Les mers d’Europe piégées par les stocks d’armes immergés

Les mers d'Europe piégées par les stocks d'armes immergés
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Les prochaines décennies pourraient voir émerger aux abords de l’Europe des résidus toxiques émanant d’immenses stocks de munitions déversés ou perdus en mer au cours du 20ème siècle et progressivement soumis à l’attaque de la corrosion. Une nouvelle forme de pollution dont les experts tentent d’envisager les conséquences…

L’héritage de la guerre gît sur les fonds des mers

Nous avons tous entendu parler de la découverte d’obus, bombes ou autre arsenal datant des grandes guerres du 20ème siècle… Généralement sorties de terre après des décennies de veille souterraine, ces armes sont parfois inoffensives, parfois très dangereuses car toujours susceptibles d’exploser.

Il est plus que temps d’envisager aujourd’hui que de très importantes quantités d’armes, obus, missiles, cartouches, armes chimiques mais aussi sous marins, bateaux militaires et avions de chasse ont été perdus ou sciemment jetés dans les profondeurs (parfois pas si profondes que ça). Des déversements massifs d’armes conventionnelles ou chimiques qui, rongés par la corrosion, vont libérer dans l’eau des substances nocives telles que le plomb, mercure, gaz et liquides toxiques, nitrates ou phosphore.

Les mers littéralement piégées

Timbre des îles Féroé alertant sur le danger des déversements d'armes en mer

Les plus importantes concentrations d’armes ont été déversées lors des 2 guerres mondiales. La plupart du temps abandonnées à dessein, avant une reddition pour éviter qu’elles ne tombent aux mains de l’ennemi, en cas de risque d’explosion suite à une altération du matériel, ou encore des munitions lourdes larguées car, non utilisées au cours d’une mission, elles auraient pu mettre en péril le retour du transporteur (risque d’explosion ou de trop forte consommation de carburant).

 

 

Quelles quantités de munitions dans les océans ?*

Il est très difficile d’estimer les quantités d’armes reposant au fond des eaux. De même qu’il est difficile de connaitre l’avancement de la corrosion de chacun de ces stocks… Il dépend du taux d’oxygène présent en profondeur ou des déplacements causés par les courants.

Prenons quelques exemples, comme celui de la Fosse de Beaufort, couloir maritime séparant l’Irlande de l’Écosse. Il s’agit d’une des plus grandes décharges sous-marines européennes. Entre 1920 et 1960, plus d’un million de tonnes de déchets y auraient été passé par dessus bord, et reposent depuis par 200 ou 300 mètres de fond.

Pour voir plus de cartes de munitions immergées : .ifremer.fr/sextant/fr/web/dcsmm/dechets-en-mer-et-sur-le-fond

La mer Baltique dissimulerait quant à elle près de 40 000 tonnes d’armes dont 13 000 de substances toxiques provenant des arsenaux allemands. Selon les prévisions, 16% de ces substances toxiques suffiraient à éliminer toute vie dans cette mer quasiment fermée.

Au large de la Belgique reposent 35 000 tonnes de munitions, dont des grenades au gaz toxique. Il y aurait 64 zones d’immersions d’armes contenant des métaux lourds et autres substances chimiques au large des côtes françaises. *(Source Presseurop)

Toutes les eaux bordant l’Europe sont concernées : Manche, mer du Nord, Atlantique nord et Méditerranée. Les eaux douces ne sont pas en reste, telles que les lacs intérieurs où des essais militaires ont été réalisés. Sans compter, plus largement, d’autres zones du globe ou la suspicion de pollution maritime est forte ou avérée : au large de la Chine et du Japon, de l’Australie ou dans l’océan Pacifique dans les parcelles choisies pour les essais nucléaires…

Autres données sur la pollution militaire sous marine

80 ans : c’est la durée nécessaire pour que la corrosion libère les substances nocives des armes (en fonction de l’oxygène présent dans le milieu aquatique, pouvant être variable). Le gaz moutarde, pour ne citer que lui, a été utilisé (et rejeté) massivement durant la première guerre mondiale…

OSPAR (commission de protection de l’environnement en Atlantique Nord-Est) : la convention régissant depuis 1998 la protection du milieu sous marin de l’Atlantique nord-est

2000 : l’UE décide de financer à 100% les actions d’échange d’information entre autorité compétentes sur les risques de concentration…

 

>> Suite page 2 : quels risques, quelles solutions ?

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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Cartothèque IFREMER Directive Cadre « Stratégie pour le Milieu Marin » (DCSMM) :

    Distribution des munitions immergées

    www .ifremer.fr/sextant/fr/web/dcsmm/dechets-en-mer-et-sur-le-fond

  2. Une taxe sur chaque vente d’armes pourrait financer un projet de dépollution au large de nos côtes ?
    Président normal pour une solution normale non ?

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