Les baleines noires victimes de Donald Trump ?
Il ne reste que 380 baleines franches de l’Atlantique Nord (aussi appelée baleines noires). Une décision américaine pourrait aggraver leur situation.

Les baleines franches de l’Atlantique Nord, aussi appelées baleines noires, pourraient bien devenir les nouvelles victimes collatérales de décisions politiques prises aux États-Unis. Alors que cette espèce figure parmi les mammifères marins les plus menacés au monde, l’administration américaine envisage d’assouplir certaines règles destinées à limiter les collisions avec les navires.
Une décision qui inquiète fortement les scientifiques et les ONG de protection de la biodiversité.
Pourquoi parle-t-on de « baleine noire » ?
Le terme de baleine noire remonte à l’époque de la chasse baleinière, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les marins considéraient cette espèce comme la « bonne baleine à chasser » (right whale en anglais), car elle présentait plusieurs caractéristiques qui la rendaient particulièrement rentable.
Ces baleines nagent lentement, vivent souvent près des côtes et flottent lorsqu’elles meurent grâce à leur épaisse couche de graisse. Autant de caractéristiques qui en faisaient des proies faciles pour les baleiniers.
Cette chasse intensive a presque conduit l’espèce à l’extinction. Malgré l’interdiction de la chasse commerciale depuis des décennies, la population ne s’est jamais vraiment remise.
Une réglementation allégée
Nouvelle source d’inquiétude : l’administration américaine prévoit d’alléger certaines réglementations visant à protéger ces cétacés des collisions avec les navires.
Depuis plusieurs années, des limitations saisonnières de vitesse imposées aux bateaux dans certaines zones de la côte est des États-Unis permettent de réduire les risques de collision. Mais le 3 mars dernier, les autorités américaines ont annoncé vouloir remplacer ces règles par des zones de gestion des baleines et des dispositifs technologiques censés détecter leur présence.
Ces outils reposeraient notamment sur :
- la surveillance acoustique sous-marine ;
- l’utilisation de satellites ;
- des systèmes d’alerte pour les navires.
Si ces technologies peuvent aider, de nombreux chercheurs estiment qu’elles ne remplaceront pas l’efficacité des limitations de vitesse, qui restent aujourd’hui la mesure la plus simple et la plus efficace.

Une espèce déjà au bord du gouffre
La baleine franche de l’Atlantique Nord fait partie des espèces les plus menacées au monde. Selon les estimations scientifiques, il ne resterait plus qu’environ 380 individus, dont moins de 100 femelles capables de se reproduire. Or, la mortalité humaine continue de peser lourd sur l’espèce.
Depuis 2017, au moins 27 baleines ont été tuées ou gravement blessées dont les principales causes sont des collisions avec les navires et des enchevêtrements dans les engins de pêche.Ces deux menaces représentent aujourd’hui les principales causes de mortalité pour l’espèce.
Autre problème : les femelles mettent bas de moins en moins souvent, ce qui ralentit fortement la reconstitution de la population.
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Une décision attendue dans 90 jours
Le Service national des pêches maritimes américain (NMFS) dispose désormais de 90 jours pour trancher sur cette modification réglementaire.
Pour de nombreuses ONG environnementales, un assouplissement des règles serait un signal extrêmement préoccupant. Elles rappellent que chaque baleine perdue rapproche l’espèce de l’extinction.La baleine franche de l’Atlantique Nord est aujourd’hui considérée comme l’une des espèces de grands cétacés les plus menacées de la planète. Sa survie dépend largement des décisions politiques prises dans les prochaines années.
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