Interview – Soizic et David Cuisnier nous parlent de leur île Quéménès

Interview - Soizic et David Cuisnier nous parlent de leur île Quéménès

Suite du sujet consacré à Quéménès, une île 100 % autosuffisante. Soizic et David Cuisnier, les locataires de l’île, ont accepté de répondre aux questions de consoGlobe et de nous raconter leur vie sur l’île Bretonne.
Avant l’interview, vous pouvez relire Quéménès, une île 100 % autosuffisante

David et Soizic Cuisnier

Photo AFP

consoGlobe – Comment l’idée de vivre sur cette île a-t-elle fleurie dans vos esprits ?

Le projet de Quéménès représentait pour nous une opportunité de travail car elle permettait à David de retrouver le milieu agricole dont il est diplômé et me permettait d’avoir un travail plus stable que celui que j’exerçait précédemment.

Et l’opportunité de monter un tel projet tous les deux était un beau projet de vie pour les jeunes mariés que nous étions.

Le fait que le projet soit proposé sur une île a été un bonus.

Quand vous êtes arrivés sur l’île, les installations d’eau et d’énergies renouvelables étaient-elles déjà installées ? Où avez-vous eu des ajustements à faire (nouvelles constructions, aménagements…) ?

C’est le Conservatoire du Littoral, propriétaire de l’île, qui a installé l’eau et l’énergie. Il a également restauré les bâtiments et la cale d’accès à l’île. La Ferme compte 11 bâtiments : une maison pour l’accueil du public, une dans laquelle nous vivons et le reste sert pour l’exploitation agricole. Lorsque nous sommes arrivés en 2007, c’était la fin des travaux et nous avons vu l’arrivée de l’eau courante et de l’électricité dans la ferme ! Nous nous occupons du contrôle et de l’entretien des installations et bâtiments.

Vous vivez seuls sur l’île : revenez-vous parfois sur le continent ? Ne craignez-vous pas l’ennui ou l’isolement ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que nous vivons en autarcie pour l’électricité et l’eau… mais pas pour le reste !

Ferme de QuéménèsNous accueillons le public dans 3 chambres d’hôtes 7 mois par an, et avons mis en place de nombreux partenariats avec des producteurs locaux pour assurer l’alimentation de la table d’hôtes.

Ces échanges sont aussi importants pour notre bien-être personnel car ils nous permettent d’échanger sur notre métier d’agriculteur, sur les contraintes insulaires, etc.

 

picto-etoile-paragraphe Interview - Soizic et David Cuisnier nous parlent de leur île QuéménèsNous ne sommes en aucun cas en autarcie sociale : au contraire, nous souhaitons favoriser les échanges car si nous produisons de (délicieuses) pommes de terre, nous avons besoin des compétences et savoir-faire de chacun pour le poisson, la charcuterie, les légumes, les produits crémiers, etc. Et nous partons en vacances loin de Quéménès 15 jours chaque année, pour voir ce qui se fait ailleurs et oublier notre travail pour quelques jours !

Votre projet est économiquement viable : de quoi vivez-vous ?

Pommes de terre QuéménèsNous produisons 10 à 15 tonnes de pommes de terre, que nous vendons via notre boutique en ligne pour une vente directe auprès des particuliers en France et en Europe.

Nous privilégions un circuit court afin de valoriser au mieux nos produits. Nous avons également un troupeau d’une trentaine de brebis dont nous vendons les agneaux pour la viande, nous sommes récoltants d’algues de rives et accueillons le public en chambres d’hôtes 7 mois sur 12.

Nous ne sommes pas salariés du Conservatoire du Littoral et les produits de nos activités reviennent entièrement à la ferme.

Nous sommes sur Quéménès depuis 7 ans et arrivons à nous verser un salaire chacun depuis 2 ans. Comme quoi, une petite exploitation agricole peut fonctionner si l’on arrive à valoriser son travail à sa juste valeur !

Considérez-vous que votre modèle (autarcie énergétique, énergies renouvelables) est un modèle idéal ? Pourquoi ?

projet-eolien Interview - Soizic et David Cuisnier nous parlent de leur île QuéménèsLe système mixte solaire/éolien qui alimente la ferme en énergies est idéal pour Quéménès et nous permet d’avoir tout le confort que l’on pourrait souhaiter : sèche-linge, aspirateur, fer à repasser, machine à pain, yaourtière, nettoyeur vapeur, etc… Et même un véhicule électrique.

La complémentarité des deux systèmes nous permet de produire dans presque toutes les conditions météo ; il n’y a que la brume que nous redoutons.