PFAS : près de 200 riverains attaquent Arkema et Daikin dans une action civile inédite en Europe
Des analyses ont révélé la présence de PFAS dans des oeufs, des légumes et parfois dans l’eau destinée à la consommation.

Le 31 janvier 2026, 192 riverains de plusieurs communes situées au sud de Lyon ont déposé une assignation devant le tribunal judiciaire de Lyon contre les groupes industriels Arkema et Daikin Chemical. Les plaignants réclament réparation pour des préjudices qu’ils estiment directement liés à une pollution massive aux PFAS, constatée depuis plusieurs années dans l’environnement local.
PFAS : une plainte civile fondée sur des préjudices multiples et documentés
L’assignation déposée par les riverains vise à obtenir une indemnisation globale estimée à plus de 36 millions d’euros. Selon les éléments communiqués par les avocats des plaignants, cette somme correspond à plusieurs types de préjudices, notamment des atteintes à la santé, un préjudice d’anxiété durable, ainsi qu’une perte de jouissance liée à l’impossibilité de consommer certains produits locaux. Ces demandes reposent sur des constats environnementaux répétés établissant la présence anormale de PFAS dans l’eau, les sols et certaines productions alimentaires.
Selon Le Parisien, les plaignants incluent 25 mineurs, exposés depuis leur naissance à ces substances chimiques, ce qui renforce la dimension sanitaire du dossier. Les requérants affirment que les risques liés aux PFAS étaient connus de longue date, tout en soulignant que les émissions industrielles se seraient poursuivies pendant des décennies. Mediapart précise que cette action civile est présentée par les associations comme la plus importante jamais engagée en Europe sur ce sujet, tant par le nombre de victimes que par le montant réclamé.
Lire aussi – PFAS : un coût de 1 700 milliards d’ici à 2050 pour l’Europe
Arkema et Daikin au coeur d’un couloir industriel fortement pollué
Les sites industriels d’Arkema et de Daikin Chemical sont implantés sur la plateforme de Pierre-Bénite, dans un secteur historiquement dédié à la chimie lourde. Plusieurs investigations journalistiques et rapports administratifs ont mis en évidence un lien entre ces activités et la diffusion de PFAS dans l’environnement alentour. Le Monde rappelle que certains rejets ont été estimés à plusieurs tonnes par an au début des années 2000.
La contamination ne se limite pas à un périmètre strictement industriel. Reporterre souligne que des analyses ont révélé la présence de PFAS dans des oeufs, des légumes et parfois dans l’eau destinée à la consommation, entraînant des recommandations officielles de restriction alimentaire. Selon RFI, les autorités sanitaires ont reconnu une exposition chronique de certaines populations locales, tout en indiquant que les effets précis à long terme restaient difficiles à quantifier individuellement.
Les industriels mis en cause contestent leur responsabilité exclusive. Arkema affirme avoir réduit drastiquement ses émissions depuis plusieurs années et respecter les normes en vigueur, une position rappelée par plusieurs médias nationaux. Daikin Chemical, de son côté, met en avant la conformité réglementaire de ses installations et la complexité des chaînes de contamination, arguments qui seront examinés par le tribunal.
Une procédure civile distincte mais liée à d’autres actions judiciaires
Cette action civile intervient alors qu’une expertise judiciaire indépendante est déjà en cours, à la suite d’une assignation déposée par la Métropole de Lyon en 2024. Selon La Tribune, un juge des référés a ordonné cette expertise afin de déterminer précisément l’origine des pollutions et la part de responsabilité de chaque acteur industriel. Les conclusions de cette expertise sont attendues courant 2026 et pourraient jouer un rôle déterminant dans l’issue du procès civil.
Parallèlement, des plaintes pénales ont également été déposées pour mise en danger de la vie d’autrui et atteintes à l’environnement, comme le rappelle Le Monde. Toutefois, la procédure engagée par les riverains relève exclusivement du droit civil, avec un objectif clair : obtenir réparation financière pour des dommages déjà subis.
Lire aussi
Abonnez-vous à consoGlobe sur Google News pour ne manquer aucune info !
A lire absolument



























