Des voitures du futur en libre-service
En ville, 50% des déplacements en voiture ne dépassent pas 3 km et 15% font moins de 500 m. Or le premier kilomètre pollue deux fois plus que les autres, la consommation ne redevenant normale qu’à partir du 3ème kilomètre. Face à ce constat, les responsables publiques ont trouvé une solution: la voiture en libre-service. On sent que le vélo est passé par là…
VIP. Véhicule individuel public
Le VIP est à l'auto ce que le Vélib' est au vélo. Le principe est le même : la voiture individuelle public est à la disposition de tous au sein de l'espace urbain.
Mais, contrairement au Vélib, ce dispositif n'est pas à proprement parler un dispositif de libre-service, mais il en partage la philosophie dans la mesure où il s'agit bien de se passer de la propriété individuelle d'une voiture pour privilégier la facilité d'utilisation à la carte. On parle plutôt d’ autopartage.
Les voitures mises à disposition sont pour la plupart des micro voitures électriques parfois, hybrides, ou tout simplement des petites voitures très peu gourmandes en carburant.
Outre ses avantages écologiques, ce type de réseaux peut s'avérer bénéfique sur le plan économique :
- L’autopartage contribue à la baisse du nombre de voitures en ville : un véhicule en autopartage équivaut à sept véhicules individuels.
- En dessous de 10 000 km par an, il est plus avantageux d'utiliser l'autopartage qu'un véhicule particulier.
L’Autopartage, une pratique en plein développement
Plus de 400 villes dans le monde, principalement en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis, ont déjà développé leurs réseaux d’autopartage, alors que la France semble avoir pris du retard. Les premières expériences dans l’Hexagone ont eu lieu à Antibes avec le réseau CitéVU qui met à disposition depuis juillet 2007 un parc de 7 voitures électriques Maranello deux places. La démarche est des plus simples :
la réservation se fait par téléphone ou internet. Un serveur vous demande où vous vous situez et vous indique, grâce à un GPS, où se trouve la voiture disponible la plus proche.
L’abonnement s’élève ici à 8 euros/mois, le service est facturé en fonction du kilométrage (30 centimes par km) et du temps d’utilisation (10 centimes la minute).
Après usage, la voiture est laissée librement dans un périmètre toutefois délimité au sein duquel toutes les places de parking en surface sont gratuites.
Afin que chacun puisse trouver facilement une voiture en libre service quand il en a besoin, le système doit donc veiller à la bonne et équitable répartition du parc de VIP dans la ville. La technologie clé consiste en un algorithme de gestion du parc automobile en constant déplacement qui permet d'optimiser la répartition des véhicules et donc leur disponibilité au plus grand nombre d'utilisateurs.
Quand Paris se met à l’Autolib’
Il existe également trois sociétés d’autopartage à Paris (Caisse commune, Mobizen et Okigo) avec des véhicules réservables sur internet et à retirer dans quelques parkings dédiés au sein de la capitale. Cependant leur démarche est moins « écolo » : Caisse Commune propose ainsi des Twingo, des Kangoo ou encore des Scénic, pour une seule voiture hybride (Toyota Prius), alors que Mobizen dispose d’un seul type de voiture : des Mercedes Classe A…
Mais ces opérateurs privés vont devoir faire face à un gros concurrent : la Mairie de Paris qui prévoyait de lancer son projet Autolib’ d’ici 2009. 4 000 véhicules électriques, au lieu des 2000 prévus initialement, devraient ainsi être répartis au sein des700 stations Autolib' situées dans la capitale et sa banlieue.
En ce qui concerne les modèles de véhicules, la “City” (2 places) et l’Ox (5 places) du constructeur norvégien Think! sont pressenties.

> On estime que la généralisation des réseaux d'autopartage de véhicules urbains se fera à partir de 2010. Tout doucement, avec la conversion des taxis en taxis verts ou bien le développement des réseaux de vélo taxi, c'est la place de l'automobile dans la ville qui va progressivement être modifiée et voir sa position d'objet statutaire régresser. Au bénéfice de tous sans doute.
