High tech. Les nanotubes de carbone à la loupe

Considérés comme un matériau phare découvert il y a plus de 20 ans, les nanotubes de carbone pourraient bien  être aussi néfastes que l’amiante, selon des chercheurs qui avaient démontré il y a un an que ces nanotubes ressemblant aux fibres de l’amiante pouvaient également causer des lésions pré-cancéreuses…

Les nanotubes de carbone, néfaste pour la santé ?

Les nanotubes de carbone sont à la fois légers comme le plastique et plus résistants que l’acier. Grâce à leurs propriétés mécaniques étonnantes, les nanotubes de carbone peuvent ainsi être sollicités dans de nombreuses applications industrielles, et commencent à se faire une place dans notre quotidien.

En effet, ces nanotubes sont présents dans les écrans plats, les pneumatiques, l’industrie automobile (Renault et Peugeot testent des nanotubes de carbone en renfort des pièces de carrosserie), ou encore les articles de sport…

Cependant, leurs caractéristiques physiques et chimiques ont poussé les agences réglementaires de santé à se poser des questions sur les risques potentiels en cas d’exposition.

Nanotube de carboneCe type de fibres provoque au bout de quelques dizaines d’années un cancer virulent, le mésothéliome. Il affecte le revêtement des poumons, de la cavité abdominale ou l’enveloppe du coeur.

En 2008, pour mettre les choses au clair, le professeur Kenneth Donaldson, du Centre for Inflammation Research de l’université d’Edimbourg, avait injecté de longs nanotubes de carbone dans les cavités abdominales de souris. Il s’est révélé alors l’apparition de granulome, et des masses inflammatoires de petite taille chez les souris.

Toutefois, selon le professeur, ce constat ne signifie pas que l’absorption de longs nanotubes de carbone entraîne des cancers. D’autant qu’il semblerait que seuls des nanotubes longs de plus de 20 micromètres soient potentiellement dangereux. Mais des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Des recherches plus approfondies

Bien que la toxicité des éléments de taille nanométrique soit rigoureusement étudiée, des chercheurs du CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) ont mis au point une méthode de marquage isotopique permettant une visualisation extrêmement fiable du comportement des nanotubes de carbone dans les organismes vivants.

C’est une porte ouverte à des études de toxicologie plus approfondies permettant d’identifier le caractère toxique ou non de ces composés, et si notre métabolisme est capable de les éliminer.

nanotube de carbonePour cela, des équipes de la Direction des sciences du vivant et de la Direction des sciences de la matière du CEA se sont associées et ont développé des procédés de synthèse permettant de marquer des nanotubes de carbone avec des atomes de carbone 14 (isotope radioactif du carbone), sans modifier leur structure ni leurs propriétés.

Grâce à ce radiomarquage, après exposition de rats à ces nanotubes, l’analyse de leur distribution dans les différents tissus de l’animal a pu être effectuée par l’utilisation d’imageurs capables de détecter le rayonnement émis par le 14C.

Les premières expériences ont déjà permis de montrer qu’une fois présents dans l’organisme ces nano-objets s’éliminent lentement.

Cette nouvelle méthode de suivi des nanotubes va permettre de déterminer si ces nano-objets pourront être complètement éliminés par l’organisme ou s’ils développeront une biopersistance marquée, capable d’entraîner sur le long terme un développement de pathologies chez l’homme.

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Article sur les nanotubes de carbone rédigé par Elwina, nov 2009