L’achat durable plombé par la crise

L'achat durable plombé par la crise

C’est le paradoxe français accentué par la crise. D’un coté, les consommateurs aspirent encore plus à consommer différemment et plus “durable”, mais de l’autre, la minorité de ceux qui le font effectivement stagne depuis 3 ans. La proportion des gens prêts à payer un peu plus cher des produits plus responsables ne progresse pas.

L’achat durable, une volonté de consommer différemment

achat durableEn 2012, 88 % des Français déclaraient vouloir changer de consommation malgré la crise.

  • 88 % des français déclarent que la crise économique devrait être une occasion de revoir nos modes de consommation (40 % sont tout à fait d’accord)

L’année passée, 52 % de la population, quand on l’interrogeait, déclaraient aspirer à consommer mieux et autrement, même en temps de crise. Car pour beaucoup de consommateurs, le budget n’est pas la seule motivation.  En effet l’aspect budgétaire est important, mais il ne suffit pas.  En consommant différemment, les Français sont à la recherche d’autre chose, de sens et d’échange sociaux.

Pourtant, les efforts d’engagement stagnent

achat durable tirelireSi on en croit une étude récente (Simm-TGI de Kantar Media TGI), depuis 3 ans, l’achat durable marque le pas. La preuve en serait qu’à la question.”Etes vous prêt à payer plus cher un produit écocitoyen ?” seuls 27 % des Français répondent OUI en 2013. Cette minorité ne progresse plus et reste stable. La proportion des personnes prêtes à faire un effort d’engagement responsable dans leurs achats ne progresse plus depuis 3 ans. Pourquoi ? Les clients  auraient transféré la responsabilité d’« engagement responsable » vers les industriels. ; ce serait à eux de faire des efforts. Si, auparavant, les consommateurs français étaient plus enclins à dépenser plus pour des produits respectueux de l’environnement, ils attendraient désormais des efforts de la part des entreprises.

En 2013, les Français sont 30 % à être prêts à payer plus cher pour des produits écocitoyens (34 % en 2010). Déjà dès 2011, un noyau dur (40 % des consommateurs) déclarait avoir changé sa consommation selon ses convictions. Mais depuis 3 ans, ce groupe se fragilise (- 7 points par rapport à 2010) au profit de la famille des consommateurs “sensibles” (25 %), convaincus de l’enjeu du développement durable mais freinse par les difficultés financières. Le dernier tiers se retrouve dans la famille des consommateurs en Déni, qui considère que le développement durable est une contrainte ou une mode.

Selon une autre étude sur l’achat durable, de Promise Consulting de mai 2013, 71 % des Français aimeraient être mieux informés des conditions d’élaboration des produits qu’ils consomment, et notamment pour les produits alimentaires et l’habillement. Mais ils sont 56 % seulement à être prêts à payer plus en faveur du développement durable.

Mais les attitudes se durcissent

achat durable buycottEnvers les autres, les attitudes se tendent : les Français seraient à 31 %  prêts à boycotter les entreprises qui ne respectent pas la protection de l’environnement (29 % en 2010). Inversement, le buycott progresse : 15 % à préféreraient acheter les produits des entreprises dont ils partagent les valeurs (14 % en 2010),. achat durable trocAu final, en matière de nouvelle consommation, ce serait donc moins les achats “écolo” ou responsables qui progresseraient que les autres formes de consommation, comme la consommation collaborative, le troc, l’occasion, la récup’, les achats groupés … Et pour vous personnellement, achetez-vous moins de produits bio, équitables, … à cause de la crise ?

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* Retrouvez tous les chiffres et les sources dans Les Français et la consommation durable

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