un polyol naturel, n’apporte presque aucune calorie mais son pouvoir sucrant limité (70 % du sucre) nécessite des quantités importantes.

Divergence : classification OMS vs approche EFSA

En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS a classé l’aspartame comme « potentiellement cancérigène pour l’homme » dans le groupe 2B, sur la base d’une analyse de la littérature scientifique. Le Comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires (JECFA) a néanmoins maintenu la DJA à 40 mg/kg. L’EFSA a conclu en 2026 qu’« aucune préoccupation en matière de sécurité » n’a été identifiée aux niveaux d’exposition actuels, selon TF1 Info.

En Europe, l’aspartame reste autorisé avec une DJA de 40 mg/kg. Aux États-Unis, la FDA maintient également son approbation. Mais certains pays asiatiques ou latino-américains envisagent des restrictions ou des étiquetages d’alerte.

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

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