La végétalisation des centres commerciaux avance

Si il faut mettre un coup d’arrêt à l’artificialisation des sols en France, travailler à permettre la reconquête de la biodiversité dans les espaces déjà artificialisés est une piste que Ségolène Royale ministre de l’écologie veut exploiter.

La végétalisation des centres commerciaux avance

Lors de la conférence de presse du 19 janvier dernier, la ministre de l’environnement Ségolène Royal a annoncé qu’elle lancerait dans les prochains mois un appel à projets pour la végétalisation des toitures et surfaces possédées par les centres commerciaux. Cet appel s’inscrit dans le cadre de l’appel à projets national « Territoire à Énergie Positif » (TEPOS) lancé en septembre 2014 et adressé aux collectivités.

Un appel à projet pour la végétalisation des zones commerciales

Cet appel à projet TEPOS vise à accélérer les projets en faveur de la transition énergétique, des énergies renouvelables, de la mobilité et de la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages par une aide de l’État pour les territoires ayant été retenus.

En France, l’équivalent d’un département tous les dix qui est artificialisé

L’artificialisation des sols, selon l’INSEE, correspond « à une transformation des sols qui ne permet plus des usages tels que l’agriculture, la sylviculture ou l’habitat naturel. L’extension de l’artificialisation correspond quant à elle à une consommation d’espaces naturels et ruraux ».

La France est particulièrement touchée par ce phénomène avec 315.000 ha consommés entre 2006 et 2010, selon l’enquête TERUTI LUCAS du ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt. Cela correspond à l’équivalent d’un département artificialisé tous les dix ans et, selon l’enquête Corine Land Cover dans dix régions, l’artificialisation croît plus vite que la population.

Des mesures à travers la loi ALUR visant à stopper l’artificialisation des sols

Plusieurs mesures au sein de la loi ALUR doivent permettre de limiter l’artificialisation des sols liée à la création de zones commerciales et indutrielles. Tout d’abord  en obligeant tous les porteurs de projets d’équipement commerciaux à organiser la remise en état du terrain ou à traiter une friche pour leur implantation. Ensuite, en limitant la superficie des parkings et des équipements commerciaux : leurs superficies doivent représenter au maximum les trois quarts de la surface bâtie contre 1,5 actuellement.

centre-commerciaux-parkings

Enfin les « drives » (service de ramassage de courses en voiture) doivent être implantés au sein des zones urbanisées, dans les zones commerciales existantes, à proximité des lieux de vie et d’activités habituellement fréquentés par les consommateurs.

L’impératif de végétalisation des zones déjà artificialisées

Cependant, même si l’artificialisation des sols en France se trouvait stoppée, les zones déjà bâties et de façon irréversible ne disparaîtront pas pour autant. Ainsi, lancer cet appel à projets permet de réintroduire de la biodiversité dans des zones qui en sont actuellement quasiment dépourvues.

Cet appel, à travers la végétalisation des toits pourrait favoriser la réintroduction d’abeilles et autres insectes pollinisateurs, comme cela s’est observé avec la végétalisation du toit de l’école AgroParisTech.

Cette végétalisation pourra également, si les centres commerciaux jouent pleinement le jeu et réalisent des projets ambitieux, aider à réduire la température des centres commerciaux et des parkings grâce à la présence de végétaux.

Ainsi les espaces commerciaux étant situés autour des villes pourraient participer à une ceinture verte permettant de rafraîchir les villes lors de périodes de forte chaleur. Une initiative qui mérite donc d’être suivie.