Les forêts anciennes contre l’effet de serre

Responsables d’environ 10 % de la séquestration de CO2, les forêts de plus de 150 ans ne sont par prises en compte dans les négociations internationales.

Les forêts anciennes jouent un rôle de «modérateur» du réchauffement climatique car elles accumulent d’importantes quantités de carbone au fil des siècles, selon une étude internationale publiée jeudi 11 septembre dans la revue Nature.

Les forêts anciennes mises de côté

arbre ancien

Jusqu’à aujourd’hui, de nombreux spécialistes du climat déclaraient que seules les forêts «jeunes» en croissance absorbaient plus de CO2 qu’elles n’en rejetaient, contribuant à ralentir le processus de réchauffement de la planète.

En revanche, les anciennes forêts âgées de plus de 150 ans, n’ont pas été prises en compte dans le Protocole de Kyoto sur le climat.

 

Dans le cycle du carbone, les forêts participent à ralentir l’augmentation du CO2 atmosphérique en absorbant cet élément, modérant ainsi le changement climatique. En fait, elles utilisent le CO2 pour synthétiser les molécules organiques stockées dans les arbres, puis dans la matière organique des sols et des feuilles mortes qui se décompose lentement.

  • La capacité des forêts à fixer du CO2 dépend du bilan entre prélèvements associés à la photosynthèse et émissions liées à la respiration végétale.

forêt ancienne

A la fin des années 1960, le chercheur américain Eugène Odum a émis l’hypothèse d’un équilibre entre prélèvements et émissions pour les vieilles forêts, âgées de plus de 150 ans, et donc de leur neutralité pour le bilan du carbone.

Malgré le peu d’observations, cette hypothèse a été acceptée par la grande majorité des écologistes comme des “non-écologistes”. Aussi, les vieilles forêts ont été ignorées par le protocole de Kyoto.

 

Cette récente étude révèle que les forêts anciennes ont la capacité à accumuler du carbone donc participent aussi à la prévention du réchauffement climatique.

Une étude déterminante

forêt ancienne

Selon Philippe Ciais, directeur adjoint du Laboratoire des Sciences du climat et de l’Environnement (LSCE), la nouvelle base de données montre que ces forêts anciennes gardent «entre 0,8 et 1,8 milliard de tonnes de carbone par an».

Ce sont des forêts primaires non gérées par l’homme. Elles constituent plus de 30 % de la surface totale des forêts, la moitié dans des régions tempérées de l’hémisphère nord.

Sébastiaan Luyssaert, un des auteurs de l’étude et professeur à l’Université d’Anvers, ajoute : «les discussions devraient inclure les forêts boréales et tempérées du Canada et de la Russie».

Pour le LSCE, cette découverte implique de prendre désormais en compte les forêts anciennes dans les bilans carbone.

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