Ce résidu peut atteindre l’eau et les aliments : pourquoi l’Europe abaisse fortement son seuil

Présent dans l’environnement après la dégradation de certains pesticides et PFAS, le TFA inquiète davantage les scientifiques. L’Europe vient de diviser par 3,5 la dose quotidienne jugée sûre.

Rédigé par , le 18 Aug 2026, à 9 h 43 min
Ce résidu peut atteindre l’eau et les aliments : pourquoi l’Europe abaisse fortement son seuil
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Le TFA peut se retrouver dans l’eau, les sols et certains aliments. Face à de nouvelles données scientifiques, l’Europe vient d’abaisser fortement la quantité quotidienne jugée sans risque. Faut-il s’inquiéter ? Voici ce que cette décision change vraiment.

Qu’est-ce que le TFA ?

Le TFA, ou acide trifluoroacétique, est une substance chimique très persistante. Autrement dit, elle se dégrade difficilement dans l’environnement.

Il peut avoir plusieurs origines. Il se forme notamment lorsque certains pesticides et certains PFAS se décomposent. Les PFAS sont souvent surnommés « polluants éternels » en raison de leur grande résistance.

Une fois libéré, le TFA peut circuler avec l’eau. Il peut ainsi atteindre :

  • les eaux souterraines ;
  • les sols ;
  • les cultures ;
  • puis certains aliments.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments, ou EFSA, confirme ce parcours possible. (1)

Le saviez-vous ?
Le TFA n’est pas ajouté volontairement dans votre verre d’eau. Il apparaît surtout après la transformation d’autres substances chimiques dans l’environnement.

Pourquoi l’Europe abaisse-t-elle le seuil jugé sûr ?

Le 22 juillet 2026, l’EFSA a fixé une nouvelle dose journalière admissible pour le TFA. Elle passe de 0,05 à 0,014 milligramme par kilo de poids corporel et par jour.

Le nouveau repère est donc environ 3,5 fois plus bas que l’ancien. (1)

Cette baisse s’appuie sur de nouvelles études. Celles-ci montrent notamment une modification du taux de thyroxine. Cette hormone est produite par la thyroïde et participe au bon fonctionnement du corps.

L’EFSA a donc choisi un seuil plus protecteur. Elle a aussi ajouté une marge de précaution. Des questions restent en effet ouvertes sur certains effets possibles à long terme. (1)

Que signifie « dose journalière admissible » ?

Ce terme peut sembler inquiétant. Pourtant, il ne désigne pas la quantité présente dans un litre d’eau.

Il s’agit de la quantité qu’une personne peut absorber chaque jour, pendant toute sa vie, sans risque appréciable pour sa santé. Ce calcul tient compte du poids.

Pour un adulte de 60 kilos, le nouveau repère correspond à 0,84 milligramme de TFA par jour. Il concerne l’exposition totale, venant de l’eau et de l’alimentation.

Dépasser ce chiffre une seule journée ne signifie donc pas que l’on va tomber malade. Ce repère sert surtout à évaluer une exposition répétée sur le long terme.

Et la dose aiguë de référence ?

L’EFSA a aussi créé un second repère : 0,07 milligramme par kilo de poids corporel.

Cette « dose aiguë » concerne une exposition sur une courte durée. Elle sert à vérifier qu’une quantité absorbée en une fois ne présente pas de risque immédiat.

Ces deux valeurs ne doivent pas être confondues avec une limite réglementaire dans l’eau potable. Elles vont maintenant aider les autorités à décider si les règles doivent évoluer.

Faut-il avoir peur de boire l’eau du robinet ?

Non, cette annonce n’est pas une alerte visant une eau, un aliment ou une marque précise. Elle ne signifie pas non plus que toute l’eau potable dépasse un seuil dangereux.

L’EFSA fournit un nouveau repère scientifique. La Commission européenne et les États membres doivent désormais en tenir compte. Ils pourront discuter de nouvelles mesures pour protéger les consommateurs. (1)

Les pays européens doivent déjà surveiller les PFAS dans l’eau potable. D’autres programmes suivent leur présence dans les aliments. Le nouveau seuil devrait permettre de mieux interpréter les résultats concernant le TFA.

Que peuvent faire les consommateurs ?

Les gestes individuels ont des limites. Le TFA est très mobile et peut être présent loin de sa source. Faire bouillir l’eau ne constitue pas une solution adaptée. Tous les filtres domestiques ne sont pas non plus conçus pour le retenir.

Vous pouvez toutefois :

  • consulter les résultats officiels sur la qualité de l’eau de votre commune ;
  • suivre les recommandations de votre mairie ou de l’agence régionale de santé ;
  • éviter d’utiliser inutilement des pesticides dans votre jardin ;
  • varier votre alimentation pour limiter l’exposition répétée à un même contaminant.

Laver les fruits et légumes reste utile pour l’hygiène et certains résidus présents en surface. En revanche, ce geste ne garantit pas l’élimination du TFA déjà absorbé par une plante.

Le principal levier reste donc collectif. Il passe par une meilleure surveillance de l’eau et des aliments. Il suppose aussi de réduire les substances qui se transforment en TFA.

L’EFSA et l’Agence européenne des produits chimiques poursuivent leurs travaux. Elles étudient le devenir du TFA issu des pesticides PFAS dans les sols et l’eau. (1)

Cette nouvelle valeur ne répond donc pas encore à toutes les questions. Mais elle envoie un signal clair : les autorités européennes veulent mieux encadrer une pollution diffuse et très persistante.

À savoir
Vous souhaitez connaître la qualité de l’eau distribuée dans votre commune ? L’application EauChezMoi rassemble les résultats des contrôles officiels concernant notamment les pesticides, les PFAS et le chlore. Découvrez ce que contient votre eau du robinet.

 

Références :



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