Découvert bancaire : 1 Français sur 4 dans le rouge avant la fin du mois – et vous ?
Plus le découvert bancaire est fréquent, plus les frais s’accumulent, réduisant encore la capacité à sortir du rouge.

La crise du pouvoir d’achat a une conséquence désormais claire : le découvert bancaire survient de plus en plus tôt dans le mois pour une part significative de la population. Cette situation n’est ni marginale ni conjoncturelle. Elle traduit un déséquilibre persistant entre revenus et charges, et le découvert bancaire s’impose comme un outil de survie budgétaire plus que comme une exception.
1 Français sur 4 est à découvert tous les mois
Le découvert bancaire touche aujourd’hui 24 % des Français, qui déclarent y avoir recours tous les mois ou presque, selon une étude réalisée par le comparateur LesFurets avec CSA Research. Ce basculement intervient en moyenne à partir du 18e jour du mois, ce qui signifie que près d’un quart de la population vit une dizaine de jours, voire davantage, sans solde positif sur son compte courant, selon RTL.
Mais derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités sociales. Les jeunes adultes figurent parmi les plus exposés. 42 % des 25-34 ans se retrouvent régulièrement à découvert, selon la même étude, tandis que 31 % des 18-24 ans basculent dans le rouge encore plus tôt, parfois dès la mi-mois. Sans surprise, le découvert bancaire frappe en priorité les générations qui entrent sur le marché du travail avec des revenus instables et des charges élevées.
Êtes-vous à découvert avant la fin du mois ?
Le découvert bancaire comme mode de gestion contraint
À mesure que les marges financières se réduisent, le découvert bancaire cesse d’être une anomalie pour devenir une variable intégrée dans la gestion du budget. Les loyers, les factures d’énergie, les assurances et les abonnements absorbent une part croissante des revenus, laissant peu de place à l’épargne ou aux imprévus. Selon l’étude LesFurets-CSA Research, 34 % des locataires sont à découvert presque chaque mois, contre 20 % des propriétaires. Cette banalisation du découvert bancaire a pourtant un coût. Les frais d’agios, les commissions d’intervention et les pénalités liées aux découverts non autorisés pèsent lourdement sur les budgets les plus fragiles. Dans certains cas, ces frais représentent plusieurs dizaines d’euros par mois, aggravant mécaniquement la situation financière des ménages concernés.
Le découvert bancaire agit comme un marqueur social. Il touche davantage les ménages avec enfants, les jeunes actifs et les foyers vivant dans les zones où le coût du logement est élevé. Une analyse publiée par L’Est Républicain montre que certaines régions, comme les Hauts-de-France ou l’Occitanie, présentent des taux de découvert nettement supérieurs à la moyenne nationale, traduisant des écarts territoriaux durables.
Cette situation nourrit un cercle vicieux. Plus le découvert bancaire est fréquent, plus les frais s’accumulent, réduisant encore la capacité à sortir du rouge. Selon CSA Research, une part importante des personnes interrogées reconnaît anticiper le découvert dès le début du mois, preuve que celui-ci est désormais intégré comme une composante normale du budget, et non comme un incident exceptionnel.
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