Réchauffement climatique : du courant électrique pour sauver les coraux

Rédigé par Annabelle, le 26 Dec 2011, à 17 h 06 min

Une excellente nouvelle nous vient de l’AFP en cette fin d’année : une plongeuse australienne a trouvé une idée ingénieuse pour sauver la vie des massifs de coraux de la jolie baie de Pemuteran, au nord de Bali. Elle les a « tout simplement » branchés sur du courant électrique !

Une prise électrique pour ressusciter le corail

L’héroïne australienne, Rani Morrow-Wuigk plonge dans les eaux indonésiennes depuis plusieurs années. Fin 1990, elle ne peut que déplorer la quasi-disparition du récif corallien.
En cause, le réchauffement climatique et la pêche au cyanure et à la dynamite qui les condamnent à mort.

Devant ce spectacle désastreux, la plongeuse décide d’agir.

Une découverte accidentelle

© AFP Romeo Gacad

Sa rencontre avec l’architecte Wolf Hilbertz va lui en donner l’opportunité. Ce dernier, plutôt visionnaire, avait mis au point dès les années 1970 un procédé permettant de « faire pousser » en mer des matériaux de construction en immergeant une structure métallique reliée à du courant électrique. Le courant étant à faible voltage, il ne présente aucun risque d’électrocution. Les lois de la physique opèrent : l’électrolyse ainsi provoquée développe du calcaire sur la stucture, celui-ci agissant comme une sorte de ciment.

Comme c’est le cas pour nombre de grandes découvertes, un petit grain de sable qui vient enrayer la machine donne naissance à une autre invention. L’architecte allemand se rend alors compte que quantité d’huîtres viennent coloniser sa structure métallique, y trouvant un habitat idéal.

L’écosystème sauvé

Rani Morrow-Wuigk a mis en place ce même procédé il y a 11 ans dans la baie de Pemuteran. De jeunes coraux sont ainsi venus se fixer sur la structure semblable à celle imaginée par l’architecte. « Les coraux grandissent deux à six fois plus rapidement. Nous arrivons à faire repousser des récifs en quelques années », explique à l’AFP Thomas J. Goreau, un Jamaïcain qui a breveté le procédé sous l’appellation « Biorock ».

C’est tout un écosystème au large de Bali qui a été sauvé : les coraux ressuscités attirent toutes sortes de poissons qui avaient déserté, faisant le bonheur des pêcheurs et les beaux jours du tourisme. Comme Rani l’explique à l’AFP : « La température de l’eau est montée à 34°C ces deux dernières années, contre 30 normalement. Seuls 2 % des coraux sont morts. En 1998, ils avaient quasiment été tous tués ».

Le succès de « Biorock » à Bali ne s’arrête pas à la petite île indonésienne : la technique est aujourd’hui développée au large du Pacifique, de l’océan Indien et de la mer Méditerranée.

 

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Cela me donne une idée

 

 

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5 commentaires Donnez votre avis
  1. Magnifique idée liée à une intuition brillante.
    Connaissez-vous un site scientifique qui suit l’expérimentation?
    Savez vous si quelqu’un a tenté une expérimentation sur les huitres et les moules?
    Cordialement
    Éric Girerd

    • Annabelle

      Bonjour Eric,
      Si vous lisez l’anglais, le site de l’ONG Global Coral Reef est mis à jour régulièrement http://www.globalcoral.org/News.htm
      Je pense que vous trouverez beaucoup d’info sur le sujet !

      Très bonne journée
      Annabelle

  2. En effet, je connais également bien la baie de Permuteran et les travaux de régénération des coraux.
    Dommage que les dégats de la pêche à la dynamite soient toujours visibles dans cette partie du globe. c’est déplorable en effet…
    Mais bravo à Rani pour cette trouvaille.. il faut noter que de grandes découvertes ont effectivement pris place par hasard… (du post-it au Roquefort et la Péniciline) 😉

  3. les découvertes ont parfois du bon!!dommage quand même que nous soyons obligés de pallier sans arrêt à la pollution
    ce serait mieux de stopper la prolifération de celle-ci

  4. Très belle initiative. dommage qu’elles soient encore si limitées mais comme pour les phoques, ceux qui prêtent attention à la biodiversité de notre planète et au respect de son environnement sont à louer.

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