Trek-etic : le tourisme durable à la montagne

 >>>Suite de l’interview de Sylvain Salaméro. Le tourisme en faveur de l’environnement et de se habitants…

consoGlobe : Qu’est-ce qu’un écotouriste ?

S.S : Selon les définitions des organismes internationaux, l’écotourisme est un segment du tourisme durable plus centré sur des espaces naturels ou peu anthropisés. L’écotouriste est donc quelqu’un qui passe au moins une nuit dans une destination qui correspond à cette définition.

Nous sommes allés un peu plus loin dans le travail de définition en reprenant les travaux de différents scientifiques et pour nous, l’écotourisme est une forme de tourisme axé sur la nature, comprenant une activité d’interprétation des composantes naturelles ou/et culturelles du milieu et de mise en éducation.

Trekking L’écotourisme contribue à la protection des patrimoines culturels et naturels, et au bien être des populations locales. Enfin, il s’appuie sur un processus de gouvernance participative et doit constituer une diversification des activités économiques locales en conservant un caractère microéconomique et local. 

En fait, l’écotouriste est surtout un touriste responsable sur tous les plans (social, environnement, culturel, et économique), respectueux et prêt à apprendre du milieu qu’il traverse.

consoGlobe : Quels sont les avantages à s’adonner à l’écotourisme ? Quels sont les enjeux de l’écotourisme ?

Les avantages sont très clairement mis en avant par la définition ci-dessus, les cinq enjeux principaux sont donc :

  • un tourisme axé sur la nature et la découverte des patrimoines,
  • qui intègre la participation et gouvernance des différents acteurs (touristes, habitants, professionnels, institutionnels),
  • qui contribue à la protection de l’environnement,
  • qui contribue au bien être des populations locales,
  • et qui intègre une composante éducative pour l’ensemble des acteurs, y compris les voyageurs.

Pour bénéficier aux populations locales, les pratiques touristiques doivent donc s’ancrer localement et participer au développement économique local. C’est ce que nous faisons en proposant des circuits principalement dans nos régions et utilisant des produits locaux et la plupart du temps « bio ». Lorsque nous partons à l’étranger ou ailleurs, nous travaillons avec des collègues et paysans locaux.

Cette composante éducative est pour nous très importante. La force de l’écotourisme c’est qu’il rend l’ensemble des acteurs plus responsables y compris les voyageurs lorsqu’ils rentrent chez eux. Lorsqu’on revient d’un voyage dans le désert, et qu’on a été sensibilisé à la problématique de l’eau, on n’ouvre plus le robinet de la même façon.

Trekking montagneconsoGlobe : Les sites prônant une activité éco-touristique sont-ils nombreux actuellement ? Se développeront-ils davantage ?

S.S  : Je l’espère, et y compris pour le champ du tourisme durable. Le problème c’est que souvent cela reste un positionnement marketing, voire du greenwashing. On voit donc des choses aberrantes, mais nous restons optimistes. En effet, je pense que les mentalités changent et que les voyageurs deviennent de plus en plus responsables.

Beaucoup se rendent bien compte à leur retour qu’il y avait quelque chose qui clochait dans ce qu’ils ont vécu et cherchent des alternatives. Un certain nombre de voyageurs nous expriment que leur voyages était beau, voire bien organisé mais qu’ils n’ont pas appris grand-chose ou pas seulement rencontré les populations locales ou les modes de vie.

Randonnée cathare

                                                                      Randonnée cathare

Certains pensent qu’une certification internationale et reconnue serait utile pour y voir plus clair. Personnellement, je n’y crois pas beaucoup. Je ne pense pas qu’on puisse appliquer de la même façon à toutes les destinations les mêmes critères.

Je pense que c’est au voyageur de faire son choix en évitant de ne regarder que le prix et la destination. Mais en se rendant compte que des prix trop bas impliquent forcement des conséquences sur le plan social pour les acteurs locaux.

>>> Lire la suite de l’interview de Sylvain Salaméro

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