Transition énergétique : les entrepreneurs français y croient, surtout pour l’Allemagne

Transition énergétique : les entrepreneurs français y croient, surtout pour  l'Allemagne

Un sondage publié aujourd’hui par l’institut Harris Interactive pour la European Climate Foundation offre un message d’encouragement pour le gouvernement français dont le projet de loi sur la transition énergétique pour une croissance verte est actuellement examiné par l’Assemblée Nationale.

Transition énergétique, qui y croit le plus ?

Selon cette étude de la la European Climate Foundation (1), 4 % des entrepreneurs français estiment que la transition énergétique va avoir un impact positif sur la croissance et l’ouverture de nouveaux marchés. Mais 62 % estiment aussi que l’Allemagne a plus de chance de mener à bien sa transition énergétique que la France.

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Alors, les entrepreneurs français y croient ou non dans la transition énergétique ?

Selon ce sondage inédit d’un échantillon représentatif de tous les chefs d’entreprise français et allemands, les résultats font ressortir que la transition énergétique est clairement vue comme une urgence et une opportunité de croissance et d’innovation pour les entrepreneurs français.

Ils voient en effet à la transition des impacts très positifs sur l’innovation technologique (87 %), la croissance et l’ouverture de nouveaux marchés (74 %).

La transition, chiche !

Alors que le gouvernement s’efforce d’identifier des leviers de croissance, que le nouveau président de la Commission européenne propose un plan de relance européen axé sur les investissements en particulier énergétiques, les entrepreneurs semblent dire : « chiche, nous y croyons ».

Ils sont même plus optimistes que leurs homologues allemands, qui y voient aussi un facteur positif pour l’innovation et l’efficacité énergétique des entreprises, mais craignent plus l’impact sur l’emploi, la compétitivité et la facture d’électricité…

Probablement parce que seulement 16 % des entrepreneurs français estiment que des moyens suffisants ont été mis en oeuvre, mais aussi parce que 78 % d’entre eux ne se sentent pas écoutés dans ce processus, contrairement à leurs homologues allemands qui jugent leurs suggestions et revendications prises en compte. Reflet certainement du fait que le processus est engagé depuis bien plus longtemps en Allemagne, et d’une tradition de dialogue entreprises-Etat mieux ancrée dans les moeurs politiques allemandes.

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La question des moyens alloués à la transition

Autre facteur de défiance : les chefs d’entreprise français ont le sentiment que les moyens mis en oeuvre par le gouvernement français ne sont pas à la hauteur de l’enjeu, contrairement à l’Allemagne. Ils sont prêts à agir eux-mêmes (investissements en efficacité énergétique : 81 %, et en renouvelables : 75 %) mais ils jugent les objectifs définis par le gouvernement pour la transition peu réalistes et atteignables (37 %), car ni clairs (27 %), ni concertés (26 %), ni fixés à un rythme adapté (28 %).

Les Allemands sont donc plus positifs sur les objectifs définis par leur gouvernement qu’ils estiment au contraire ambitieux (66 %) mais aussi réalistes et atteignables (63 %) et concertés (58 %).

Quoi faire pour combiner l’optimisme français avec la détermination allemande en matière de transition énergétique ?

Des deux côtés du Rhin, les entrepreneurs plébiscitent la coordination entre les deux pays. Ils pensent que les objectifs et politiques sont insuffisamment coordonnés avec d’autres pays européens (pour 30 % des entrepreneurs français et 33 % des allemands), et sont favorables à des manières diverses de favoriser la coopération.

Message d’encouragement donc pour les dirigeants français : les acteurs économiques comprennent la nécessité de la transition, mais attendent une direction claire, des moyens, une ouverture sur le reste de l’Europe, et le tout dans la durée.

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